UN CRI­MI­NEL VE­NU DU FROID

Le Nor­vé­gien Jo Nesbø est un au­teur pro­li­fique dont les ro­mans ont été tra­duits en 35 langues, pu­bliés dans 140 pays et ven­dus à plus de 8,5 mil­lions d’exem­plaires. Il n’est donc pas éton­nant que Chas­seurs de têtes, de Jo Nesbø, pu­blié en 2008, soit por­té

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI

Der­rière la ca­mé­ra : le réa­li­sa­teur Mor­ten Tyl­dum. De­vant, on trouve Ak­sel Hen­nie, la nou­velle ve­nue Synnøve Ma­co­dy Lund et Ni­ko­laj Cos­ter-wal­dau (l’ex­cellent in­ter­prète de Ja­mie Lan­nis­ter dans le non moins ex­cellent Le trône

de fer).

« C’est un ca­niche qui es­saye de de­ve­nir le chef de meute », a dit Ak­sel Hen­nie de son per­son­nage de Ro­ger Brown aux mé­dias amé­ri­cains il y a quelques se­maines, le long-mé­trage ayant été pré­sen­té chez nos voi­sins du sud dans quelques villes. « Il aime ses cos­tumes faits sur me­sure, sa voi­ture et toutes ses pos­ses­sions ma­té­rielles, mais, dans le fond, il n’est qu’un pe­tit qui veut être grand. »

POUR UN RU­BENS

Ro­ger Brown est un chas­seur de têtes pé­dant, per­sua­dé de sa su­pé­rio­ri­té, qui consi­dère les autres comme des in­sectes sans in­té­rêt. Ma­rié à Diane (Synnøve Ma­co­dy Lund), une femme su­perbe, il vole les oeuvres d’art de ses clients pour vivre dans le luxe.

Lors de l’ou­ver­ture de la ga­le­rie de sa douce, il ren­contre Clas Greve (Ni­ko­laj Cos­ter-wal­dau), un an­cien mer­ce­naire qui a un Ru­bens en sa pos­ses­sion. Mal­gré les risques, la ten­ta­tion est trop forte. Mais cette simple dé­ci­sion chan­ge­ra à ja­mais sa vie, Greve se ré­vé­lant plus

GAR­DER L’ES­PRIT DU RO­MAN

co­riace que ses autres vic­times et au­tre­ment plus ma­chia­vé­lique !

« Les cinq pre­mières pages du scé­na­rio sont un thril­ler, puis on passe au drame, on re­vient en­suite au sus­pense avant de pas­ser à la co­mé­die. C’est un mé­lange de tous les genres, et ce, grâce au style de Jo Nesbø », a dit l’ac­teur pour ex­pli­quer ce qui l’avait pous­sé à ac­cep­ter ce rôle.

« Dès les pre­mières pages, j’ai tout de suite haï Ro­ger. Il est tout ce que je dé­teste chez un être hu­main. Il ment, il vole, il triche. Par quoi sa chute est-elle pro­vo­quée ? Par le fait qu’il est mal­hon­nête, en­vers lui-même et en­vers les autres. »

Comme dans toutes les adap­ta­tions lit­té­raires, le plus dur a été de conser­ver l’es­prit du ro­man po­li­cier tout en en fai­sant un film à part en­tière. Un dé­fi que Mor­ten Tyl­dum a re­le­vé.

« Une bonne adap­ta­tion se li­bère du ro­man à un cer­tain mo­ment. Il faut com­prendre et vrai­ment res­pec­ter l’es­prit du livre, l’at­mo­sphère, les per­son­nages, l’in­ten­tion, mais il faut prendre l’ou­vrage puis le lais­ser de cô­té », a dit le réa­li­sa­teur, qui a ren­con­tré l’écri­vain pour lui de­man­der la per­mis­sion de s’ap­pro­prier cette his­toire.

« Au ci­né­ma, on tra­vaille la sur­prise et la ten­sion d’une ma­nière com­plè­te­ment dif­fé­rente de la lit­té­ra­ture. Jo Nesbø est un au­teur mer­veilleux et j’adore Chas­seurs

de têtes, le po­lar, mais il y a quelques dé­tails aux­quels je n’avais pas pen­sé en le li­sant, tout sim­ple­ment parce qu’il écrit in­tel­li­gem­ment. Or, quand on tourne cer­taines scènes, ça ne marche tout simple- ment plus, il faut alors trou­ver une autre ma­nière de faire pas­ser l’in­for­ma­tion. »

Chas­seurs de têtes ( Headhunters) prend l’af­fiche au Qué­bec le 11 mai pro­chain.

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