NOS TROIS STARS DE L'HU­MOUR dè­barquent a Pa­ris

Le Journal de Montreal - Weekend - - LA UNE - Ra­phaël Gen­dron-mar­tin RA­PHAEL.GEN­DRON-MAR­TIN@JOUR­NALMTL.COM

PA­RIS | Au Qué­bec, ils ont ven­du à eux trois plus de 1,7 mil­lion de billets de leurs spec­tacles. Tous ex­trê­me­ment oc­cu­pés, réus­sir à réunir Ra­chid Ba­dou­ri, Louis-jo­sé Houde et Mar­tin Matte pour une ren­contre

re­lève de l’uto­pie. Mais à Pa­ris, tout est per­mis. Et c’est ain­si que nous avons pas­sé deux heures à dis­cu­ter avec ces trois stars de l’hu­mour. Une ren­contre

mé­mo­rable et ex­clu­sive pour le Jour­nal.

Ar­ran­ger une en­tre­vue conjointe avec les trois hu­mo­ristes les plus en vue du Qué­bec, à Pa­ris de sur­croît, ne se fait pas en quelques mi­nutes. Ce­la de­mande plu­sieurs ap­pels et cour­riels, afin de co­or­don­ner les ho­raires de tout le monde.

Et en­core, même si la ren­contre avait été bel et bien confir­mée, un sa­me­di après-mi­di à la « bras­se­rie de luxe », Chez Fran­cis, tout près de la Tour Eif­fel, on se per­met­tait en­core de dou­ter que les trois co­miques dai­gne­raient vé­ri­ta­ble­ment se poin­ter le bout du nez.

À 14h ta­pant, Louis-jo­sé est arrivé, ac­com­pa­gné d’alexis Char­trand, qui s’oc­cupe des images de son site Web. Ra­chid a sui­vi, une mi­nute plus tard. Cinq mi­nutes après, Mar­tin ar­ri­vait. Et voi­là que nous avions de­vant nous, as­sis à la même table, les trois stars de l’hu­mour qué­bé­cois. Une si­tua­tion qui se­rait presque de la science-fic­tion, au Qué­bec.

HEU­REUX DE SE RE­TROU­VER

Même s’ils sont tous en même temps dans la Ville lu­mière, les trois hu­mo­ristes n’avaient pas eu l’oc­ca­sion de se cô­toyer de­puis leur ar­ri­vée. « Moi je les ai ap­pe­lés, pour­tant! », se dé­fend Ra­chid. C’est qu’ils ont ra­re­ment le temps de souf­fler. Ra­chid se pro­duit du mar­di au sa­me­di, au Théâtre Le Temple, près de la Place de la Ré­pu­blique. Louis-jo­sé est à l’af­fiche du Point Vir­gule, quatre soirs par se­maine. Mar­tin, quant à lui, tourne pré­sen­te­ment cinq jours par se­maine dans la sé­rie

C’est la crise.

Dire à quel point les trois co­miques étaient heu­reux de se re­trou­ver, ce jour-là, au res­tau­rant, est un eu­phé­misme. Alors qu’on es­pé­rait avoir une heure en leur com­pa­gnie, c’est plus de deux heures que nous avons pas­sées à ja­ser, ri­go­ler et dé­con­ner en com­pa­gnie de ces trois clowns. Qui plus est, à la fin de l’en­tre­vue, Ra­chid, Louis-jo­sé et Mar­tin avaient tous pré­vu re­par­tir en mé­tro. Nous n’avons donc pas ra­té l’oc­ca­sion d’aper­ce­voir ces trois stars prendre le trans­port en com­mun pa­ri­sien, une ha­bi­tude qu’ils ne peuvent tout sim­ple­ment pas prendre au Qué­bec.

PI­LER SUR SON OR­GUEIL

« On marche beau­coup plus ici, ob- serve Ra­chid. Au Qué­bec, tout est loin. On est tout le temps en train de prendre le char. À moins que tu ha­bites le Pla­teau. Mais à La­val… » « Sur ma rue ici, j’ai quatre bou­che­ries, deux bou­lan­ge­ries et une pois­son­ne­rie », ajoute Mar­tin. « À chaque coin de rue, les quatre places, tu veux y al­ler, que ce soit un ca­fé, une bou­che­rie, une bou­lan­ge­rie », ren­ché­rit Louis-jo­sé.

Ha­bi­tués au confort qué­bé­cois, les trois ar­tistes ont dû pi­ler sur leur or­gueil en dé­cou­vrant leur ap­par­te­ment pa­ri­sien. « La pre­mière fois où je suis en­tré dans mon ap­par­te­ment, j’ai fait: « c’est pe­tit ». J’étais avec un Fran­çais et il a dit en même temps: « ou-la-la, il est grand cet ap­part! », ra­conte Mar­tin.

Louis-jo­sé, de son cô­té, pro­fite de la gé­né­ro­si­té du pro­duc­teur du théâtre Le Point Vir­gule, où il se pro­duit, qui lui a prê­té son ap­par­te­ment de quelque 2 000 pieds car­rés, di­rec­te­ment au-des­sus du théâtre. « L’ap­part est hal­lu­ci­nant, ça n’a pas de sens. »

RE­COM­MEN­CER À ZÉ­RO

En contre­par­tie, Louis-jo­sé a eu un choc la pre­mière fois qu’il a vi­si­té la mi­nus­cule loge du Point Vir­gule. « C’est ce que j’ai trou­vé le plus dur de tout. Ce n’est pas de vivre ici, d’être ailleurs ou de jouer de­vant six per­sonnes, c’est d’avoir un ski en ar­rière de la tête (un ac­ces­soire qu’avait un autre hu­mo­riste pour son spec­tacle) cinq mi­nutes avant d’em­bar­quer sur scène. Au Qué­bec, on a des loges gar­gan­tuesques. »

En France, les trois co­miques re­com­mencent lit­té­ra­le­ment à zé­ro, se pro­dui­sant de­vant une poi­gnée de spec­ta­teurs. Mar­tin a même joué de­vant 50 per­sonnes à Nantes, en dé­cembre. « J’avais le goût de prendre les pré­sences. C’était un choc », ad­met-il.

Ra­chid, de son cô­té, voit cette ex­pé­rience comme une fa­çon de pou­voir re­vivre les émo­tions des pre­mières fois où il pré­sen­tait son spec­tacle, au Qué­bec. « Après mon ro­dage, en 2007, j’avais dit à mon met­teur en scène que je trou­vais ça plate de ne plus pou­voir re­vivre ça. Mais c’est ce qui ar­rive pré­sen­te­ment. »

SA­ME­DI 18 FÉ­VRIER 2012 Trois lar­rons en foire, Ra­chid Ba­dou­ri, Louis-jo­sé Houde et Mar­tin Matte étaient vi­si­ble­ment très contents de se re­trou­ver, à Pa­ris.

PHO­TO COL­LA­BO­RA­TION SPÉCIALE, MARC CHAUMEIL

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