Por­té par la vague

L’oc­ca­sion de chan­ter avec plus de 400 cho­ristes n’est pas don­née à tous et n’ar­rive fort pro­ba­ble­ment qu’une fois dans la vie d’un ar­tiste. Ri­chard Sé­guin en est bien cons­cient et c’est ce qui l’amène à sa­vou­rer da­van­tage son ex­pé­rience, tout comme le di

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - De­nise Mar­tel DE­NISE.MAR­TEL@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

À l’oc­ca­sion de la 7e édi­tion de la Se­maine in­ter­na­tio­nale de la chan­son, Sé­guin et le Grand Choeur a réuni, en août, quelque 415 cho­ristes au­tour du chan­teur pour pré­sen­ter un spec­tacle mé­mo­rable of­fert à deux re­prises au Grand Théâtre de Qué­bec, puis re­pris à La Baie et à la salle Wil­fridPel­le­tier, à Mon­tréal, en oc­tobre. La cap­ta­tion so­nore s’est faite aux trois en­droits.

« J’aime beau­coup le choix des pièces qu’on a fait pour le disque — 12 sur 24. Mar­cel Au­clair, fon­da­teur de la Se­maine in­ter­na­tio­nale de la chan­son, a été très gé­né­reux et m’a don­né beau­coup de li­ber­té. Il y avait des pièces qui étaient des évi­dences, comme Aux portes du ma­tin, Jour­née

d’Amé­rique ou L’ange va­ga­bond, mais per­son­nel­le­ment, je vou­lais qu’on garde les pièces plus ly­riques comme La terre de Caïn, Le son des

songes, In Deo et Por­teurs d’eau », dit Ri­chard Sé­guin au cours d’un en­tre­tien té­lé­pho­nique.

« De par les mots et la ligne mé­lo­dique, chan­ter avec au­tant de voix prend réel­le­ment un as­pect de fra­ter­ni­té par­ta­gée. À ce mo­ment-là, la mu­sique sert vrai­ment de fil conduc­teur et ça prend un cer­tain poids. La Se­maine de la chan­son offre vrai­ment quelque chose d’unique. Tu ne peux pas faire au­tre­ment que te lais­ser por­ter par ça.

« Hier jus­te­ment, avec Mar­cel Au­clair, on par­lait de Jean Fer­rat (dont les fu­né­railles ve­naient juste d’avoir lieu au mo­ment de l’en­tre­vue), qui avait in­ter­pré­té quelques chan­sons avec le choeur, il y a quelques an­nées, alors qu’il ne chan­tait plus sur scène de­puis long­temps. Je suis sûr qu’il ne l’au­rait pas fait si ça n’avait pas été du chant cho­ral. Il y a quelque chose de puis­sant qui nous trans­porte », in­siste le chan­teur.

IMAGES D’EAU

« Je l’ai vé­cu avec l’Or­chestre sym­pho­nique de Qué­bec, il y a plu­sieurs an­nées, mais avec un or­chestre, tu ne peux pas te lais­ser al­ler to­ta­le­ment, parce que tech­ni­que­ment, à cause du nombre de mu­si­ciens et d’ins­tru­ments, il faut tou­jours être at­ten­tif, mais les voix sont plus flexibles. Tu peux te bai­gner de­dans...

« J’en avais par­lé avec Da­niel La­voie et Gilles Vi­gneault, et c’est vrai, on se sent comme em­por­té par la vague. »

« Chan­ter avec un aus­si grand nombre de cho­ristes évoque des images d’eau. On a un sen­ti­ment d’im­men­si­té comme de­vant le fleuve ou l’océan », sou­tient Sé­guin.

Im­pres­sion­né par tous ces gens qui sont là pour le plai­sir de chan­ter et qui consacrent énor­mé­ment de temps à ré­pé­ter, seuls ou en groupes, et qui tra­vaillent très fort, il se dit éga­le­ment sur­pris par le tra­vail en stu­dio ac­com­pli par JeanSé­bas­tien Four­nier, « Ti-Bass » pour les in­times, qui est le chef d’or­chestre de la Se­maine.

« Je n’ai ja­mais vu quel­qu’un tra­vailler au­tant et por­ter une at­ten­tion aus­si par­ti­cu­lière à chaque chan­son. Ça fait 25 ans qu’il est avec le Fes­ti­val de Pe­tite-Val­lée. Des chan­sons, il en a en­ten­du... »

« J’ai été sur­pris, en stu­dio, qu’on n’ait pas be­soin de re­pla­cer les groupes de chant. L’équi­libre était là. Il fal­lait juste que les voix priment, que la sec­tion ryth­mique ne soit pas en­va­his­sante », pour­suit l’au­teur-com­po­si­teur et in­ter­prète ré­pu­té comme l’une des plus belles voix du Qué­bec.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.