Une arche de Noé des es­pèces me­na­cées

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ARAN­JUEZ, Cos­ta Ri­ca | Son plu­mage, com­po­sé de rouge, de jaune et de bleu, est har­mo­nieu­se­ment ré­par­ti. Sa taille est im­pres­sion­nante. C’est sans doute ce qui fait de l’ara ma­cao, une sorte de per­ro­quet, un oi­seau très convoi­té, à tel point d’ailleurs qu’il se trouve me­na­cé. Près de Puntarenas, un re­fuge s’oc­cupe de ces oi­seaux – et aus­si de bien d’autres es­pèces ani­males – sau­vés de la convoi­tise des hu­mains.

Les aras rouges y vivent en li­ber­té, les ha­bi­tudes prises du­rant leur pé­riode de do­mes­ti­ca­tion ne les ame­nant pas à s’éloi­gner du re­fuge où ils par­tagent l’es­pace et la nour­ri­ture avec leurs congé­nères.

L’ARA MA­CAO

On peut les ob­ser­ver de près, comme ces deux com­pères à terre sur la pe­louse, ou en­core comme d’autres ag­glu­ti­nés sur un arbre dont ils cueillent les fruits.

Quand ils sont dé­ran­gés parce qu’on les cô­toie de trop près, les per­ro­quets peuvent lan­cer deux types de cri, un croas­se­ment ou un sif­fle­ment. Bien sûr, cer­tains vi­si­teurs, sans doute trop ha­bi­tués à ne voir des per­ro­quets qu’en cage, tentent aus­si de les en­ga­ger dans une cau­se­rie.

Ces oi­seaux ne pour­ront évi­dem­ment ja­mais être re­lâ­chés, étant de­ve­nus le temps de leur cap­ti­vi­té trop dé­pen­dants des hu­mains. Il en est de même des autres sortes d’oi­seaux ain­si que des ani­maux d’autres es­pèces hé­ber­gés là, car le re­fuge fait of­fice d’arche de Noé, en rase cam­pagne cos­ta­ri­caine.

Mais les condi­tions qui sont les leurs au El Ma­nan­tial amènent bien de ces ani­maux à se re­pro­duire. Une fois que cel­le­ci a at­teint son au­to­no­mie, on peut alors re­lâ­cher leur pro­gé­ni­ture dans le mi­lieu na­tu­rel qui est le leur.

SINGES ET TA­PIRS

En choi­sis­sant d’ins­tal­ler le re­fuge à proxi­mi­té de fermes et de ha­meaux, les di­ri­geants du El Ma­nan­tial visent avant tout à sen­si­bi­li­ser la po­pu­la­tion à l’im­por­tance de pro­té­ger les es­pèces sau­vages, trop sou­vent per­çues comme de simples proies.

Les unes, une fois cap­tu­rées sont des­ti­nées à être ven­dues pour amu­ser leurs pro­prié­taires ou flat­ter la va­ni­té de ceux­ci, les autres étant avant tout du gi­bier.

C’est le cas no­tam­ment du ta­pir, un éton­nant mam­mi­fère do­té d’une courte trompe, qui est convoi­té tant pour sa viande que pour son cuir. Adulte, le ta­pir peut me­su­rer jus­qu’à un mètre de haut et pe­ser entre 150 kg et 300 kg.

Des singes, sai­sis chez des par­ti­cu­liers ou aux mains de tra­fi­quants, se re­trouvent éga­le­ment au re­fuge. Le Cos­ta Ri­ca abrite en ef­fet quatre sortes de singe, soit le singe hur­leur, le ca­pu­cin à tête blanche, le singe écu­reuil et le singe arai­gnée.

Ce der­nier, do­té de longs bras et d’une queue im­pres­sion­nante, est un vé­ri­table équi­li­briste, ca­pable qu’il est de pas­ser d’un arbre à l’autre en fai­sant de la barre fixe avec ses membres.

Le re­fuge El Ma­nan­tial de Aran­juez hé­berge par ailleurs une grande di­ver­si­té de per­ro­quets de toutes les cou­leurs et de toutes les tailles, d’éton­nantes autres es­pèces d’oi­seaux, des singes écu­reuils, et même une oie qui se sent in­ves­tie de la mis­sion de pro­té­ger son ter­ri­toire.

Face au cu­rieux qui a le mal­heur de fran­chir une cer­taine li­mite, elle se met en po­si­tion d’at­taque, le cou al­lon­gé, le bec en avant, et elle fonce sur l’in­trus. In­utile de pré­ci­ser que l’hu­main bat ra­pi­de­ment en re­traite.

Lors de la vi­site de ce re­fuge pour oi­seaux et ani­maux en dan­ger, nous étions ac­com­pa­gnés par Mar­cel Lich­ten­stein, un guide na­tu­ra­liste ex­cep­tion­nel que je vous sou­haite de croi­ser lors d’un sé­jour au Cos­ta Ri­ca.

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AU COS­TA RI­CA

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