« BI­BITTES TÉ­LÉ­VORES » SE RA­CONTENT

Chaque se­maine, nous sommes nom­breux à nous dé­lec­ter des sou­ve­nirs dé­ni­chés à Fi­dèles au poste ! et aux En­fants de la té­lé. Et bien que les deux émis­sions soient très dif­fé­rentes, elles mettent toutes deux à contri­bu­tion des bou­li­miques de té­lé qui, en pl

Le Journal de Montreal - Weekend - - TÉLÉVISION - Em­ma­nuelle Plante Col­la­bo­ra­tion spéciale

« Tout le monde a une grosse ex­pé­rience d’écou­teux de TV, même si on est pas très vieux », s’ex­clame Fran­cis Ro­bi­taille, re­cher­chiste à Fi­dèles au poste ! « On est épeu­rant », ren­ché­rit Luc Mi­chaud, scrip­teur sur la même émis­sion. « Nous sommes une équipe in­ter­gé­né­ra­tion­nelle, ex­plique An­nie For­tin, re­cher­chiste aux En­fants de la té­lé. On est tous des fans de té­lé. On se com­plète. Stéphane aime les an­nées 1960-1970, moi j’écou­tais Wa­ta­ta­tow. »

Chez Fair-play qui pro­duit Les en­fants de la té­lé, on bé­né­fi­cie d’une belle col­la­bo­ra­tion avec Ra­dio-ca­na­da. Deux re­cher­chistes s’oc­cupent des in­vi­tés, quatre autres des ar­chives. On fait des pieds et des mains pour contac­ter les pro­duc­teurs ex­té­rieurs afin d’of­frir des pe­tites perles ex­clu­sives pour sur­prendre l’in­vi­té. Il ar­rive même qu’un in­vi­té four­nisse ses propres ar­chives.

« Le but est de trou­ver l’équi­libre entre le rire, l’émo­tion et la nos­tal­gie », note An­nie For­tin. « On peut four­nir 80 cotes in­té­res­santes à François Avard, ex­plique Stéphane Gourde, re­cher­chiste aux En­fants de la té­lé. Il fait le pre­mier tri, met des étoiles sur les ex­traits. C’est son sys­tème de poin­tage. Louis en re­çoit en­vi­ron 45 et fait le choix fi­nal. » « On passe tel­le­ment de temps à re­gar­der le tra­vail d’un même ar­tiste qu’à la fin on a l’im­pres­sion d’être son meilleur ami », ajoute An­nie For­tin.

Du cô­té de 3.2.1. Pro­duc­tions, à l’ori­gine de Fi­dèles au poste !, cinq re­cher­chistes, une chef re­cher­chiste, deux scrip­teurs et une pro­duc­trice au conte- nu sont ri­vés de­vant leur écran des écou­teurs sur les oreilles.

Un quiz qui met de l’avant des ar­chives ajoute un dé­fi sup­plé­men­taire. « Quel­que­fois, tu bûches fort pour trou­ver les ex­traits de ton jeu, puis t’es ja­mais sa­tis­fait, t’es ja­mais sûr si t’as sor­ti le meilleur, le plus drôle, évoque Luc Mi­chaud. C’est le tour­nage qui te sauve parce qu’à un mo­ment, faut lais­ser al­ler et faire des deuils. »

Et cette an­née, le ter­rain de jeu de l’équipe a gran­di, dé­pas­sant les fron­tières de TVA. « On a de bonnes ar­chives ici, ex­plique Fran­cis Ro­bi­taille. On pige de­dans au moins à 80 %. Si­non, on fouille sur le Web, on fait ap­pel à nos mé­moires, on se fie aux pré-en­tre­vues et on contacte les autres pro­duc­teurs. »

« Le pire, c’est avec les chan­teurs, re­late Stéphane Gourde avec hu­mour. On peut fa­ci­le­ment en­tendre une même chan­son 40 fois. Ça de­vient des vers d’oreille. En ce mo­ment, j’ai Ce soir l’amour est dans tes yeux de Mar­tine StC­lair dans ma tête. C’est la même chose pour la pu­bli­ci­té. »

