NUL­LIS­SI­ME­MENT GÉ­NIAL

Dead­ly Premonition, dis­po­nible sur Xbox 360, est un jeu tout à fait af­freux, mal­adroit et ex­trê­me­ment bi­zarre, mais der­rière tous ses dé­fauts se cache une brillance in­dé­niable.

Le Journal de Montreal - Weekend - - HORAIRE CINEMA - Agence QMI

Il s’agit en fait d’un jeu re­la­ti­ve­ment cos­taud de type sur­vie-hor­reur qui com­bine des élé­ments de Silent Hill, Re­sident Evil et même Grand Theft Au­to (le tout agré­men­té d’une pin­cée de Twin Peaks), mais c’est tel­le­ment dé­sas­treux du dé­but à la fin qu’il faut presque se ré­si­gner à une mé­dio­cri­té sans bornes pour fi­nir par l’ap­pré­cier.

Dans Dead­ly Premonition, vous in­car­nez Fran­cis York Mor­gan, un agent du FBI qui en­quête sur le meurtre d’une femme re­trou­vée at­ta­chée à un arbre et étri­pée dans la pe­tite ville de Green­vale.

York n’est pas un agent fé­dé­ral comme les autres. C’est un fu­meur à la chaîne com­plè­te­ment cin­glé qui se perd fré­quem­ment dans de longues conver­sa­tions à pro­pos de la culture po­pu­laire des an­nées 80 avec son ami ima­gi­naire Zach, qui vit dans sa tête, mais la plu­part des ha­bi­tants de Green­vale sont tel­le­ment étranges et stoïques qu’ils ne s’en aper­çoivent pas du tout.

G­CHIS VI­SUEL ET SO­NORE

Vi­suel­le­ment, Dead­ly Premonition est un hi­la­rant gâ­chis qui pour­rait fa­ci­le­ment se faire pas­ser pour un titre de la Xbox ori­gi­nale. En termes de qua­li­té so­nore, c’est en­core pire. La piste au­dio du jeu ne contient que trois ou quatre mé­lo­dies ins- tru­men­tales ré­pé­tées aléa­toi­re­ment, ce qui veut dire que vous vous re­trou­vez sou­vent à en­quê­ter sur un meurtre épou­van­table au son de sif­fle­ments en­joués ou de jazz bru­meux.

On n’ob­tient au­cun ré­pit au ni­veau des contrôles. Dès que le jeu fait bas­cu­ler York dans un uni­vers pa­ral­lèle cau­che­mar­desque à la Silent Hill et peu­plé de fan­tômes mau­dits sem­blables à ceux de Rage meur­trière qui se dé­placent sou­vent dans les po­si­tions les plus im­mondes, ça de­vient im­pos­sible de vi­ser en bou­geant.

Quant à la conduite au­to­mo­bile à Green­vale, vous n’avez qu’à ima­gi­ner des go­karts sur roues cu­biques qui re­fusent d’obéir aux lois de la phy­sique.

EX­PÉ­RIENCE DI­VER­TIS­SANTE

Dead­ly Premonition est le genre de jeu que vous de­vriez évi­ter à tout prix en temps nor­mal, mais ça peut aus­si être une ex­pé­rience réel­le­ment di­ver­tis­sante lors- qu’on l’aborde dans le bon état d’es­prit. Les gra­phiques sont si laids, les contrôles si mal­adroits et les conver­sa­tions si pé­nibles que ça fi­nit par être tor­dant et vous vi­vrez dé­fi­ni­ti­ve­ment plu­sieurs mo­ments de pure ter­reur, sur­tout lorsque York se fait pour­chas­ser par le ma­niaque à la hache sur­nom­mé le Rain­coat Killer.

À 25 $, Dead­ly Premonition est sans contre­dit un jeu bon mar­ché d’une qua­li­té net­te­ment in­fé­rieure aux autres titres de la Xbox 360, mais vous au­rez quand même de la dif­fi­cul­té à ces­ser d’y jouer, ne se­raitce que pour voir la pro­chaine tour­nure d’évé­ne­ments gro­tesques.

POINT FI­NAL

Tel­le­ment mau­vais que ça fi­nit par être bon, Dead­ly Premonition pour­rait très bien de­ve­nir un jeu culte grâce à son humour in­vo­lon­taire et à ses mo­ments d’an­goisse pal­pable.

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