DÉ­LICE D’ÉRABLES À L’AM­BIANCE AMÉ­RIN­DIENNE

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME -

À la Mai­son amé­rin­dienne, à SaintHi­laire, le temps des sucres com­mence au­jourd’hui. Le re­pas est ins­pi­ré des Pre­mières Na­tions qui, bien avant nous, fai­saient bouillir l’eau d’érable.

À deux pas de la fo­rêt, deux im­menses chau­drons de fonte sont sus­pen­dus au-des­sus du feu pour faire bouillir l’eau d’érable. Des Amé­rin­diens se re­laient pour les sur­veiller.

ANDRÉ MI­CHEL

Che­veux longs avec une tresse der­rière la nuque, André Mi­chel, l’hôte des lieux, s’af­faire aux tables ou à l’ac­cueil. À la fin du re­pas, il verse de la tire sur la neige pour le plus grand plai­sir des convives. Mais le plai­sir tourne à l’éton­ne­ment quand il leur adresse la pa­role.

Mal­gré son al­lure amé­rin­dienne, l’in­di­vi­du, né à Avi­gnon, s’ex­prime avec un pit­to­resque ac­cent du sud de la France. Peintre eth­no­graphe et sculp­teur, c’est lui l’âme de la Mai­son amé­rin­dienne qu’il a fon­dée en 2000. Dans la salle à man­ger, on re­trouve une quin­zaine de ses oeuvres (pein­tures et san­guines) en grand for­mat.

Ve­nu ici en 1970 pour une exposition et pour faire évo­luer ses pein­tures, André Mi­chel s’est re­trou­vé en pleine Crise d’oc­tobre, ce qui l’a in­ci­té à rou­ler un peu par­tout au pays. Il s’est ain­si ren­du jus­qu’au bout de la route, sur la Côte-Nord.

Un jour, alors qu’il pei­gnait dans les bois, il a ren­con­tré par ha­sard des In­nus. Puis, ils l’ont in­vi­té à al­ler en ex­pé­di­tion. Son in­cur­sion dans cette com­mu­nau­té a du­ré plus de 15 ans. Il a beau­coup peint des scènes de la vie quo­ti­dienne de ses amis amé­rin­diens qu’il a ap­pris à connaître en vi­vant avec eux.

Il s’est ren­du compte que peu de gens vont dans les com­mu­nau­tés des Pre­mières Na­tions pour les vi­si­ter. De là lui est ve­nue l’idée de fon­der la Mai­son amé­rin­dienne, à Saint-Hilaire, l’en­droit étant plus fa­cile d’ac­cès et moins in­ti­mi­dant pour les non-ini­tiés.

TRA­DI­TIONS

Le temps des sucres est jus­te­ment une bonne oc­ca­sion de dé­cou­vrir les tra­di­tions amé­rin­diennes. À l’exposition De l’eau… à la bouche, on a l’oc­ca­sion de voir des pots de terre cuite et d’autres ac­ces­soires uti­li­sés pour cueillir l’eau d’érable et la faire bouillir.

L’an der­nier, j’ai beau­coup ai­mé la pres­ta­tion de Ni­cole O’Bom­sa­win, une Abé­na­kise d’Oda­nak, qui a sé­duit l’au­di­toire avec ses contes pleins d’humour et ses chants ryth­més par son tam­bour. Cette an­née, Syl­vain Ri­vard, lui aus­si Abé­na­kis, se­ra à l’ani­ma­tion. Il est aus­si cap­ti­vant que Ni­cole, se­lon André Mi­chel.

Au fait, si ja­mais vous vou­lez man­ger des oreilles de crisse et des fèves au lard, ce n’est pas la place. On sert plu­tôt un po­tage de ci­trouille, du pou­let ma­ri­né au si­rop d’érable avec riz sauvage et maïs, sans oublier la tarte au sucre d’érable sans pâte pas très su­crée, mais vrai­ment bonne.

PHOTOS D’ARCHIVES

1. À deux pas de l’éra­blière, deux im­menses chau­drons de fonte sont sus­pen­dus au-des­sus du feu pour faire bouillir l’eau d’érable. 2. André Mi­chel est le fon­da­teur et l’âme de la Mai­son amé­rin­dienne.

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