À B­TONS rom­pus

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Ra­phaël Gen­dron-mar­tin Le Jour­nal de Mon­tréal

L’HO­RAIRE À PA­RIS

Mar­tin Matte : « Ça res­semble à quoi, votre ho­raire, ici ? »

Louis-jo­sé Houde : « Je suis Jim Mor­ri­son, en 1971. Il est mort à Pa­ris, d’ailleurs. Le plus tôt que je me lève, c’est 10 h.

Ra­chid Ba­dou­ri : « À quelle heure tu te couches, après un show ? »

Louis-jo­sé : « 4 h. Quand ce n’est pas 5 h. »

Mar­tin : « Met­tons que t’as des en­fants, ce se­rait un autre style de vie. »

Louis-jo­sé : « Je se­rais in­utile dans une fa­mille. Ça me pren­drait trois épouses. »

L’HI­VER FRAN­ÇAIS

Mar­tin : « Je gèle ici. Au Qué­bec, c’est iso­lé. Mais ils ne com­prennent pas, ici. Tu gèles au res­to et dans les cages d’es­ca­lier, il n’y a pas de chauf­fage. »

Ra­chid : « Il n’y a même pas de chauf­fage dans les théâtres. Ma console a sau­té, l’autre jour, quand les tech­ni­ciens ont vou­lu par­tir le

chauf­fage. »

LEUR AP­PAR­TE­MENT

Louis-jo­sé : « Je reste en haut du théâtre. Au dé­but, je n’étais pas sûr. Mais l’ap­part est hal­lu­ci­nant. Ça n’a pas de bon sens. Il y a trois chambres, deux salles de bain. »

Mar­tin : « J’ai chan­gé d’ap­par­te­ment, car le pre­mier, je le trou­vais pe­tit et bruyant. Là, j’ai 700 pieds car­rés avec une chambre fer­mée. »

Ra­chid : « J’ha­bite à cô­té d’une rue pié­tonne, qui est Mon­tor­gueuil. Tout est près, à cinq se­condes de marche. Les sa­me­dis et di­manches, il y a de l’am­biance. »

LES EX­PRES­SIONS FRAN­ÇAISES

Ra­chid : « Je n’ai pas eu le choix, en cô­toyant Sa­mi, Le Comte de Bou­der­ba­la, et ses amis. Ils parlent en ver­lan. Par exemple : « go­le­rie dans sa sta­che­mou », veut dire « ri­go­ler dans sa mous­tache ». Aus­si, quand on dit « c’est ter­rible », pour eux, c’est né­ga­tif. »

Mar­tin : « Il a fal­lu que j’en­lève le mot « af­faire » et que je le rem­place par « chose », car pour eux, « af­faires », c’est seule­ment bu­si­ness. »

Louis-jo­sé : « Le mot « af­faire », n’est pas re­lié à un ob­jet ici. T’es mieux d’y al­ler avec « pa­tente » ! »

RE­COM­MEN­CER À ZÉ­RO

Mar­tin : « Les gens me disent que ça doit me rap­pe­ler mes dé­buts, ici. Non, je n’ai ja­mais fait de salle de 120 places au Qué­bec ! Le mi­ni­mum, c’est sou­vent 700 places. »

Louis-jo­sé : « Je vois ça comme un en­traî­ne­ment. Je com­mence en juillet à ro­der mon nou­veau show. À Ga­ti­neau, une salle de 700 places, ce n’est pas gros pour chez nous. Mais je vais-tu être content en es­ti­fi ! Je suis content de faire ça entre deux tour­nées pour ne pas trop le prendre pour ac­quis. »

LA COM­PÉ­TI­TION

Mar­tin : « Je pense que la dif­fé­rence entre les 150 hu­mo­ristes fran­çais un peu connus et le top 10 est grande ici. Au Qué­bec, être au top ou un peu connu, tu gagnes bien ta vie. Ici, tu crèves de faim ou t’es dans le top. »

Louis-jo­sé : « Ils ont eu un boom de stand-up dans les der­nières an­nées. Il y a un pa­quet de monde qui font ça de­puis peu de temps et qui s’im­pro­visent. »

Mar­tin : « Dans mon émis­sion, C’est la crise, les huit co­mé­diens ont tous leur one-man-show. »

Louis-jo­sé : « Au Qué­bec, il y a beau­coup de shows, mais j’ai l’im­pres­sion que tu te perds moins dans la masse. »

LA TÉ­LÉ­VI­SION

Ra­chid : « Sans faire la pros­ti­tuée, chaque oc­ca­sion de se faire voir est bonne. On m’a em­me­né dans une émis­sion, Ca­fé Pi­cou­ly. Je me de­man­dais ce que je fai­sais là. Plus tard, après mon spec­tacle, on a fait un son­dage et il y a des gens qui étaient ve­nus me voir parce qu’ils m’avaient vu à cette émis­sion. »

Mar­tin : « Moi, quand j’ai lâ­ché ma job avec la bu­si­ness de mon père, au Qué­bec, je l’au­rais fait en es­ti, Pi­cou­ly. J’ai fait des chro­niques aux Fils à pa­pa, à TQS. Il n’y a pas de ques­tion qui se po­sait. Mais au­jourd’hui, à 40 ans, avec deux en­fants, j’ai des li­mites. Je veux être ho­no­ra­ble­ment bien ré­mu­né­ré et bien lo­gé, ici. Je pense que ça se peut.»

PHO­TO COL­LA­BO­RA­TION SPÉCIALE, MARC CHAUMEIL

Pen­dant deux heures, les trois hu­mo­ristes ont par­lé de leurs ex­pé­riences pa­ri­siennes res­pec­tives, y ajou­tant quelques anec­dotes co­casses. PA­RIS | À quoi peut res­sem­bler une conver­sa­tion à bâ

tons rom­pus de deux heures entre Ra­chid Ba­dou­ri, Louis-jo­sé Houde et Mar­tin Matte ? À beau­coup de dé­con­nage sur des su­jets aus­si va­riés que l’hi­ver pa­ri­sien, la com­pé­ti­tion en hu­mour, les ex­pres­sions fran­çaises et l’émis­sion Ca­fé Pi­cou­ly. Voi­ci les mo­ments les plus

co­hé­rents qu’on a pu re­ti­rer.

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