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Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND -

Né en Es­pagne de pa­rents Ca­na­diens-fran­çais, Yann Mar­tel s’est beau­coup pro­me­né, dans sa vie, vi­vant no­tam­ment à Mon­tréal, Pa­ris, Mexi­co et en On­ta­rio. Mais de­puis 10 ans, il a mis le cap sur Sas­ka­toon, où il est très heu­reux.

« La Sas­kat­che­wan est la pre­mière pro­vince à avoir eu les soins de san­té uni­ver­sels, au dé­but des an­nées 1960, dit-il. J’ai un oncle et une tante qui ont dé­mé­na­gé ici pré­ci­sé­ment à cause de ça. »

« Je vou­lais ex­plo­rer une autre par­tie du Ca­na­da et j’ai pos­tu­lé pour le poste d’écri­vain en ré­si­dence, à la bi­blio­thèque pu­blique de Sas­ka­toon. J’ai pas­sé un an ici et j’ai ado­ré ça. »

LA MEILLEURE QUA­LI­TÉ DE VIE

« De tous les en­droits où j’ai vé­cu, c’est là qu’il y a la meilleure qua­li­té de vie, dit- il. Il n’y a pas au­tant de mu­sées qu’à Pa­ris ou de res­tau­rant qu’à To­ron­to, mais il y a une ac­cu­mu­la­tion de pe­tites choses qui font que c’est fa­vo­rable. Ici, il y a un bon sen­ti­ment de com­mu­nau­té et d’éga­li­ta­risme. J’ai en­vie de conti­nuer à vivre ici et voya­ger. Mais peut-être qu’éven­tuel­le­ment, nous re­vien­drons vivre à Mon­tréal, pour que les en­fants ne perdent pas le fran­çais. »

Les deux pe­tits s’ap­pellent Théo (deux ans et de­mi) et Lo­la (11 mois) et Yann Mar­tel leur parle en fran­çais, tan­dis que sa conjointe, ori­gi­naire d’angleterre, leur parle en an­glais. « C’est vrai­ment un dé­fi, quand on parle une langue mi­no­ri­taire. Une langue est une chose vi­vante, qui doit être nour­rie par tout le monde, par l’air et le sol. C’est un peu dif­fi­cile de faire ça ici. »

COMME D’AL­LER AU LOUVRE

D’une po­pu­la­tion de 230000 ha­bi­tants, Sas­ka­toon est une ville re­la­ti­ve­ment pe­tite, mais qui est très pro­pice au dé­ve­lop­pe­ment d’écri- vains et de peintres. « Il y a une très belle lu­mière ici. L’air est très sec et ça le rend très clair. Avec les Prai­ries, c’est un ter­rain plat où l’on voit des milles et des milles. Quand je me re­trouve en Co­lom­bie-bri­tan­nique, avec les mon­tagnes, je trouve ça un peu claus­tro­pho­bique. »

« Sou­vent, les gens tra­versent le Ca­na­da et ils passent ra­pi­de­ment par la Sas­kat­che­wan en se di­sant que c’est plate. Mais je dis que c’est comme d’al­ler au Louvre et se pré­ci­pi­ter pour al­ler voir la Jo­conde. Les gens ou­blient qu’avant d’ar­ri­ver là, il y a plein d’autres choses à voir. »

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