UN GRAND BOL D’AIR À SCOTTS­DALE

SCOTTS­DALE, Ari­zo­na | On va à Scotts­dale pour ses hô­tels et ses res­tau­rants de ca­libre mon­dial ain­si que pour ses ter­rains de golf et ses spas sans pa­reil. Mais cette grande ag­glo­mé­ra­tion mo­derne de l’ari­zo­na est aus­si une des­ti­na­tion cultu­relle et de ple

Le Journal de Montreal - Weekend - - TOURISME - Isa­belle La­flamme Agence QMI

À mon ar­ri­vée, à l’aé­ro­port de Phoe­nix, la ville voi­sine de Scotts­dale, on ne par­lait que de la neige qui était tom­bée cette nuit-là. Pour­tant, on n’en voyait plus un flo­con sur le sol : le ciel clair et le temps agréable en avaient ef­fa­cé toute trace. « Qu'il neige à Scotts­dale, c'est rare ! », lan­ça mon chauf­feur de taxi tout im­pres­sion­né, en m’em­me­nant vers notre hô­tel.

Dans la voi­ture, je re­te­nais mes sou­rires. Chez nous, quelques flo­cons ne causent pas tant d’émoi. Il faut dire qu’à Scotts­dale en hi­ver, la tem­pé­ra­ture os­cille le jour entre 20 et 25 de­grés. La nuit, la tem­pé­ra­ture des­cend jus­qu’à 6 de­grés. Après tout, la ville se trouve en plein coeur du dé­sert. Ré­sul­tat : l’as­su­rance de 330 jours de so­leil par an­née !

Ce qui sur­prend en ar­ri­vant à Scotts­dale, c’est la qua­si-ab­sence d’en­seignes pu­bli­ci­taires ta­pa­geuses, comme on en voit trop sou­vent dans les grandes villes amé­ri­caines, et l’ar­chi­tec­ture ins­pi­rée des de­meures basses des Amé­rin­diens de la ré­gion, qui ja­mais ne tombe dans le ca­ri­ca­tu­ral.

Scotts­dale est en­tou­rée par le dé­sert de So­no­ra à la faune et la flore foi­son­nantes. Le gi­gan­tesque cac­tus saguaro en fait par­tie et pousse nulle part ailleurs. Ce dé­sert est le plus grand et le plus luxu­riant d’amé­rique du Nord. Sa flore ex­tra­or­di­naire se com­pose 3500 es­pèces de plantes. Les oi­seaux sont om­ni­pré­sents, dont le cé­lèbre Roa­drun­ner (en fran­çais le Grand géo­cou­cou).

Image em­blé­ma­tique de l’état d’ari­zo­na — qui fête cette an­née son cente- naire —, le cac­tus saguaro se dé­ve­loppe len­te­ment. Lors­qu’il me­sure un mètre, il est âgé de 20 à 50 ans. Un spé­ci­men ma­ture peut at­teindre 12 à 15 mètres et pour y ar­ri­ver il au­ra vé­cu jus­qu’à l’âge res­pec­table de 100 à 150 ans.

Il est dit que dans le dé­sert toute ca­vi­té creu­sée est ha­bi­tée par un être vi­vant. Ain­si, cer­taines es­pèces d’oi­seaux nichent à l’in­té­rieur des sa­gua­ros. Mal­gré leurs épines, ces cac­tus abritent toute une faune qui bu­tine leurs fleurs ou qui s’en sert comme tour de guet. Cer­tains oi­seaux y creusent des nids pour une an­née seule­ment, d’autres es­pèces comme les chouettes y élisent do­mi­cile en per­ma­nence.

Scotts­dale est en­tou­rée de nom­breux parcs et ré­serves do­tés de sen­tiers pour la marche de ni­veau de dif­fi­cul­té va­riable. On peut aus­si faire des ex­cur­sions à che­val ou à vé­lo et es­ca­la­der des mon­tagnes dans des mi­lieux na­tu­rels fas­ci­nants. La Mc­do­well So­no­ran Pre­serve pro­pose même un sen­tier pour le yo­ga et, fait in­té­res­sant, un pour les chiens.

DU HAUT DES AIRS

Une autre fa­çon agréable de dé­cou­vrir le dé­sert est de le sur­vo­ler en mont­gol­fière. L’ex­pé­rience est émou­vante et elle per­met de je­ter un re­gard dif­fé­rent sur les choses. Dou­ce­ment va la mont­gol­fière; on se laisse prendre par le vent et par le ra­vis­se­ment d’être lé­ger dans l’es­pace. On suit l’arête des mon­tagnes en ca­res­sant du re­gard leur beau­té.

Tout en haut d’un cac­tus, on aper­çoit un aigle qui sur­veille un lièvre aux grandes pattes, un Ja­ckrab­bit. J’ob­serve aus­si une fa­mille de ja­ve­li­na (ap­pe­lé éga­le­ment pé­ca­ri), dont les membres, un à la file de l’autre, se fau­filent entre les bos­quets et les ro­chers à la re­cherche de plantes à man­ger. La dis­crète mont­gol­fière n’ef­fraie pas la faune. Mal­gré l’exi­guï­té de la na­celle, elle reste stable. Il est pru­dent de pré­voir s’ha­biller en couches su­per­po­sées afin de pa­rer à tout chan­ge­ment de tem­pé­ra­ture.

De re­tour sur terre, on sabre le cham­pagne ! Un des membres de l’équipe du « Hot Air Ex­pe­di­tions » pré­pare un pe­tit-dé­jeu­ner sur une table à l’ex­té­rieur

avec quiches, crois­sants et cham­pagne ser­vi dans des flûtes. Toutes les per­sonnes pré­sentes sont ra­vies.

Pour ceux et celles qui sou­haitent avoir toutes les ac­ti­vi­tés à leur por­tée, le com­plexe du Four Sea­sons Re­sort Scotts­dale at Troon North, si­tué dans le dé­sert de So­no­ra, est l’en­droit tout dé­si­gné. C’est ain­si que je n’ai eu qu’à sor­tir de ma chambre pour avoir ac­cès à un des nom­breux sen­tiers en­tou­rant le com­plexe. Il est pos­sible d’es­ca­la­der le Pin­nacle Peak, al­ler jouer au golf au lé­gen­daire Troon North ( les clients de l’hô­tel y ont prio­ri­té) ou se dé­tendre au spa. Tout ce­la à quelques pas, sans même prendre de voi­ture.

À ma pre­mière in­cur­sion dans les sen­tiers, le dé­sert m’a of­fert un jo­li ca­deau : de pe­tites fleurs jaunes sont ap­pa­rues un peu par­tout dans le ma­tin lu­mi­neux. La neige de la veille, qui avait fon­du bien vite, avait of­fert suf­fi­sam­ment d’eau aux plantes pour qu’elles pro­duisent aus­si­tôt des fleurs. Dans le dé­sert de So­no­ra, tout flo­con de neige se trans­forme le jour sui­vant en pro­messe de fleurs.

PHO­TOS AGENCE QMI, ISA­BELLE LA­FLAMME

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1. Le dé­sert de So­no­ra com­porte de nom­breux sen­tiers pour la marche 2. Construit en 1956, le Val­ley Ho est un hô­tel em­blé­ma­tique 3. Une en­vo­lée en mont­gol­fière per­met de dé­cou­vrir le dé­sert de So­no­ra 4. L’ico­nique sculp­ture « Love » est ins­tal­lée dans le parc du Ci­vic Cen­ter 5. Les cac­tus saguaro peuvent vivre jus­qu’à 150 ans.

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