MI­CHEL TREM­BLAY de mul­tiples suc­cès à l’étran­ger

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE -

Ce­lui qui ne compte plus les suc­cès à l’étran­ger croit que cer­tains pays sont plus ou­verts que d’autres à nos oeuvres. Ses pièces sont jouées un peu par­tout dans le monde de­puis 30 ans. Il y a eu plus de 450 re­pré­sen­ta­tions des Belles-soeurs à tra­vers le monde.

« Le constat est tout de même amu­sant ce­pen­dant, car les pays où je suis le moins joué, sont les pays fran­co­phones. En grande par­tie à cause de la langue, fait re­mar­quer Mi­chel Trem­blay. Mes pièces sont pour­tant tra­duites en 35 langues étran­gères. Néan­moins, en France, c’est mal vu pour un ac­teur de prendre un ac­cent qué­bé­cois. D’une cer­taine fa­çon, c’est d’avouer ses ra­cines pro­vin­ciales. »

Ses pièces ne sont pas jouées en France par des pro­duc­teurs fran­çais, à l’ex­cep­tion d’une pièce où l’on a fait un amé­na­ge­ment de texte en chan­geant cer­tains mots afin que les Fran­çais puissent mieux com­prendre.

« Nos ac­teurs qué­bé­cois ap­prennent à par­ler le fran­çais de Mo­lière ou le fran­çais in­ter­na­tio­nal, mais les ac­teurs fran­çais ont beau­coup de mal à prendre des ac­cents dif­fé­rents du leur », ra­conte Mi­chel Trem­blay.

La pre­mière fois qu’on a pré­sen­té les Belles-soeurs en France avec des ac­teurs qué­bé­cois, les Fran­çais di­saient avoir de la dif­fi­cul­té à com­prendre au dé­but de la pièce, mais pro­gres­si­ve­ment, ils s’y fai­saient. « Il y a des mots sur les­quels ils butent, mais ce­la n’em­pêche pas de com­prendre le sens de la pièce. D’autre part, mes livres sont peu ven­dus en France, car les Fran­çais ont peur de dé­pen­ser 20 eu­ros pour un livre qu’ils ne vont peut-être pas com­prendre, » sou­ligne l’au­teur.

EN­CORE UNE FOIS, SUC­CÈS AC­TUEL

Au théâtre, Mi­chel Trem­blay a beau­coup plus de suc­cès ailleurs dans le monde. Son grand suc­cès, ces temps-ci, c’est la pièce, En­core une fois, si vous per­met­tez, qui est jouée dans pra­ti­que­ment tous les pays d’amé­rique du Sud. « Et pour dé­mon­trer toute l’im­por­tance de la sub­ti­li­té de la langue, chaque pays d’amé­rique la­tine, où l’on parle l’es­pa­gnol a sa propre tra­duc­tion, pré­cise Mi­chel Trem­blay ».

C’est en par­tie grâce au Centre des au­teurs, qui a or­ga­ni­sé des lec­tures, que ses pièces ont été ré­vé­lées. « Ma pre­mière pièce, qui a été tra­duite vers l’an­glais, a été jouée à To­ron­to ce qui a ou­vert une porte vers les États-unis, qui est une ou­ver­ture vers le monde », dit-il. C’est ain­si qu’il a eu la chance d’être vu par un pro­duc­teur étran­ger. Sa pièce Ho­san­na a même été jouée à Broad­way.

« On sait que les Amé­ri­cains sont très pro­tec­tion­nistes en­vers leur propre créa­tion, et sou­vent ré­ti­cents en­vers tout ce qui est étran­ger, ce n’est donc pas fa­cile de per­cer dans ce mar­ché. D’ailleurs, mes livres qui sont ven­dus à tra­vers le monde sont peu ven­dus aux États-unis. »

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