LA GUA­DE­LOUPE EM­BALLE LES SENS

(Agence QMI) Des­ti­na­tion ché­rie de nom­breux Qué­bé­cois dans le pas­sé, la Gua­de­loupe a, pe­tit à pe­tit, été aban­don­née au pro­fit d’en­droits plus ac­ces­sibles pour le por­te­feuille.

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME -

AVEC LEURS PLAGES IN­TER­MI­NABLES AUX COU­LEURS CHAN­GEANTES, LEURS FO­RÊTS TRO­PI­CALES À LA VÉ­GÉ­TA­TION EXU­BÉ­RANTE, LEURS OI­SEAUX CO­LO­RÉS AUX CHANTS IN­VI­TANTS, LEURS METS ÉPI­CÉS AUX PAR­FUMS EN­VOÛ­TANTS ET LEUR IN­CON­TOUR­NABLE TI-PUNCH, GRANDE-TERRE, BASSE-TERRE, MARIEGALANTE, LES SAINTES ET LA DÉ­SI­RADE, LES CINQ ÎLES QUI COM­POSENT LA GUA­DE­LOUPE, AF­FOLENT LES SENS.

Vic­time de la va­leur de l’eu­ro, l’île qui dé­ploie ses ailes en forme de pa­pillons au coeur des An­tilles fran­çaises mé­rite pour­tant que l’on re­dé­couvre toutes ses ri­chesses. Parce qu’on ne vient pas en Gua­de­loupe uni­que­ment pour lé­zar­der sur les plages, même si ces der­nières sont d’une beau­té épous­tou­flante. Non, on vient en Gua­de­loupe pour of­frir à ses sens un vé­ri­table fes­ti­val de cou­leurs, de mu­siques, d’odeurs, de sa­veurs et de ca­resses.

Avec ses 1780 km2, l’île qui est en fait un ar­chi­pel offre une va­rié­té d’ac­ti­vi­tés en tout genre. Vi­sites his­to­riques, ran­don­nées pé­destres, es­ca­lades, bai­gnade, surf ou contem­pla­tion sont au pro­gramme.

Comme le pa­pillon au­quel on la com­pare, la Gua­de­loupe est for­mée de deux îles prin­ci­pales, Grande-Terre et Basse-Terre, re­liées entre elles par un cordon de terre. Pour les ex­plo­rer, le mieux est de louer une au­to (à par­tir de 35 eu­ros par jour) et rou­ler sur les routes acha­lan­dées.

La pa­tience est de mise, car, bien que ces der­nières soient bien en­tre­te­nues, les bou­chons de cir­cu­la­tion y sont nom­breux. Il vaut donc mieux tou­jours traî­ner sa pro­vi­sion d’eau et, pour­quoi pas, son maillot? Après tout, les plages sont si ac­cueillantes et tel­le­ment dif­fé­rentes d’un en­droit à un autre.

PLAI­SIR DES YEUX

Re­cou­vertes de ga­lets ou de sable noir, oran­gé, beige ou blanc, elles ont ce­pen­dant en com­mun cette eau tur­quoise cris­tal­line qui laisse aper­ce­voir des pois­sons co­lo­rés qui n’hé­sitent pas à s’ap­pro­cher pour peu que l’on sème quelques miettes de pain. Le vert luxu­riant des pal­miers, d’arbres du voya­geur ou de co­co­tiers com­plète ces pay­sages aux al­lures de cartes pos­tales.

Grande-Terre, aus­si ap­pe­lée «la pe­tite Bretagne des An­tilles» est un pla­teau cal­caire, par­fai­te­ment adap­té à la culture de la canne à sucre et sans doute l’île pré­fé­rée des tou­ristes qui adorent ses sites na­tu­rels (Pointe-des-Châ­teaux, les fa­laises de la Grande Vi­gie, les Grands fonds). Mais il ne fau­drait pas bou­der Sainte-Anne avec ses mar­chés co­lo­rés où est ins­tal­lé le Club Med, Go­sier et sa ma­ri­na où mouillent de nom­breux voi­liers et Pointe-àPitre, la ca­pi­tale éco­no­mique, avec ses mo­nu­ments d’époque, ses mu­sées, ses mar­chés aux épices et aux fleurs.

Basse-Terre c’est d’abord le Parc Na­tio­nal de la Gua­de­loupe, une des plus belles fo­rêts tro­pi­cales et une des mieux conser­vées des An­tilles. On y trouve quelque 300 es­pèces d’arbres, 270 va­rié­tés de fou­gères et une bonne cen­taine d’or­chi­dées. Ajou­tons à ce­la 38 es­pèces d’oi­seaux, 17 es­pèces de mam­mi­fères, 11 es­pèces de chauve-sou­ris et un oi­seau en­dé­mique, le pic noir!

