Gad El­ma­leh com­blé par le 7e art

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Maxime De­mers Le Jour­nal de Mon­tréal

Le ci­né­ma sou­rit à Gad El­ma­leh, qui mul­ti­plie les tour­nages im­por­tants de­puis quelques an­nées. Entre le Tin­tin de Ste­ven Spiel­berg et le pro­chain Cos­ta-ga­vras qu’il tourne ac­tuel­le­ment, l’ac­teur et co­mique fran­çais prê­té sa voix au film d’ani­ma­tion Un monstre à Pa­ris. « Ce­la m’a per­mis d’em­bras­ser Va­nes­sa Pa­ra­dis… mais en ani­ma­tion ! », lance-t-il en riant.

Dans cette co­mé­die mu­si­cale ani­mée, El­ma­leh joue le rôle de Raoul, un li­vreur un brin mal­adroit se­crè­te­ment amou­reux de la belle Lu­cille (la voix de Va­nes­sa Pa­ra­dis).

« La pre­mière chose que m’a mon­trée Bi­bo Ber­ge­ron (le réa­li­sa­teur), c’était des cro­quis du per­son­nage de Raoul et je dois dire qu’il m’a tout de suite plu, ra­conte Gad El­ma­leh lors d’un en­tre­tien té­lé­pho­nique avec Le Jour­nal.

« En voyant la silhouette de Raoul et dès que je l’avais vu, j’avais trou­vé qu’il me res­sem­blait. Et c’est vrai qu’il me res­semble un peu. Je trouve que c’est un com­pli­ment parce qu’il est fran­che­ment sym­pa­thique, il a une ges­tuelle mar­rante, il est sen­sible, ti­mide et il aime les femmes… »

Gad El­ma­leh en était à sa troi­sième ex­pé­rience de voix dans un film d’ani­ma­tion. Il avait dé­jà fait par­ler le per­son­nage prin­ci­pal du Bee Mo­vie de Jer­ry Sein­feld et avait prê­té sa voix aus­si à Dé­tes­table Moi.

« Ce que j’aime dans Un monstre à Pa­ris par rap­port aux des­sins ani­més amé­ri­cains, c’est son cô­té plus au­da­cieux et poé­tique. Je trouve que Bi­bo a réus­si à mettre de l’émo­tion dans son film, ce qui est rare dans le ci­né­ma d’ani­ma­tion fa­mi­lial. Ce que j’aime aus­si dans le film, c’est qu’il offre une ré­flexion sur la per­cep­tion de l’autre. »

Très cou­ru, Gad El­ma­leh mul­ti­plie les tour­nages de­puis quelques an­nées. Il a dé­cro­ché ré­cem­ment le pre­mier rôle du thril­ler fi­nan­cier Le Ca­pi­tal, du ré­pu­té ci­néaste Cos­ta-ga­vras (pré­sen­te­ment en tour­nage). Il a aus­si joué un pe­tit rôle dans la co­mé­die Mi­nuit à Pa­ris, de­woo­dy Al­len, ain­si que dans le Tin­tin de Ste­ven Spiel­berg.

« J’ai eu la chance d’avoir dix jour­nées de tour­nage avec Spiel­berg. J’ai beau­coup ap­pris en tra­vaillant avec lui. Il a une au­to­ri­té na­tu­relle et une vraie bien­veillance.

« Je vis aus­si ce­la, en ce mo­ment avec Cos­ta Ga­vras, et je l’ai vé­cu éga­le­ment avec Woo­dy Al­len. Ces grands réa­li­sa­teurs ont un point en com­mun, c’est qu’ils ne res­sentent ja­mais le be­soin de vous dé­mon­trer qu’ils sont le chef ou de dé­mon­trer leur lé­gi­ti­mi­té. Ils sont tel­le­ment as­sis sur quelque chose de fort, il y a une telle confiance qui se dé­gage d’eux qu’ils fi­nissent par nous mettre en confiance nous aus­si. »

ADAP­TA­TION DE BO­RIS VIAN

Pour l’ins­tant, le co­mé­dien a mis la scène de cô­té pour se concen­trer sur le ci­né­ma, qui le tien­dra très oc­cu­pé pour en­core plu­sieurs mois. Après le film de Cos­taGa­vras, il en­chaî­ne­ra aus­si­tôt avec l’adap­ta­tion de Mi­chel Gon­dry du ro­man L’écume des jours de Bo­ris Vian, aux cô­tés de Au­drey Tau­tou, Ro­main Du­ris et Be­noit Poel­voorde.

« J’ai tou­jours fait du ci­né­ma, même à mes dé­buts comme hu­mo­riste, il y a 20 ans, rap­pelle-t-il.

« Mais c’est vrai que je suis par­ti­cu­liè­re­ment choyé et em­bal­lé ces der­nières an­nées de voir que de grands ci­néastes s’in­té­ressent à moi. Que Cos­ta Ga­vras fasse ap­pel à moi pour le pre­mier rôle d’un thril­ler fi­nan­cier, il faut avouer que ce n’était pas né­ces­sai­re­ment l’évi­dence. Mais en même temps, ça me convient. Pour moi, l’es­sen­tiel est de bien faire les choses, que ce soit dans un drame ou une co­mé­die. »

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