UN CHE­VAL DE COURSE

Quand on lui dit que Jo­sé Gau­det le com­pare à un « che­val de course », Ma­rio Tessier ré­pond aus­si­tôt : « J’au­rais pré­fé­ré un éta­lon ! » Après une bonne ri­go­lade, le co­mique re­trouve son sé­rieux et re­con­naît que l’ex­pres­sion de son ami était bien choi­sie.

Le Journal de Montreal - Weekend - - NOUVELLES - Marc-an­dré Le­mieux Le Jour­nal de Mon­tréal

Tessier se dé­fend tou­te­fois d’être un bour­reau de tra­vail. Et ce, même si son ho­raire de fou pour­rait don­ner le ver­tige à plu­sieurs d’entre nous.

À elle seule, l’émis­sion du re­tour à la mai­son des Grandes Gueules oc­cupe l’hu­mo­riste à temps plein. « C’est dur, une quo­ti­dienne. Les dead­lines, c’est ma­lade, dit-il. Il faut que tu te re­nou­velles constam­ment. Ce n’est pas comme un spec­tacle, où tu roules le même nu­mé­ro pen­dant trois ans. Pour un show de ra­dio, tu dois écrire 20 mi­nutes de gag par jour et le len­de­main, tout est à re­com­men­cer. »

L’au­tomne der­nier, une autre res­pon­sa­bi­li­té s’est ajou­tée au pla­teau dé­jà bien gar­ni de Ma­rio Tessier, celle d’ani­mer un jeu té­lé­vi­sé à des heures de grande écoute sur les ondes de TVA.

Adap­ta­tion qué­bé­coise du dé­funt quiz amé­ri­cain Don’t For­get the Ly­rics, On

connaît la chan­son met à rude épreuve la mé­moire mu­si­cale de chan­teurs ama­teurs, les­quels doivent mon­trer qu’ils sont ca­pables de pour­suivre sur leur erre d’al­ler quand les pa­roles des pièces qu’ils in­ter­prètent dis­pa­raissent de l’écran. Suc­cès po­pu­laire dès son en­trée en ondes, le ren­dez-vous heb­do­ma­daire a main­te­nu une moyenne d’écoute de 1899000 té­lé­spec­ta­teurs tout au long de la sai­son.

« J’ai moi-même été ap­pe­lé pour faire l’au­di­tion », ré­vèle Tessier.

BAISSE DE TEN­SION

Ma­rio Tessier le dit fran­che­ment : l’éclo­sion de sa car­rière d’ani­ma­teur a di­mi­nué les ten­sions au sein des Grandes Gueules.

« Ça fai­sait des an­nées que je vou­lais faire de la té­lé­vi­sion, mais pas à titre d’in­vi­té dans les quiz et les émis­sions de va­rié­tés, ex­plique l’hu­mo­riste. On avait re­çu plu­sieurs offres après le ga­la Ar­tis, mais on les avait re­fu­sées parce que Jo­sé trou­vait qu’on en avait pas mal, ce que je res­pecte à 100 mille à l’heure. »

« On nous a pro­po­sé une bonne di­zaine d’émis­sions au cours des der­nières an­nées. Des émis­sions qui sont pré­sen­te­ment en ondes. Je ne les ai­mais pas toutes, mais il y en a quelques-unes qui m’in­té­res­saient », pré­cise-t-il.

L’ar­ri­vée d’on connaît la chan­son dans la vie de Ma­rio Tessier semble même avoir res­ser­ré ses liens avec son com­plice.

« Jo­sé ne vou­lait pas me bri­mer dans mon goût d’en faire plus. Il n’a plus l’im­pres­sion de me ra­len­tir, alors que moi, je n’ai plus l’im­pres­sion de lui mettre de la pres­sion pour qu’il ac­cepte plus de contrats. »

« C’est vrai que ça va mieux qu’avant, in­siste Tessier. On a beau­coup de fun, mais je pense qu’après 27 ans d’ami­tié et 20 ans de car­rière, on peut se per­mettre de faire des trucs cha­cun de son cô­té. Je trouve ça sain comme moyen de fonc­tion­ner. Quand on ar­rive en­semble, on a en­core plus de fun. »

Après la ra­dio et la té­lé, le ci­né­ma ? C’est le sou­hait de Ma­rio Tessier. « J’aimerais jouer dans un drame. Faire le clown, je suis ca­pable; j’aimerais ça mon­trer autre chose », dit-il.

Mal­gré son em­ploi du temps char­gé, Ma­rio Tessier ne ferme pas la porte à un re­tour des Grandes Gueules sur scène. « J’ado­re­rais ça ! s’ex­clame-t-il. En fait, c’est ça mon pro­blème : j’aime faire trop d’af­faires dans la vie ! Je suis in­ca­pable de dire non. »

LA RAN­ÇON DE LA GLOIRE

Ma­rio Tessier a connu la ran­çon de la gloire le 31 dé­cembre der­nier, lors du

Bye Bye 2011. Le co­mique dit avoir bien ri­go­lé du­rant l’émis­sion, même de­vant la ca­ri­ca­ture de Joël Le­gendre.

« J’ai trou­vé ça très drôle. Je ne peux pas être fâ­ché : ça fait 20 ans que je gagne ma vie en riant du monde, in­dique-t-il. C’est un mé­lange de fier­té et de ma­laise. Tu ris, mais en même temps, tu te dis : “Est-ce que je suis de même ? Est-ce que je parle vrai­ment sur le bout de la langue ? Est-ce que ma bouche est si croche que ça ?” C’est l’ar­ro­seur ar­ro­sé… de­vant quatre mil­lions de per­sonnes ! »

La deuxième sai­son d’on connaît la chan­son pren­dra l’an­tenne de TVA l’au­tomne pro­chain.

Les Grandes Gueules et Ri­chard Tur­cotte animent l’émis­sion du re­tour à la mai­son sur NRJ du lun­di au ven­dre­di de 15 h à 18 h.

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