LES COIF­FEURS NE SONT PAS À LA FÊTE

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME -

OBERAMMERGAU (Al­le­magne) | (AFP) Dans le vil­lage ba­va­rois d’Oberammergau, les coif­feurs ne sont pas à la fête: de­puis plus d’un an la moi­tié des ha­bi­tants se laissent pous­ser barbe et che­veux, une tra­di­tion qui se ré­pète tous les dix ans de­puis le 17e siècle.

Comme au dé­but de chaque dé­cen­nie, le vil­lage va jouer le «Mys­tère de la Pas­sion du Ch­rist», his­toire de la cru­ci­fixion et de la ré­sur­rec­tion de Jé­sus. La re­cons­ti­tu­tion se veut la plus «vraie pos­sible», sans fausses barbes, comme à Jé­ru­sa­lem il y a 2 000 ans.

Près de la moi­tié des 5 300 ha­bi­tants de ce vil­lage pré-al­pin se prête au jeu, à rai­son de cinq heures par jour, cinq fois par se­maine de mi-mai à dé­but oc­tobre - sans comp­ter les ré­pé­ti­tions.

TRA­DI­TION

La tra­di­tion re­monte à 1633 lors­qu’en pleine Guerre de Trente ans la peste a frap­pé. Les vil­la­geois ont alors pro­mis à Dieu de mettre en scène une Pas­sion, tous les dix ans, s’ils étaient épar­gnés.

«Nombre de gens, dont 600 en­fants, ne vont plus chez le coif­feur du Mer­cre­di des Cendres 2009 (25 fé­vrier) au 3 oc­tobre 2010, ce qui nous fait un ter­rible manque à ga­gner», ra­conte Do­ris Ren­ner, 51 ans, qui di­rige un des trois sa­lons de coif­fure.

«Jé­sus», quant à lui, fait des heures sup­plé­men­taires.

Fre­de­rik Mayet, 30 ans, étu­diant en mar­ke­ting, est à la fois porte-pa­role du «théâtre» et l’un des deux in­ter­prètes du Ch­rist.

Pour par­ti­ci­per, «il faut être né au vil­lage, y avoir ha­bi­té vingt ans, ou être ma­rié à quel­qu’un du vil­lage de­puis dix ans», ex­plique M. Mayet, un na­tif de ce bourg aux mai­sons re­cou­vertes de fresques, qui s’est spé­cia­li­sé dans la taille de fi­gu­rines en bois, pour la plu­part à mo­tifs re­li­gieux.

TOUS ONT UN RÔLE

Pour les scènes de foule, jus­qu’à 900 vil­la­geois prennent place sur le pla­teau du théâtre, spé­cia­le­ment construit pour la Pas­sion. D’autres jouent dans l’or­chestre, chantent dans le choeur, fa­briquent les cos­tumes, ou tra­vaillent en cou­lisse. Ânes, cha­meaux, mou­tons, chèvres et co­lombes sont éga­le­ment de la par­tie.

La Pas­sion «est très im­por­tante pour le tou­risme», sou­ligne le maire Ar­no Nunn qui ha­bite Oberammergau de­puis 12 ans et ne peut donc pas par­ti­ci­per.

RAT­TRA­PAGE

Au sa­lon de coif­fure, Mme Ren­ner pro­met d’ou­vrir sa bou­tique dès le di­manche 3 oc­tobre au soir. «Les pre­miers jours nous tra­vaille­rons de 10 heures du ma­tin à 10 heures du soir».

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