COUP DE FOUDRE À L’ÉTRAN­GER

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger Agence QMI

L’his­toire de Char­lie Wins­ton, c’est celle plu­tôt clas­sique du type qui, mé­con­nu par les siens, s’en va connaître la gloire à l’étran­ger. In­ca­pable de trou­ver sa niche dans son An­gle­terre na­tale, ce ta­len­tueux au­teur­com­po­si­teur-in­ter­prète a en ef­fet été por­té aux nues par les Fran­çais.

Pour­quoi la France? Dif­fi­cile à dire, même le prin­ci­pal in­té­res­sé ne sa­chant trop ex­pli­quer l’en­goue­ment qu’il sus­cite là où il s’est éta­bli, ayant main­te­nant un pied-à-terre à Paris.

En­goue­ment, vous dites? De­puis sa sor­tie, en jan­vier 2009, pas moins d’un mil­lion d’exem­plaires de l’al­bum Like A Ho­bo ont été ven­dus dans l’Hexa­gone. Ce nombre double si on ajoute les pays fran­co­phones d’Eu­rope. Même l’ac­trice Au­drey Tau­tou s’est fait prendre et a ac­cep­té de tour­ner dans le clip de la chan­son I Love Your Smile.

« La ré­ac­tion des Fran­çais m’a tou­ché, na­tu­rel­le­ment, a dit Wins­ton, lors d’un en­tre­tien avec le Jour­nal. J’ai re­gar­dé tout ça comme si c’était un film. C’était très ex­ci­tant. Mon pre­mier simple, Like A Ho­bo, a at­teint la pre­mière po­si­tion du ITunes fran­çais une jour­née après sa sor­tie. »

Pour ce qui est de ses com­pa­triotes, Char­lie Wins­ton ex­plique leur manque d’in­té­rêt par l’abon­dance d’ar­tistes qui tentent de per­cer le mar­ché an­glais, qu’il qua­li­fie de « plus que sa­tu­ré ».

« Je suis chan­ceux, car je n’ai pas à me mettre de pres­sion pour réus­sir chez moi parce que j’ai la France et les pays aux alen­tours. Et main­te­nant que le Ca­na­da s’ajoute, je me dis que je vais al­ler là où les gens veulent me voir. Je ne leur en­fon­ce­rai rien dans le fond de la gorge. Je n’ai pas ce dé­sir de prou­ver quoi que ce soit aux gens de mon pays. »

L’autre rai­son évo­quée par Wins­ton est pu­re­ment ar­tis­tique et nous amène à dis­cou­rir sur la mu­sique qu’il pro­duit. Il est éclec­tique, le bon­homme, sau­tant d’un style à l’autre, d’une pièce folk-pop joyeuse à une bal­lade ro­man­tique sans ja­mais don­ner l’im­pres­sion de pas­ser du coq à l’âne. Es­sayez d’écou­ter In Your Hands sans ta­per du pied, juste pour voir. Mais, même là, il semble que ce soit trop pour les An­glais.

« S’ils ne peuvent te pla­cer dans un moule bien dé­fi­ni, ils ne tiennent pas compte de toi », dit l’ar­tiste de 31 ans, qui a aus­si fait sa marque de com­merce en étant constam­ment ti­ré à quatre épingles, Stet­son vis­sé sur la tête.

« J’ai gran­di en re­gar­dant beau­coup de vieux films, Fred As­taire, Char­lie Cha­plin, Bus­ter Kea­ton. J’aime la vieille fa­çon de se vê­tir, le res­pect que ça com­mu­nique, pas seule­ment en­vers les autres, mais en­vers soi-même. Ça sym­bo­lise aus­si le fait que les choses sont faites pour du­rer. Ce­la se perd dans notre monde, où tout est je­table. »

EN FRAN­ÇAIS

Sur Tongue Tied, Wins­ton se risque à chan­ter quelques lignes en fran­çais. Étant adu­lé par les Fran­çais pour­rait-il éven­tuel­le­ment pous­ser la note dans la langue de Sar­ko­zy?

« Peut-être, ré­pond-il éva­si­ve­ment, mais rien ne presse parce que, quand je chante, j’aime qu’il y ait dif­fé­rents ni­veaux de com­mu­ni­ca­tion dans le mes­sage d’une chan­son. Je dois donc bien com­prendre ce que je chante avant de le faire, et l’an­glais étant ma langue ma­ter­nelle, j’en sai­sis da­van­tage la pro­fon­deur », ré­vèle ce­lui qui a fait un mal­heur lors de son ré­cent pas­sage à Mon­tréal, où il a rem­pli l’As­tral.

« J’aime com­mu­ni­quer avec les gens quand je suis sur scène, as­sure-t-il. Je ne suis pas de ces ar­tistes qui se cachent der­rière des verres fu­més. » Char­lie Wins­ton se­ra de la pro­gram­ma­tion du pro­chain Fes­ti­val d’été de Qué­bec, le 12 juillet, de même que du Fes­ti­val Oshea­ga, au parc JeanD­ra­peau, le 1er août.

PHOTO COUR­TOI­SIE

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