SA­VOIR FAIRE LA PAIX

Pré­sen­tée pour la pre­mière fois au Qué­bec en fran­çais, la pièce Le maître de la ro­sée de l’au­teur Floyd Fa­vel ori­gi­naire de la com­mu­nau­té Cris, nous pro­pose un conte contem­po­rain poé­tique à sa­veur au­toch­tone. La mort, le par­don et la sé­ré­ni­té sont les enj

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Louise Bour­bon­nais Col­la­bo­ra­tion spéciale

C’est lorsque sa mère est dé­cé­dée que l’au­teur Floyd Fa­vel a écrit cette pièce. Il avait be­soin de se faire par­don­ner de quelque chose. L’écri­ture est de­ve­nue une fa­çon de faire la paix avec elle. La pièce Le maître de la ro­sée, est une his­toire ins­pi­rée de sa re­la­tion avec sa mère. Se­lon la met­teure en scène Ca­the­rine Jon­cas, il s’agit d’une pièce où cha­cun pour­ra se sen­tir in­ter­pel­lé, puis­qu’elle nous parle d’amour, de la mort, de re­la­tions entre un en­fant et une mère, de par­don et d’apai­se­ment.

Le spec­tacle s’amorce avec Floyd Fa­vel, qui vient tout juste d’ap­prendre la mort de sa mère. Rem­pli d’amer­tume, il re­tour­ne­ra dans la ré­serve qu’il avait quit­tée, où sa mère vi­vait en­core, pour l’en­ter­rer. « Il est en­va­hi par les re­grets, conscient qu’il n’a pas tou­jours agi cor­rec­te­ment avec sa mère. Il sou­haite se faire par­don­ner, ra­conte Ca­the­rine Jon­cas. Il a quit­té sa ré­serve et sa mère pour me­ner une vie qui n’avait rien d’ad­mi­rable. »

Par le biais de la pièce, Floyd Fa­vel va nous ra­con­ter un conte que sa mère avait l’ha­bi­tude de lui ra­con­ter. Celle de Rose Billy, une vielle dame Cri, ou­bliée des siens, vi­vant dans la so­li­tude dans une ca­bane au mi­lieu de la fo­rêt qui va ren­con­trer un ani­mal my­thique sou­hai­tant se li­bé­rer d’un se­cret trop lourd à por­ter.

Le spec­ta­teur se­ra en me­sure de com­prendre le pa­ral­lèle entre l’his­toire réelle de Floyd Fa­vel et celle du conte de Rose Billy. « Le dé­fi pour moi était prin­ci­pa­le­ment au ni­veau du res­sen­ti. Je te­nais à ce que le spec­ta­teur puisse être ému à tra­vers cette his­toire, sou­ligne Ca­the­rine Jon­cas. Nous avons tous, un jour ou l’autre, éprou­vé des sen­ti­ments d’aban­don, de so­li­tude ou de culpa­bi­li­té. Ce sont des émo­tions uni­ver­selles et ce sont les en­jeux de la pièce. »

UN AS­PECT AU­DA­CIEUX

Si l’his­toire peut sem­bler sim­pliste aux pre­miers abords pour­tant, dans ce scé­na­rio se dis­si­mule une autre di­men­sion im­por­tante et au­da­cieuse à la fois ; celle de la pré­sence des per­sonnes dé­cé­dées au­près des per­son­nages. « L’équipe de créa­tion et les membres de la dis­tri­bu­tion croient fon­da­men­ta­le­ment qu’un lien peut per­sis­ter même après la mort avec un dé­funt, sur­tout lors­qu’il s’agit de l’un de nos proches, pré­tend la met­teure en scène. Ce­la nous per­met de faire la paix avec eux et même de de­man­der par­don si on le juge né­ces­saire. C’est im­por­tant de se sen­tir en paix avec nos pa­rents dé­cé­dés. »

Consciente qu’elle s’aven­ture dans des propos non conven­tion­nels, peu ex­ploi­tés au théâtre, la met­teure en scène croit que le jeu en vaut la chan­delle. « J’as­sume mes choix et de sur­croît, j’ai sur­tout te­nu à ex­pri­mer et rendre sur scène le mes­sage de l’au­teur.»

LE MAÎTRE DE LA RO­SÉE

Au­teur : Floyd Fa­vel Tra­duc­tion : Jean-fré­dé­ric Mes­sier Mise en scène : Ca­the­rine Jon­cas Avec : Ca­the­rine Jon­cas, Jean-fré­dé­ric Mes­sier et Ka­thia Rock

Du 8 au 22 fé­vrier Du mar­di au sa­me­di à 19 h 30 À la salle Fred-bar­ry du Théâtre De­nise

Pel­le­tier Une pro­duc­tion de la com­pa­gnie

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