À LA RE­CHERCHE D’UNE FA­MILLE

C’est une créa­tion du grand dra­ma­turge qué­bé­cois, Ré­jean Du­charme qui se­ra pro­chai­ne­ment jouée sur les planches du Théâtre d’au­jourd’hui. La pièce Ines Pé­rée et In­at Ten­du, dans la­quelle deux or­phe­lins seuls au monde cherchent déses­pé­ré­ment un foyer d’ado

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Louise Bour­bon­nais Col­la­bo­ra­tion spéciale

Ce sont deux ado­les­cents, des ju­meaux, une fille et un gar­çon, or­phe­lins, qui se cherchent une fa­mille d’adop­tion. Ils sont seuls au monde et tentent de trou­ver déses­pé­ré­ment un foyer dans l’es­poir d’être adop­tés. Quel­qu’un qui pour­rait les prendre sous son aile. Dé­bor­dants d’éner­gie, ils fe­ront du porte-àporte dans l’es­poir de trou­ver la fa­mille qui ac­cep­te­rait de les ac­cueillir et de les ai­mer. Ils cher­che­ront sans re­lâche et avec in­gé­nio­si­té. Mal­heu­reu­se­ment pour les or­phe­lins, ça ne fonc­tion­ne­ra pas comme pré­vu et les re­cherches se­ront in­fruc­tueuses.

« Ce qui est in­té­res­sant, dans cette pièce, c’est que les per­son­nages que les ado­les­cents croi­se­ront sur leur che­min en se­ront af­fec­tés. Les des­tins de tous se­ront mo­di­fiés, en quelque sorte. Les per­son­nages qui re­fu­se­ront de les ac­cueillir fi­ni­ront par se rendre compte de l’ab­sur­di­té de leur vie », ra­conte le met­teur en scène Fré­dé­ric Du­bois.

« Les or­phe­lins prennent de la place et bous­culent la vie des gens qu’ils croisent. C’est par ces ren­contres que les per­son­nages de la pièce se­ront confron­tés à tra­vers leurs propres contra­dic­tions. »

Toutes les rai­sons sont bonnes pour ne pas prendre les deux en­fants qui ont l’âme en peine.

« Les pa­rents po­ten­tiels ré­pon­dront tous dans la né­ga­tive aux deux or­phe­lins. Les pré­textes évo­qués sont nom­breux et sim­plistes à la fois. Cer­tains di­ront qu’ils ne peuvent pas les prendre parce qu’ils ont dé­jà des en­fants ou bien on juge qu’ils sont dé­jà trop vieux. Bref, au­cun des per­son­nages vi­si­tés ne trouve in­té­rêt à les prendre », ex­plique Fré­dé­ric Du­bois.

Un dia­logue va s’en­ga­ger entre les or­phe­lins et les per­sonnes convoi­tées pour de­ve­nir pa­rents. Même s’ils re­fusent tous d’em­blée de les prendre, les deux or­phe­lins ne vont pas bais­ser les bras pour au­tant. Loin de vou­loir perdre la ba­taille aus­si fa­ci­le­ment, les deux ado­les­cents vont pour­suivre le dia­logue et ar­gu­men­ter pour ten­ter de les convaincre de les adop­ter. Une vente qui n’a rien de fa­cile. C’est à tra­vers les di­verses ar­gu­men­ta­tions et échanges que la vie de cer­taines per­sonnes vi­si­tées pren­dra une autre tour­nure.

« On pour­rait com­pa­rer ce­la à une ren­contre que l’on fait par ha­sard avec quel­qu’un dans notre vie. Elle éclaire des élé­ments de notre vie de ma­nière dif­fé­rente. On peut nous faire voir la vie dif­fé­rem­ment par d’autres points de vue », fait re­mar­quer le met­teur en scène.

On nous pro­met des per­son­nages très co­lo­rés de cette pièce. La pre­mière per­sonne à la­quelle les or­phe­lins ren­dront vi­site dans le but de se faire adop­ter est une vé­té­ri­naire. « Il s’agit d’une dame dans la cin­quan­taine qui a eu un en­fant, amou­reuse d’un psy­chiatre », pré­cise Fré­dé­ric Du­bois.

En­suite, les ado­les­cents fe­ront la ren­contre d’une re­li­gieuse. « Même si elle a l’âme cha­ri­table, ses va­leurs et le contexte ne lui per­mettent ab­so­lu­ment pas de prendre les en­fants avec elle. De plus, on re­mar­que­ra qu’il s’agit d’une re­li­gieuse sé­duc­trice qui n’est pas vrai­ment à sa place. »

La troi­sième per­sonne qu’ils ren­con­tre­ront est un homme d’af­faires qui se­ra sans pi­tié en­vers les deux or­phe­lins.

Se­lon le met­teur en scène, tous ceux qui au­ront re­fu­sé d’adop­ter les deux ado­les­cents fi­ni­ront par avoir des re­grets. Ils se sen­ti­ront plus ou moins cou­pables à des de­grés dif­fé­rents.

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