Béa­trice POUR­SUIT SUR SA LAN­CÉE

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Va­nes­sa Gui­mond VA­NES­SA.GUI­MOND@JOUR­NALMTL.COM

À peine quelques mois après la sor­tie de son deuxième al­bum, un disque ac­cro­cheur in­ti­tu­lé Blonde, Béa­trice Mar­tin ré­colte les fruits de ses ef­forts, et ce, tant au­près de son pu­blic que de l’in­dus­trie de la mu­sique. En plus de se pro­duire dans des salles qui af­fichent com­plet, la jeune mu­si­cienne compte dé­jà deux no­mi­na­tions à son ta­bleau : une aux Ju­nos et l’autre aux Vic­toires de la mu­sique. Mal­gré un rythme de vie ef­fré­né, Coeur de pi­rate a de quoi se ré­jouir, et sa bonne hu­meur est conta­gieuse.

Son ho­raire ne lui per­met peut-être pas d’ins­crire des ac­ti­vi­tés ac­co­lées des mots « der­nière mi­nute » à son agen­da, mais ce n’est pas ce qui em­pêche Béa­trice Mar­tin d’être dévouée et de res­pec­ter ses en­ga­ge­ments. Un agen­da char­gé en­traî­nant par­fois des com­pli­ca­tions, notre en­tre­tien est pas­sé à un che­veu de tom­ber à l’eau, mais Béa­trice, dé­bor­dée, a in­sis­té pour trou­ver une so­lu­tion. Au mo­ment où nous lui avons par­lé, elle se pré­pa­rait à of­frir un ate­lier-sur­prise aux can­di­dats de Star Aca­dé­mie, mer­cre­di soir.

« Ça, c’était der­nière mi­nute, mais je de­vais ab­so­lu­ment être prête pour les ren­con­trer, a-t-elle ex­pli­qué avec en­thou­siasme. On tra­vaille plus fort, mais c’est su­per co­ol. »

Lors­qu’elle est en tour­née, Béa­trice ex­plique qu’elle doit faire un ef­fort par­ti­cu­lier pour concen­trer ses éner­gies sur ses spec­tacles, sur­tout si elle se pro­duit au Qué­bec.

« Ç’a l’air de rien, mais nous fai­sons vrai­ment beau­coup de route lorsque nous sommes ici. Pour se rendre quelque part, sur­tout l’hi­ver, c’est plus com­pli­qué, a-t-elle sim­ple­ment af­fir­mé. Jus­qu’à présent, les concerts af­fichent com­plet et c’est vrai­ment bien. Par contre, ça de­meure quand même exi­geant. C’est ce qui me fa­tigue le plus, je di­rais. »

DES SUR­PRISES

Même si elle se dit fa­ti­guée, Béa­trice res­pire le bon­heur lors­qu’elle parle de ses spec­tacles et de la pé­riode qui a sui­vi le lan­ce­ment de Blonde.

Il faut dire que la mu­si­cienne a eu droit à une belle sur­prise, à la fin du mois de jan­vier, lors­qu’elle est al­lée pré­sen­ter ses chan­sons à nos voi­sins amé­ri­cains, lors d’une courte tour­née qui l’au­ra me­née à New York, Bos­ton, Philadelphie et Wa­shing­ton.

« C’est drôle, parce que je m’at­ten­dais à jouer de­vant 30 per­sonnes dans un bar. Comme je chante en fran­çais, j’ai at­ti­ré l’at­ten­tion des Amé­ri­cains qui sont ama­teurs de mu­sique fran­co­phone. Fi­na­le­ment, j’ai joué dans des salles de 700 ou 800 per­sonnes. Je ne m’at­ten­dais vrai­ment pas à ça. Il y avait quand même beau­coup d’an­glo­phones et de fran­co­philes dans la salle. C’était beau de voir ça. »

Ce suc­cès chez les Amé­ri­cains, Béa­trice ne l’ex­plique pas par la por­tée d’ar­mis­tice, son pro­jet an­glo­phone réa­li­sé avec son ex-co­pain Jay Ma­ni­lows­ki, mais plu­tôt par sa po­pu­la­ri­té sur le Web.

« Ar­mis­tice a eu plus d’écho au Ca­na­da qu’aux États-unis. Dans ce cas-ci, je pense vrai­ment qu’in­ter­net y est pour beau­coup. »

LE SUC­CÈS DE BLONDE

Il n’y a pas que l’ho­raire char­gé de Béa­trice, qui l’amène à faire ré­gu­liè­re­ment la na­vette entre Mon­tréal et Pa­ris, qui est im­pres­sion­nant. Il y a éga­le­ment le suc­cès rem­por­té par son plus ré­cent disque, qui a été cer­ti­fié pla­tine en France (100 000 co­pies) et or au Ca­na­da (40 000 co­pies).

« Le but, avec cet al­bum-là, c’était juste d’être ca­pable d’al­ler cher­cher mes fans à tra­vers mes chan­sons, comme je l’avais fait avec mon pre­mier disque. À la base, quand tu écris des chan­sons, ce n’est pas pour prou­ver aux gens que je peux vendre des disques. »

« Quand je vois l’en­goue­ment créé par le deuxième al­bum, ce qui me fait plai­sir, c’est que ça s’ins­crit dans une conti­nui­té. Je pour­suis ma lan­cée, a-telle ajou­té. Non seule­ment j’ai réus­si à tou­cher mes fans, mais j’ai réus­si à al- ler tou­cher d’autres gens qui ne s’at­ten­daient pas à ce que je leur pré­sente un al­bum comme Blonde. »

La jeune ar­tiste reste très at­ten­tive aux com­men­taires por­tés sur son al­bum, mais prend avec un grain de sel le fait que cer­taines per­sonnes se soient plaintes de ne pas pou­voir la com­prendre, lors­qu’elle chante.

« Je me dis que ce n’est pas grave. Que ç’a son charme », a-t-elle af­fir­mé avant d’écla­ter de rire.

Après tout, Blonde a réus­si à se tailler une place par­mi les nom­més dans la ca­té­go­rie al­bum fran­co­phone de l’an­née, aux Ju­nos, et al­bum chan­son de l’an­née, aux Vic­toires de la mu­sique.

« C’est un hon­neur chaque fois. Il y a tel­le­ment d’ar­tistes… Aux Vic­toires, juste le fait qu’ils m’aient choi­sie en­core (NDLR : elle a rem­por­té le Vic­toire de la chan­son ori­gi­nale pour Comme des en­fants, en 2010), ça me touche beau­coup. Je me re­trouve en no­mi­na­tion avec de grands ar­tistes comme Ca­the­rine Rin­ger. C’est vrai­ment l’fun. »

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