IL GARDE LA TÊTE FROIDE

Phi­lippe Fa­lar­deau n’a ja­mais rê­vé aux Os­cars. Il avoue même avoir sou­vent re­gar­dé la tra­di­tion­nelle cé­ré­mo­nie hol­ly­woo­dienne d’un oeil dis­trait.

Le Journal de Montreal - Weekend - - OSCARS 2012 - Maxime De­mers Le Jour­nal de Mon­tréal

Le ci­néaste qué­bé­cois s’étonne donc au­jourd’hui du sen­ti­ment in­des­crip­tible qu’il a eu quand son film a été mis en no­mi­na­tion.

« Je me re­trouve à dé­si­rer quelque chose à un évé­ne­ment que j’ai sou­vent re­gar­dé du coin de l’oeil et par­fois même pas. C’est dif­fi­cile à avouer, mais c’est vrai.

« Ce qui est pa­ra­doxal dans mon cas, c’est que je n’ai ja­mais en­li­gné ma car­rière sur ce type de ci­né­ma. Mais c’est sûr que c’est flat­teur quand Hol­ly­wood re­con­naît ton tra­vail. Dans cette ca­té­go­rie, on re­trouve sou­vent des films avec des su­jets so­ciaux, aux­quels les Osars offrent une tri­bune for­mi­dable. »

OFFRES À HOL­LY­WOOD

Ce qu’il sait aus­si, c’est que cette mise en no­mi­na­tion chan­ge­ra sa vie. Im­pos­sible tou­te­fois de sa­voir en­core jus­qu’à quel point…

« Je suis trop au dé­but de l’aven­ture pour de­vi­ner jus­qu’à quel point ça va chan­ger les choses, ob­serve le ci­néaste.

« Ce qui est sûr, c’est que je sais que si je vou­lais par­tir de­main ma­tin à Los An­geles, j’au­rais des op­por­tu­ni­tés. Je ne sais pas si j’au­rais une car­rière fruc­tueuse. Mais les op­por­tu­ni­tés sont là. On m’a dit que si je vou­lais faire de la té­lé, ou même des films in­dé­pen­dants, il y au­rait des pos­si­bi­li­tés. La ques­tion est de voir comment je pour­rai gé­rer les deux, car c’est pri­mor­dial pour moi de tra­vailler en fran­çais au Qué­bec.

Phi­lippe Fa­lar­deau est d’ailleurs re­ve­nu de Los An­geles la se­maine der­nière avec, dans ses va­lises, une pile de scé­na­rios amé­ri­cains que lui ont confiés des agences d’ar­tistes ca­li­for­niennes in­té­res­sées à lui ou­vrir leurs portes. De­nis Ville­neuve avait vé­cu une ex­pé­rience sem­blable l’an pas­sé avec la no­mi­na­tion de In­cen­dies aux Os­cars.

« Ce sont des agences qui re­pré­sentent des ac­teurs et des réa­li­sa­teurs, ex­plique Fa­lar­deau. J’en ai ren­con­tré quatre. C’était des ren­contres in­té­res­santes, ils m’ont tous don­né des scé­na­rios à lire pour voir si j’étais in­té­res­sé.

« Mais je suis en­core au point où je me de­mande si ce­la va me ser­vir et si j’ai vrai­ment be­soin d’avoir un agent là-bas. Je me dis que ça pour­rait m’in­té­res­ser pour lire des scé­na­rios ou trou­ver des scé­na­ristes avec qui tra­vailler éven­tuel­le­ment. Ça ne me coûte rien d’es­sayer pour voir. Mais ce n’est pas de­main que je vais réa­li­ser un James Bond !»

UNE DEUXIÈME VIE AU FILM

Con­crè­te­ment, cette pré­sence aux Os­cars pro­cure à Mon­sieur Laz­har une nou­velle vie sur les écrans du Qué­bec. Suite à la mise en no­mi­na­tion du film adap­té de la pièce de Éve­lyne de la Che­ne­lière, le dis­tri­bu­teur a ajou­té le mois der­nier une quin­zaine d’écrans sup­plé­men­taires au long mé­trage.

Ré­sul­tat : Mon­sieur Laz­har fi­gure tou­jours au top 10 des titres les plus po­pu­laires au box-of­fice qué­bé­cois et cu­mule des re­cettes de près de 2,5 M$.

« C’est for­mi­dable, lance Fa­lar­deau. Le film en est à sa 18e se­maine d’ex­ploi­ta­tion, ce qui est très dif­fi­cile à réa­li­ser de nos jours. Il y a beau­coup de films amé­ri­cains qui ne réus­sissent pas à res­ter aus­si long­temps à l’af­fiche.

« Il y a juste du cô­té du Ca­na­da an­glais que ça meurt ra­pi­de­ment. Mon­sieur Laz­har a bien mar­ché les deux pre­miers week-ends à To­ron­to et Van­cou­ver, mais s’est es­souf­flé vite. C’est au point où on peut se de­man­der qu’est-ce que ça leur prend pour s’in­té­res­ser à notre ci­né­ma ? » Fa­lar­deau ac­com­pa­gne­ra son Mon­sieur Laz­har en­core quelques mois après la soi­rée des Os­cars. Plu­sieurs fes­ti­vals sont en­core au pro­gramme, et le film pren­dra l’af­fiche cette an­née dans plu­sieurs mar­chés im­por­tants, dont la France et les États-unis.

« La sor­tie en France est pré­vue en sep­tembre mais le dis­tri­bu­teur fran­çais (UGC) pour­rait la de­van­cer pour pro­fi­ter de la vi­trine des Os­cars. UGC veut tra­vailler le film, or­ga­ni­ser des pro­jec­tions en ré­gion, le mon­trer à des groupes de pro­fes­seurs. La France, c’est un mar­ché im­por­tant pour le film et je crois qu’il y a un bon po­ten­tiel pour que ça marche as­sez bien là-bas. »

Quelques scène du film Mon­sieur

Laz­har

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