Ja­mis sans ma soeur

Que se passe-t-il quand une jeune femme est en­le­vée par le même fou qui avait kid­nap­pé sa soeur un an au­pa­ra­vant ? Bien­ve­nue dans l’uni­vers glauque et in­quié­tant de Dis­pa­rue.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI

Quand Jill Par­rish (Aman­da Sey­fried) ar­rive chez elle, un soir, elle dé­couvre que sa soeur Mol­ly (Emi­ly Wi­cker­sham) a été en­le­vée. Ayant réus­si à échap­per à un kid­nap­peur il y a tout juste un an, Jill est convain­cue que c’est le même homme qui est re­ve­nu la han­ter, elle et sa fa­mille.

Mal­heu­reu­se­ment, elle ne peut s’adres­ser à la po­lice. De­puis son en­lè­ve­ment, les au­to­ri­tés la croient un peu dé­ran­gée puis­qu’au­cune preuve de son his­toire n’a ja­mais été dé­cou­verte. Ré­sul­tat : per­sonne n’en­quête sur la dis­pa­ri­tion de Mol­ly. Convain­cue que sa soeur va mou­rir si elle ne fait rien, Jill n’écoute que son cou­rage et se lance à la pour­suite du mal­fai­teur.

Comme l’ex­pli­quait le scé­na­riste Al­li­son Bur­nett ( Monde in­fer­nal –

L’éveil 3D), l’idée de Dis­pa­rue est le fruit du ha­sard… et de beau­coup d’ima­gi­na­tion. « [Le pro­duc­teur Ch­ris Sal­va­ter­ra] m’a dit avoir une image dans la tête : celle du vi­sage d’une jeune fille, en plein mi­lieu des bois, en­se­ve­lie dans un trou. Il m’a ex­pli­qué qu’il n’avait au­cune idée de ce qui sui­vait, mais qu’il ne pou­vait se dé­bar­ras­ser de cette vi­sion. »

Ar­mé de cette seule in­di­ca­tion, Al­li­son Bur­nett s’est mis au tra­vail, dé­ve­lop­pant la psy­cho­lo­gie des per­son­nages, sans même avoir l’as­su­rance que le film ver­rait le jour. C’est d’ailleurs l’as­pect qui a sé­duit Aman­da Sey­fried, qu’on a vue dans l’ex­cel­lente sé­rie té­lé­vi­sée True

Love, dans le lu­mi­neux Mam­ma Mia! et dans l’in­té­res­sant En temps, un thril­ler de science- fic­tion avec Jus­tin Tim­ber­lake.

« Jill est quel­qu’un de bri­sé, ce qui m’a at­ti­ré parce que je ne peux pas me re­trou­ver dans de tels sen­ti­ments. L’in­car­ner m’a per­mis d’en ap­prendre plus sur elle », ex­pli­quait la jeune femme lors du jun­ket pro­mo­tion­nel de

Dis­pa­rue.

Dès le dé­but du film, le doute est mis sur la san­té men­tale de Jill. La po­lice ne la croit plus tant elle passe son temps à ten­ter de les convaincre qu’elle a bel et bien été en­le­vée par un tueur en sé­rie. De plus, de­puis de longs mois, elle mène sa propre en­quête et ne manque ja­mais une oc­ca­sion de ten­ter d’in­té­res­ser les po­li­ciers à son cas.

« Il faut que le pu­blic croie Jill, mais, en même temps, il faut aus­si qu’il se ques­tionne sur sa san­té men­tale », sou­li­gnait l’ac­trice.

« Les spec­ta­teurs passent leur temps à se de­man­der ce qui se passe vrai­ment, ce qui rend l’his­toire de Dis­pa­rue d’au­tant plus in­té­res­sante. »

« C’est quand on re­met en ques­tion le pro­ta­go­niste que les choses de­viennent vrai­ment in­té­res­santes, car on la croit, mais on ne peut se dé­bar­ras­ser de plu­sieurs pe­tits doutes qui gran­dissent au fur et à me­sure qu’on dé­couvre ce qui se passe réel­le­ment. »

Pour le scé­na­riste, « les thril­lers ont ten­dance, par­fois, à être sta­tiques. Ce­lui-ci ne l’est pas du tout. En fait, il fait peur mal­gré le fait qu’il n’y a presque pas du tout de vio­lence pen­dant le film. Il est pour un large au­di­toire et pour­tant ar­rive à faire crier. »

Emi­ly Wi­cker­sham, qui in­carne Mol­ly, abon­dait dans le même sens. « Je me sou­viens de ma pre­mière lec­ture du scé­na­rio. Mon adré­na­line n’ar­rê­tait pas de mon­ter… Plus l’his­toire avance, plus on est agrip­pé à tout ce qui nous tombe sous la main. »

Mais pas ques­tion de connaître le fin mot de Dis­pa­rue. La seule chose qu’aman­da Sey­fried ac­cep­tait de dire était que la re­la­tion entre les deux soeurs était ex­trê­me­ment forte. « Je suis pas­sée à tra­vers beau­coup d’émo­tions et j’es­père que le pu­blic fe­ra de même. L’his­toire est de plus en plus noire… et le seul ob­jec­tif de Jill est de re­trou­ver sa soeur, plus rien d’autre ne compte. Et vous sa­vez quoi ? J’aimerais me dire que je se­rais ca­pable de faire la même chose s’il s’agis­sait de ma soeur. »

Dis­pa­rue prend l’af­fiche dans tout le Qué­bec le 24 fé­vrier pro­chain.

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