LA PLACE AUX ANGES

Le Journal de Montreal - Weekend - - LIVRES - Ka­rine Vil­der Agence QMI

Le vam­pire Louis de Pointe du Lac cède sa place der­rière le mi­cro à l’écri­vaine fan­tas­tique Anne Rice le temps de cet en­tre­tien.

APRÈS LES VAM­PIRES ET LES SOR­CIÈRES, VOUS MET­TEZ MAIN­TE­NANT EN SCÈNE DES ANGES. QU’EST-CE QUI VOUS A DON­NÉ EN­VIE DE PAR­LER D’EUX ?

J’ai tou­jours été fas­ci­née par les anges et par la fa­çon dont ils sont dé­crits dans la Bible: des êtres puis­sants et proches de Dieu qui peuvent néan­moins prendre une forme hu­maine pour frayer avec nous. Je veux ex­plo­rer cette ave­nue, com­prendre le dé­fi de créer un ange fic­tif qui sau­ra res­ter puis­sant et fort. N’im­porte qui peut créer un ange faible. Je n’ai au­cun in­té­rêt pour ça.

POUR­QUOI VOUS ÊTES-VOUS TOUR­NÉE VERS LA LIT­TÉ­RA­TURE FAN­TAS­TIQUE ?

La lit­té­ra­ture fan­tas­tique m’a ou­vert une porte sur ma réa­li­té, sur mon monde de culpa­bi­li­té et de dou­leur. J’ai réa­li­sé qu’à tra­vers elle, je pou­vais me rap­pro­cher de mes propres ex­pé­riences, ce que je n’avais ja­mais réus­si à faire avec la lit­té­ra­ture réa­liste, si po­pu­laire en Amé­rique lorsque j’ai com­men­cé à écrire. J’ai be­soin d’un cadre fan­tas­tique pour en­trer pro­fon­dé­ment dans les su­jets qui me touchent.

D’APRÈS VOUS, POUR­QUOI CE GENRE FONC­TIONNE-T-IL AU­TANT ?

Cette lit­té­ra­ture est po­pu­laire parce qu’on aime les his­toires, le drame, le spec­tacle et l’ex­ci­ta­tion. On veut une lit­té­ra­ture à la fois tou­chante et pro­vo­ca­trice, car on com­mence à en avoir as­sez des ré­cits trop réa­listes. Le fan­tas­tique est une fa­çon d’ex­plo­rer les mé­ta­phores pas­sion­nantes de la condi­tion hu­maine. Et d’une cer­taine ma­nière, ce genre est plus près de la réa­li­té que la lit­té­ra­ture réa­liste!

SI VOUS AVIEZ LES MÊMES POU­VOIRS QUE MALCHIAH, L’ANGE DE VOTRE DER­NIER RO­MAN, QUELLE SE­RAIT LA PRE­MIÈRE CHOSE QUE VOUS VOUS EMPRESSERIEZ DE FAIRE ?

Si j’étais Malchiah, j’ai­me­rais les êtres hu­mains et j’er­re­rais par­mi eux pour es­sayer de voir les choses se­lon leur point de vue.

UNE PAR­TIE DE CE RO­MAN SE SI­TUE AU MOYEN ÂGE. QU’EST-CE QUI VOUS FAS­CINE LE PLUS DE CETTE ÉPOQUE ?

J’aime l’idée que mon hé­ros, Toby O’Dare, soit plon­gé dans dif­fé­rentes pé­riodes his­to­riques. J’aime écrire sur des pé­riodes aus­si ex­ci­tantes que le Moyen Âge ou la Re­nais­sance. J’aime em­ployer les dé­tails riches de ces époques pour en­châs­ser mes per­son­nages et leurs dé­cou­vertes. En fait, j’ai du plai­sir à évo­quer le pas­sé de fa­çon vi­vante.

LE­QUEL DE VOS LIVRES AU­RIEZ-VOUS AUS­SI AI­MÉ VOIR ADAP­TÉ AU CI­NÉ­MA ?

Ch­rist the Lord: The Road to Ca­na (qui n’a mal­heu­reu­se­ment pas en­core été tra­duit en fran­çais), parce que je pense que c’est une pré­sen­ta­tion très ori­gi­nale de Jé­sus en tant que Dieu et homme. C’est une his­toire bi­blique por­tant sur le cô­té hu­main de Jé­sus et j’au­rais ai­mé la voir sur grand écran, avec John­ny Depp jouant Jé­sus à sa fa­çon douce et af­fec­tueuse.

VOUS EN­CHAέNEZ LES RO­MANS À UNE VI­TESSE FOLLE. COMMENT Y ARRIVEZVOUS ?

Chaque ro­man me de­mande en fait des an­nées de pré­pa­ra­tion. Je fais de la re­cherche, je prends des notes, je laisse les idées, les per­son­nages et les thèmes se dé­ve­lop­per. Alors quand je m’as­sieds, j’écris ra­pi­de­ment afin de conser­ver une cer­taine uni­for­mi­té dans le ton et de me rap­pe­ler de tout. Cette mé­thode fonc­tionne bien pour moi.

Y A-T-IL D’AUTRES ÊTRES FAN­TAS­TIQUES SUR LES­QUELS VOUS AI­ME­RIEZ ÉCRIRE ?

Oui, sur les étran­gers ve­nus de l’es­pace, les clones et les ro­bots!

LA FIN DE L’HEURE DE L’ANGE PER­MET DE PEN­SER QU’IL VA Y AVOIR PLU­SIEURS TOMES RA­CON­TANT LES AVEN­TURES DE TOBY. EST-CE LE CAS ?

Oui. J’ai dé­jà fi­ni d’écrire le se­cond, Of Love and Evil (dans sa langue d’ori­gine, la sor­tie est pré­vue en no­vembre 2010), et je m’ap­prête à com­men­cer le troi­sième.

PHOTO AP

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