Pro­fes­sion : cas­ta­néï­cul­teur

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME -

LAMASTRE, Ar­dèche | Mi­chel Grange est cas­ta­néï­cul­teur. Comme le fai­saient son père et son grand-père, il cultive des châ­tai­gniers, à pré­sent sur la presque to­ta­li­té des 24 ha de la Ferme du Châ­tai­gnier.

Quelques hec­tares sont tou­te­fois ré­ser­vés à la culture de fruits et de lé­gumes, qui viennent étof­fer la vaste gamme de pro­duits of­ferts en dé­gus­ta­tion et à la vente au pu­blic, dans le cadre du ré­seau Bien­ve­nue à la ferme.

L’ex­ploi­ta­tion agri­cole de Mar­tine et Mi­chel Grange com­prend éga­le­ment des mou­tons, pour en­tre­te­nir les par­celles plan­tées en châ­tai­gniers, des abeilles, pour pol­li­ni­ser les arbres et en­fin, des porcs, pour consom­mer les dé­chets ré­sul­tant de la trans­for­ma­tion des pro­duits de la ferme.

QUA­LI­TÉ AOC

Car, pour op­ti­mi­ser les opé­ra­tions de trans­for­ma­tion tant des châ­taignes que des fruits, la ferme s’est do­tée d’un ate­lier mo­derne qui per­met de pro­duire confi­tures, li­queurs et autres spé­cia­li­tés se­lon les normes de qua­li­té.

Cette trans­for­ma­tion sur place consti­tue un moyen de va­lo­ri­ser les pe­tites châ­taignes qui, au­tre­ment ven­dues aux in­dus­tries, rap­portent très peu, pré­cise Mi­chel Grange.

De plus, il y a châ­taignes et châ­taignes. Se­lon la va­rié­té - on en compte 65 au to­tal en Ar­dèche, nées d’une hy­bri­da­tion na­tu­relle - ce fruit a des qua­li­tés et un goût par­ti­cu­liers.

À l’au­tomne, du­rant la pé­riode de la ré­colte, les vi­si­teurs sont in­vi­tés à suivre tout le cycle de la châ­taigne, du ra­mas­sage à la dé­gus­ta­tion, en pas­sant par l’ate­lier de trans­for­ma­tion.

« L’ac­cueil à la ferme est in­dis­pen­sable, dit Mar­tine Grange. C’est le moyen pour nous de faire com­prendre ce qu’on fait, ce qu’on vit et pour­quoi on le fait. »

« Quand nous les ren­con­trons, les gens re­con­naissent le tra­vail et com­prennent pour­quoi nos pro­duits sont plus chers que les pro­duits in­dus­triels. Nous veillons à as­su­rer la pre­mière qua­li­té se­lon les cri­tères dé­fi­nis par l’Ap­pel­la­tion d’ori­gine contrô­lée (AOC) », ren­ché­rit Mi­chel Grange.

DES PAS­SION­NÉS

Sur un to­tal d’un mil­lier de cas­ta­néï­cul­teurs re­cen­sés en Ar­dèche, la moi­tié sont des pro­fes­sion­nels exer­çant à plein temps et seule­ment une soixan­taine as­surent la trans­for­ma­tion de leur ré­colte.

Jean-Fran­çois Lal­fert est aus­si l’un de ceux-là. Ha­bi­tué des mar­chés et des évé­ne­ments, il aime nouer contact avec le pu­blic. Il parle avec pas­sion du châ­tai­gnier, de la châ­taigne et des mul­tiples pro­duits que, comme les autres trans­for­ma­teurs, il éla­bore à par­tir de ce fruit.

Il fait goû­ter ces di­verses sa­veurs aux pas­sants et leur dis­tri­bue des feuillets trai­tant de re­cettes. La châ­taigne se consomme en ef­fet d’un bout à l’autre d’un re­pas, de la li­queur-apé­ri­tif aux en­trées, aux plats et aux des­serts.

En­ga­gé dans la dé­marche qua­li­té dic­tée par l’AOC Châ­taigne d’Ar­dèche, JeanF­ran­çois Lal­fert res­pecte par ailleurs la charte dé­fi­nie par le Parc na­tu­rel ré­gio­nal des Monts d’Ar­dèche. Ce sceau ga­ran­tit que le pro­duit res­pecte l’en­vi­ron­ne­ment ain­si que le sa­voir-faire ar­ti­sa­nal.

On peut évi­dem­ment ren­con­trer chez eux les cas­ta­néï­cul­teurs, qui as­surent un ac­cueil à la ferme. Les mar­chés heb­do­ma­daires, en­core très nom­breux en Ar­dèche, ain­si que les fêtes thé­ma­tiques au­tom­nales, consti­tuent éga­le­ment des oc­ca­sions pri­vi­lé­giées pour en­ga­ger le dia­logue avec eux.

Tous, dès qu’ils se mettent à par­ler de châ­taignes, en vrais pas­sion­nés qu’ils sont, s’avèrent vrai­ment in­ta­ris­sables.

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