« Le pire, c’est quand tu as un sou­ve­nir en tête, ex­plique Luc Mi­chaud. Tu te dis que ça va être fa­cile. Mais par­fois, les sou­ve­nirs sont idyl­liques. Tu penses que, dans La poule aux oeufs d’or, Guy Mon­grain dit l’oeuf ou l’en­ve­loppe 40 fois. Ben non. Je re­gar­dais une cas­sette qui s’est mise à sau­ter exac­te­ment au mo­ment que je cher­chais. »

Et dans le cas du quiz, un obs­tacle ma­jeur vient par­fois bou­siller le meilleur

LES DÉSA­GRÉ­MENTS DU MÉ­TIER

des ex­traits. « Les ani­ma­teurs qui parlent par-des­sus les in­vi­tés, af­firme Luc Mi­chaud. C’est pas uti­li­sable et ça ar­rive sou­vent. Dans un jeu, tout doit être par­fai­te­ment au­dible. »

DES AN­NÉES FOLLES

Notre té­lé a beau­coup évo­lué. Les émis­sions en di­rect sont plus rares, ou ré­pé­tées au quart de tour. La marge d’er­reur semble moindre qu’à une époque pour­tant pas si loin­taine. « Les gens qui ont eu des car­rières dans les an­nées 1960-70-80, on trouve sou­vent de bien bonnes af­faires. C’est ma nos­tal­gie à moi, avoue Fran­cis Ro­bi­taille. Après, le cheap a ar­rê­té d’exis­ter. »

« Au-de­là des looks, après le pas­sage de Ju­lie Sny­der, les émis­sions d’été qui ont sui­vi n’avaient plus trop de concept, note Stéphane Gourde. On sen­tait le rem­plis­sage. C’était la même chose à l’époque d’al­lo Bou­bou. Dans les té­lé-théâtres aus­si on trouve de belles choses. Tout était en plan fixe, pas de dé­cou­page. » An­nie pour­suit : « Dans la fic­tion, on part de loin. Au ni­veau de la réa­li­sa­tion entre autres, ça a tel­le­ment évo­lué. »

« Mais il y a des gens qui sont sans faille, re­marque Luc Mi­chaud. Peu im­porte les ex­traits qu’on trouve, ils sont tou­jours bons. »

DES RÉ­AC­TIONS QUI VALENT DE L’OR

Sur les pla­teaux d’éric Sal­vail et de Vé­ro­nique Clou­tier, les rires fusent.

« J’ai la sa­tis­fac­tion d’avoir contri­bué à faire rire De­nise Fi­lia­trault avec des ar­chives qu’elle ne soup­çon­nait pas », avoue Stéphane Gourde.

« Vincent Gra­ton nous a four­ni une de nos meilleures ré­ac­tions, com­mente Fran­cis Ro­bi­taille. On a mon­tré un ex­trait d’une émis­sion à ten­dance re­li­gieuse qui s’ap­pe­lait En toute ami­tié. Il a pas­sé 10 mi­nutes cou­ché sur le bu­reau, cram­pé de rire. » Alors que le for­mat de Fi­dèles au pos

te ! dé­ve­lop­pé au­tour de jeux mise sur le rire, aux En­fants de la té­lé, on fait aus­si place à l’émo­tion. « On ne sait pas tou­jours la por­tée qu’au­ra un ex­trait sur la per­sonne qui y est, note Stéphane Gourde. Louise Por­tal était si émue de se re­voir chan­ter avec sa soeur, Pauline La­pointe, qui ve­nait de mou­rir. »

« Voir Mi­chel For­get écla­ter en larmes ou Loui­son Da­nis trop contente de voir un ex­trait ja­mais vu, c’est comme ma paye », af­firme An­nie For­tin. « Des ar­tistes avec la main dans la face, dé­cou­ra­gés, c’est une bonne ré­ac­tion. C’est notre ré­com­pense », avance Luc Mi­chaud.

« Le plus drôle c’est que des fois, on re­çoit des cour­riels de gens qui disent “Hey ! C’était ma tante dans le pu­blic à

Bou­bou !” T’es toute seule à ton poste, t’éclates de rire puis tu réa­lises que 1,5 mil­lion de per­sonnes fi­nissent par rire aus­si. C’est gra­ti­fiant », conclut-elle.

Luc Mi­chaud et Fran­cis Ro­bi­taille, Fi­dèles au poste !

Stéphane Gourde, Les en­fants de la té­lé

An­nie For­tin, Les en­fants de la té­lé

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