VI­BRANT hom­mage

Rendre hom­mage à toutes ces grandes dames de la chan­son qui ont pa­vé la voie aux chan­teuses noires contem­po­raines est l'ob­jec­tif que se sont fixé Kim Ri­chard­son et Marie-alice De­pestre pour leur toute nou­velle com­pi­la­tion, Black Di­vas.

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Vé­ro­nique Har­vey Col­la­bo­ra­tion spéciale

Ce pro­jet spécial mi­jo­tait dans la tête de Marie-alice De­pestre de­puis plu­sieurs an­nées, mais elle était loin de se dou­ter que l'op­por­tu­ni­té al­lait se pré­sen­ter aus­si ra­pi­de­ment. C'est en fai­sant part de ses rêves et as­pi­ra­tions à son gé­rant, Ri­chard Samson, qu'elle a sen­ti une sé­rieuse ou­ver­ture de sa part.

« Mon idée, ex­plique-t-elle, était de faire un spec­tacle pour les femmes noires qui ont ou­vert les portes aux chan­teuses comme les Beyon­cé, Ri­han­na, Kim et moi, car si ce n’était pas de Dia­na Ross et Are­tha Frank­lin, on n’au­rait pas pu avoir toutes ces op­por­tu­ni­tés.

« Mon gé­rant m’a ré­pon­du qu’il fal­lait ab­so­lu­ment faire ce pro­jet, donc quand j’ai vu qu’il était sé­rieux et qu’il vou­lait vrai­ment faire ce disque et ce spec­tacle, je me suis dit qu’il fal­lait ab­so­lu­ment que j’ap­pelle Kim, parce que ça fait long­temps qu’on tra­vaille en­semble. »

Après tout, les gens de l'in­dus­trie ont ju­me­lé ces deux chan­teuses qué­bé­coises à plu­sieurs re­prises par le pas­sé, puisque leurs voix se ma­rient à mer­veille, alors pour­quoi chan­ger une for­mule ga­gnante ?

Évi­dem­ment, Kim Ri­chard­son a em­bar­qué dans ce pro­jet sans hé­si­ter, car se­lon elle, « c’est tou­jours un hon­neur de rendre hom­mage aux grandes voix, aux grandes chan­teuses noires de l’époque qui m’ont per­mis de faire ma car­rière au­jourd’hui. »

BEAU­COUP PLUS QU’UNE CHAN­SON

Par contre, ce ne sont pas que ces grandes dames qui sont cé­lé­brées sur cet al­bum, mais aus­si ces chan­sons qui ont su tra­ver­ser les époques et qui se po­si­tionnent au­jourd'hui comme de vé­ri­tables hymnes pour les dif­fé­rentes gé­né­ra­tions.

« Ce sont des chan­sons qui font tel­le­ment par­tie de la culture et pas juste Amé­ri­caine, mais du monde en­tier, pré­cise Marie-alice. Au Qué­bec, lors­qu’on chante I will sur­vive, tout le monde se re­trouve là-de­dans, donc je pense dé­fi­ni­ti­ve­ment que c’est un des singles les plus po­pu­laires au monde. »

Se suc­cède donc sur cet al­bum une sé­rie de hits des plus grandes in­ter­prètes noires de l’his­toire de la mu­sique, dont Sin­ner­man, Ne­ver Can Say Good­bye, Ain’t No Moun­tain High En­ough, My World Is Emp­ty Wi­thout You et plu- sieurs autres.

« Pour cet al­bum-ci, men­tionne Ma­rieA­lice, on s’est concen­tré sur les di­vas des an­nées ’70. On au­rait vou­lu faire Billie Ho­li­day et El­la Fitz­ge­rald éga­le­ment, et ça m’a bri­sé le coeur de ne pas le faire, mais il fal­lait faire des choix. On au­rait vou­lu faire Whit­ney Hous­ton aus­si, mais on vou­lait se concen­trer sur celles qui ont vrai­ment com­men­cé à in­no­ver à tra­vers leur ac­com­plis­se­ment. »

Comme il est dif­fi­cile de mé­lan­ger jazz et r&b, Kim et Marie-alice ont dû faire des choix dé­chi­rants et c’est fi­na­le­ment le r&b qui a rem­por­té la manche. Mais elles n’ex­cluent pas la pos­si­bi­li­té de faire un deuxième al­bum…

De toutes les pièces fi­gu­rant sur cette com­pi­la­tion, deux se po­si­tionnent comme des in­con­tour­nables, soit At Last d’et­ta James et Na­tu­ral Wo­man d’are­tha Frank­lin. Marie-alice et Kim fi­gurent res­pec­ti­ve­ment par­mi les plus grandes ad­mi­ra­trices de ces deux in­ter­prètes qui ont su mar­quer leur gé­né­ra­tion.

« Et­ta James avait tel­le­ment le coeur ou­vert quand elle chan­tait, pré­cise Marie-alice. At Last était sa plus grande chan­son, mais il y en a tel­le­ment d’autres qui viennent me cher­cher. J’ai­mais la fa­çon qu’elle avait de ra­con­ter ses his­toires et j’ai pas­sé des heures à écou­ter Et­ta James, je connais toutes ses chan­sons par coeur. » « Quand Are­tha monte sur scène… Wow ! Tu sens exac­te­ment sa dou­leur. Tout son coeur est là, dans chaque mot. C’est im­pres­sion­nant et ça me touche beau­coup. Je peux écou­ter les al­bums d’are­tha en boucle sans pro­blème et je peux chan­ter Na­tu­ral Wo­man tous les jours, sans ja­mais me tan­ner. »

EN SPEC­TACLE

Mais il faut avouer que c’est tou­jours un chal­lenge d’in­ter­pré­ter des pièces aus­si po­pu­laires que celles-ci, puis­qu’il est tout à fait im­pos­sible d’éga­ler les ver­sions ori­gi­nales. Ain­si, les deux chan­teuses y ont ap­po­sé leur si­gna­ture et ont fait des ver­sions pour le moins sur­pre­nantes de ces pièces-cultes. Il faut en­tendre leur version acous­tique de I Will Sur­vive pour com­prendre toute l’éten­due de leur ta­lent et de leur… au­dace.

D’ailleurs, Kim et Marie-alice en fe­ront la dé­mons­tra­tion le ven­dre­di 11 mai, au Théâtre Co­ro­na, à l’oc­ca­sion d’une soi­rée fes­tive où les spec­ta­teurs sont in­vi­tés à par­ti­ci­per tout au long du spec­tacle.

« Ça groove, ça danse et c’est tou­chant, conclut Kim, donc il faut être prêt à dan­ser, à ta­per des mains, à crier et sur­tout à chan­ter avec nous. »

À no­ter que Marie-alice De­pestre fi­na­lise pré­sen­te­ment la pro­duc­tion de son tout pre­mier al­bum so­lo, à pa­raître d'ici quelques se­maines.

Black Di­vas se­ra en spec­tacle le ven­dre­di 11 mai, au Théâtre Co­ro­na.

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