HUIT CLOS FA­MI­LIAL

Si vous confiez à deux co­mé­diennes le soin d’écrire une pièce de théâtre, qui se­ra mise en scène par une co­pine, dans une salle de tra­di­tion fé­mi­niste, il y a de fortes chances que la pièce ra­conte des his­toires de filles.

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Be­noît Au­bin BAU­BIN@JOUR­NALMTL.COM

Ain­si, la pièce Les Sai­sons, écrite par Syl­vie Dra­peau et Isa­belle Vincent et qui se­ra créée à l’Es­pace Go la se­maine pro­chaine, se concentre sur la quête iden­ti­taire per­son­nelle de quatre femmes.

« L’anec­dote de la pièce, ce sont quatre soeurs, âgées de la fin de la tren­taine au dé­but de la cin­quan­taine, qui sont de re­tour à la mai­son pa­ter­nelle pour un sou­per fa­mi­lial », ex­plique Isa­belle Vincent, co-au­teure de la pièce, dans la­quelle elle joue aus­si.

« Mais il y a une tem­pête et elles sont for­cées de res­ter là quelque temps. C’est un huis clos. »

L’in­trigue, c’est que leur mère de 75 ans est ab­sente, « par­tie en voyage ».

La pièce nous ap­pren­dra ce qui ar­rive de la mère. « Les filles sont scep­tiques. Leur en­quête sur l’ab­sence de leur mère se trans­for­me­ra plu­tôt en quête per­son­nelle. Elles en sortent trans­for­mées », conti­nue l’au­teure.

« Ça ne pour­rait pas ar­ri­ver en trois jours dans la vraie vie, mais on est au théâtre, alors on exa­gère », conti­nuet-elle dans un grand éclat de rire.

QUATRE SOEURS

Il y a, dans les réunions de fa­mille, un po­ten­tiel dra­ma­tique cer­tain, que les au­teurs ont vou­lu ex­ploi­ter.

« Peu im­porte le tra­vail qu’on a fait sur soi-même, quand on re­tourne en mi­lieu fa­mi­lial, le na­tu­rel re­monte à la sur­face. Il y a des com­por­te­ments dont on es­saie de se dé­par­tir, qui sont im­pri­més de­puis l’en­fance et qui re­font sur­face. La plus vieille, la plus jeune, celle qui aime pa­pa, celle qui ne l’aime pas », af­firme Isa­belle Vincent. « Les quatre soeurs sont aux prises avec ça. »

« L’ur­gence de la si­tua­tion va exa­cer­ber tout ça. Elles se­ront confron­tées les unes aux autres et confron­tées au père. »

Mais la pièce n’est pas du tout un rè­gle­ment de comptes père-filles, ou in­ter-gé­né­ra­tion­nel, ras­sure Isa­belle Vincent.

« Au contraire, c’est plu­tôt un hom­mage à ces gens di­rec­te­ment is­sus du 19e siècle, qui ont tou­jours vé­cu à la cam­pagne, de la part de leurs en­fants très ur­bains avec leur mode de vie en ac­cé­lé­ré, sau­pou­dré de né­vroses », dit-elle.

Le rôle du père est te­nu par Pierre Col­lin. « Nous avons joué en­semble, voi­ci une ving­taine d’an­nées. Il fai­sait mon grand-père, ra­conte Isa­belle Vincent. Là, il est mon père. Dans cinq ans en­core, j’ima­gine qu’il va jouer mon ma­ri. »

So­phie Ca­dieux, Annick Ber­ge­ron et Mi­che­line Bernard com­plètent la distribution.

Les sai­sons, de Syl­vie Dra­peau et Isa­belle Vincent. Mise en scène de Mar­tine Beaulne. À l’Es­pace Go du 23 mars au 24 avril.

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