De nom­breux sen­tiers de ran­don­nées, ap­pe­lés traces, mènent au coeur de cette na­ture exu­bé­rante qui com­prend des sites tou­ris­tiques comme la Cas­cade aux écre­visses et la Cas­cade du Car­vet (mal­heu­reu­se­ment fer­mée en rai­son d’un ébou­lis), des bas­sins na­tu­rels, des la­gons tran­quilles, le Mas­sif des Deux Ma­melles (deux élé­va­tions d'un peu plus de 700 mètres), sans oublier le som­met de la Sou­frière, un des neuf vol­cans ac­tifs de cette ré­gion du globe (sa der­nière érup­tion date de 1976).

Mais Basse-Terre in­vite aus­si à de nom­breux té­moi­gnages du pas­sé: église ca­tho­lique et temple hin­dou, ves­tiges ar­chéo­lo­giques des

pre­miers ha­bi­tants et fort mi­li­taire du XVIIe siècle. C’est éga­le­ment sur cette île, à Deshaies, dans l’an­cienne ré­si­dence de l’hu­mo­riste Co­luche, qu’est ins­tal­lé le ma­gni­fique Jar­din bo­ta­nique.

UN PEUPLE MA­GNI­FIQUE

Ran­don­nées, es­ca­lades, plon­gées sous­ma­rines, ex­cur­sions en ba­teaux à fond de verre, surf, ca­no­pée et plages s’ins­crivent au me­nu de la Gua­de­loupe, mais rien n’égale les ren­contres avec les ha­bi­tants.

Hé­ri­tiers des plan­teurs es­cla­va­gistes ou ar­rière-pe­tits-en­fants des In­diens em­bau­chés après l’abo­li­tion de l’es­cla­vage, ré­fu­giés ve­nus d’Orient et Eu­ro­péens ont ici mê­lé leur sang. Il en ré­sulte une po­pu­la­tion mé­tis­sée qui ne de­mande qu’à par­ta­ger son his­toire et à faire dé­cou­vrir son mode de vie.

Le meilleur en­droit pour lier connais­sance de­meure les mar­chés, ces en­droits grouillants de vie et de cou­leurs où les robes en ma­dras des femmes se ma­rient et at­tirent tout au­tant le re­gard que les fruits et lé­gumes gor­gés de so­leil.

Par­tout, les mets pro­po­sés in­vitent à de nou­velles dé­cou­vertes. Pour un peu que l’on soit gour­mand et cu­rieux, il de­vient fa­cile d’y faire un re­pas tout à fait dé­lec­table à peu de frais. Entre les ac­cras (bei­gnets à la mo­rue), les crêpes au ma­nioc, le fruit à pain (pro­non­cer «frui­ta­pin»), le gâ­teau à la noix de co­co, la crème gla­cée à la noix de co­co bras­sée à la main et les dif­fé­rents rhums punchs, les pa­pilles s’ex­citent et s’offrent un vé­ri­table bal­let de sa­veurs.

Une autre op­tion, c’est l’ar­rêt chez l’ha­bi­tant. En fai­sant preuve de po­li­tesse et en ar­bo­rant un grand sou­rire, il suf­fit de frap­per à une porte pour de­man­der à vi­si­ter les champs, vé­ri­tables pa­ra­dis ter­restres où il suf­fit de le­ver la main pour goû­ter les mangues, les pa­payes, les ca­ram­boles, les ce­rises pays ou le fruit à pain.

Plus in­té­res­santes et sur­tout plus en­ri­chis­santes que les tra­di­tion­nelles vi­sites tou­ris­tiques, ces ren­contres se ter­minent gé­né­ra­le­ment par la dé­gus­ta­tion du fa­meux ti-punch qui tient da­van­tage du cé­ré­mo­nial que de la bois­son tra­di­tion­nelle. Après quelques verres de cet al­cool, au­cune in­quié­tude, on parle créole cou­ram­ment, du moins le croit-on.

PHOTOS AGENCE QMI

1. La cas­cade aux écre­visses. 2. et 8. Des plages et des plages. 3. La baie des Saintes est membre du club sé­lect des plus belles baies du monde. 4. Un mar­ché à Go­sier. 5. et 6. On peut fa­ci­le­ment se croire à une autre époque.

7. La ca­thé­drale Saint-Pierre et Saint-Paul à Pointe-à-Pitre.

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