SI GAINS­BOURG M’ÉTAIT CONTÉ

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Agence QMI

Dans Gains­bourg (Vie hé­roïque), le bé­déiste Joann Sfar di­rige Éric El­mos­ni­no, Lae­ti­cia Cas­ta et Lu­cy Gor­don. Pleins feux sur un conte ci­né­ma­to­gra­phie.

Pour sa pre­mière réa­li­sa­tion, le bé­déiste Joann Sfar a dé­ci­dé de s’at­ta­quer à un monstre sa­cré de la chan­son fran­çaise : Serge Gains­bourg.

Et plu­tôt que de choi­sir l’ani­ma­tion, il a pré­fé­ré lui don­ner un vi­sage et une voix : ceux de l’ac­teur Éric El­mos­ni­no qui passe de Lu­cien Gins­burg à Gains­bourg puis à Gains­barre, adop­tant tous les tics de ce com­po­si­teur, mu­si­cien et in­ter­prète.

L’un des pro­duc­teurs, Marc du Pon­ta­vice, se rap­pelle : « Au dé­but, Joann vou­lait que ce soit Char­lotte qui joue Gains­bourg, mais au bout de plu­sieurs mois, elle a dé­cli­né la pro­po­si­tion. »

L’ap­pren­ti ci­néaste ne se dé­cou­rage pas, il conti­nue de re­ma­nier le script, jus­qu’à ne plus sa­voir quoi sup­pri­mer. « Pen­dant une bonne par­tie de l’an­née 2007, Joann a tra­vaillé sur le script. Il a fait onze ver­sions. La pre­mière, sans des­sins, fai­sait 164 pages », ajoute-t-il.

RÔLE CONVOI­TÉ

La distribution, qui dé­bute en 2008, se ré­vèle tout aus­si in­fer­nale. Tous les ac­teurs de l’Hexa­gone veulent in­car­ner l’homme à la tête de chou dans ce long mé­trage au bud­get de 16 mil­lions d’eu­ros.

Mais Joann Sfar choi­sit Éric El­mos­ni­no, plu­tôt connu pour ses rôles au théâtre. « Ça me plai­sait qu’Éric ne connaisse pas Gains­bourg, ça vou­lait dire qu’il ne se­rait pas écra­sé par le per­son­nage. »

Un pa­ri qu’il ré­itère avec Lu­cy Gor­don, qui n’a que quelques se­conds rôles à son ac­tif et qu’il choi­sit pour in­car­ner Jane Bir­kin. Car avant de tom­ber sur la jeune femme, l’équipe de pro­duc­tion a fait pas­ser des au­di­tions à plus de 400 co­mé­diennes, aus­si bien en France qu’en An­gle­terre. Seul gros nom au gé­né­rique de Gains­bourg (Vie hé­roïque) : Lae­ti­cia Cas­ta qui de­vient Bri­gitte Bar­dot.

JOUER GAINS­BOURG

Comment Éric El­mos­ni­no est de­ve­nu Gains­bourg ?

Pour don­ner vie à ce per­son­nage plus grand que na­ture, l’ac­teur a ar­rê­té de fu­mer pour prendre du poids. Il s’est mis à la mu­sique et a ap­pris à chan­ter.

Puis il s’est at­ta­qué aux es­sayages, aux longues séances de tests avec les équipes de coif­feurs et de ma­quilleurs qui lui met­taient de fausses oreilles, un faux nez et des per­ruques.

Le pre­mier clap a re­ten­ti en jan­vier 2009 et le tour­nage a du­ré 70 jours. Par­mi les mo­ments mé­mo- rables pour Joann Sfar : « C’était émou­vant de voir la com­pli­ci­té entre Lu­cy et Éric pour la scène du pre­mier bai­ser. On avait mis 200 ki­los d’éclai­rage sur Notre-Dame. »

Le réa­li­sa­teur a or­ga­ni­sé une im­mense fête à la fin de la pro­duc­tion. « On s’est tous re­trou­vés comme des cons, à s’em­bras­ser et à pleu­rer. Je me suis fait de vrais amis », confie Éric El­mos­ni­no.

Sor­ti en France en jan­vier der­nier, Gains­bourg (Vie hé­roïque) a connu un cer­tain suc­cès, ré­col­tant plus d’un mil­lion d’eu­ros. Au Qué­bec, le film prend l’af­fiche le 2 avril pro­chain.

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