NOU­VEAU­TÉS

Le Journal de Montreal - Weekend - - HORAIRE CINEMA -

FAN­TAS­TIQUE MAÎTRE RE­NARD (Fan­tas­tic Mr. Fox) /4

Ti­ré d’un conte de Roald Dahl, Fan­tas­tique

maître Re­nard se dis­tingue avant tout par sa beau­té plas­tique ex­cep­tion­nelle, com­bi­nant l’em­ploi avant-gar­diste de la tech­nique d’ani­ma­tion en stop-mo­tion et un fil­mage (en HD nu­mé­rique) à douze images par se­conde, qui donne à l’en­semble un as­pect ré­tro.

Ce­la dit, le film com­porte quelques lon­gueurs, at­tri­buables à un scé­na­rio qui manque de pé­ri­pé­ties et pla­fonne as­sez ra­pi­de­ment.

En outre, les dé­boires du fils ado­les­cent, com­plexé de­vant les ap­ti­tudes et le charme de son cou­sin, n’ont pas la por­tée vou­lue.

LES HOMMES QUI RE­GARDENT LES CHÈVRES

(The Men Who Stare At Goats) /4

S’ins­pi­rant d’un livre contro­ver­sé de Jon Ron­son, Grant He­slov signe une sa­tire sa­vou­reuse sur la guerre en Irak, à che­val entre le ca­nu­lar lu­dique et le pam­phlet po­li­tique. Ce­la dit, l’in­trigue avance ca­hin-ca­ha et se cherche un point fo­cal. Or, le ré­cit est si éner­gi­que­ment mis en scène et ponc­tué de tant de sa­vou­reux fla­sh­backs que le film par­vient à at­teindre une cer­taine uni­té. Néan­moins, la dé­non­cia­tion de l’im­pé­ria­lisme amé­ri­cain manque un peu de mor­dant. Les in­ter­prètes sont par contre ir­ré­pro­chables. George Cloo­ney est ex­cellent en ex-moine guer­rier illu­mi­né.

POUR TOU­JOURS LES CA­NA­DIENS /5 Le Club de ho­ckey Canadien a pro­fi­té de son cen­te­naire pour com­man­der ce film, où l’épo­pée des Glo­rieux reste en toile de fond, avec ren­fort oc­ca­sion­nel d’images d’archives plu­tôt bien in­té­grées. Si le film par­vient à illus­trer l’en­goue­ment de la po­pu­la­tion qué­bé­coise pour la my­thique équipe, la réa­li­sa­tion de Syl­vain Archambault éteint vite la flamme. Ce­la dit, le fan du CH sau­ra sans doute ap­pré­cier les scènes d’ac­tion sur la pa­ti­noire, ju­me­lées à des ex­traits de matchs réels, ain­si que les ap­pa­ri­tions de plu­sieurs joueurs de la for­ma­tion 2008-2009 ve­nus échan­ger la ron­delle avec les ac­teurs pro­fes­sion­nels.

FRÈRES (Bro­thers) /4 Jim She­ri­dan signe un re­make émou­vant d’un drame de la Da­noise Su­sanne Bier, qui abor­dait la guerre sous un angle au­tre­ment plus sub­ver­sif tou­te­fois.

De fait, le pro­pos an­ti­mi­li­ta­riste du film ori­gi­nal est ici sciem­ment éva­cué, au pro­fit d’un trai­te­ment plus sen­ti­men­tal de moindre por­tée, où le jeu de mi­roir fra­ter­nel (les deux sol­dats à la guerre, les deux frères à la ville) ap­pa­raît moins pré­pon­dé­rant dans le ré­cit que le tri­angle amou­reux.

Di­rec­teur d’ac­teurs in­com­pa­rable, She­ri­dan tire le meilleur de To­bey Ma­guire, Natalie Port­man et Jake Gyl­len­haal, tous ex­cel­lents et nuan­cés. La mise en scène at­ten­tive re­lève du même sou­ci d’in­ti­misme qui ca­rac­té­rise l’en­semble.

NUAGES SUR LA VILLE /5 Sé­rie de po­la­roïds sur les vi­cis­si­tudes de notre époque, le pre­mier long mé­trage de Si­mon Ga­lie­ro évoque les oeuvres de son ac­teur prin­ci­pal, le ci­néaste Jean-Pierre Le­febvre. On y re­trouve d’ailleurs une photo noir et blanc lé­chée, un usage jouis­sif de la mu­sique et une réa­li­sa­tion soi­gnée ré­vé­lant un sens ai­gu de la com­po­si­tion. Tou­te­fois, le re­gard mo­rose que pose Ga­lie­ro sur la so­cié­té ac­tuelle n’est guère ins­pi­ré. Le film reste à l’état d’ébauche et son ré­cit épar­pillé manque de res­sorts dra­ma­tiques. Au fi­nal, la pré­sence des réa­li­sa­teurs Ro­bert Mo­rin et Jean Pierre Le­febvre n’ar­rive pas à in­suf­fler au film une charge émo­tive suf­fi­sante pour tra­duire les tour­ments des pro­ta­go­nistes. QUELQUE CHOSE À TE DIRE /4 Quatre ans après Tout pour plaire, Cécile Te­ler­man nous re­vient avec le sym­pa­thique Quelque chose à te dire, pein­ture acerbe d’une fa­mille bour­geoise dont tous les membres s’avèrent in­ca­pables de com­mu­ni­quer entre eux.

Bien que le su­jet ne soit pas très no­va­teur, la ci­néaste réus­sit à sou­te­nir l’in­té­rêt grâce à une in­trigue so­lide, des dia­logues sou­vent spi­ri­tuels et des per­son­nages at­ta­chants. Évi­tant avec adresse la miè­vre­rie et le pa­thos, Te­ler­man valse constam­ment entre humour noir et tra­gé­die. En re­vanche, sa réa­li­sa­tion, bien que fluide, ap­pa­raît un peu trop sage.

In­car­nant des per­son­nages qu’ils connaissent bien pour les avoir dé­jà joués ailleurs, les co­mé­diens se ré­vèlent tous ex­cel­lents.

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