STÉPHANE ROUSSEAU DE RE­TOUR CHEZ LUI

Après une tour­née de 200 shows qui l’ont­me­né aux quatre coins de la France, Stéphane Rousseau est de re­tour chez lui au Qué­bec, pour y res­ter un bon bout de temps. Il re­trouve sa mai­son des Lau­ren­tides, où il veut vivre jus­qu’à la fin de ses jours, ses pr

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Agnès Gau­det AGNES.GAU­DET@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

Cette tour­née française à bord d’un gros au­to­bus de luxe avec son équipe fran­co­qué­bé­coise, Stéphane Rousseau la dé­signe comme une « ex­pé­rience d’équipe gé­niale ». Avec sa gang de tech­ni­ciens, l’hu­mo­riste a pré­sen­té son show par­tout, y com­pris dans les im­menses Zé­nith de France, ain­si qu’en Suisse et en Bel­gique.

« On était aux pe­tits oi­seaux, dit-il, dans ce beau tour bus. Une gang de gars qui s’en­ten­daient bien, un beau mix de culture et d’ac­cent dif­fé­rents, un beau trip.

« Sou­vent, où il y a des hu­mains, il y a de l’hu­mai­ne­rie. Mais entre nous, il n’y a pas eu une seule chi­cane. Je leur avais dit : « Dès qu’il y a quelque chose, ve­nez me voir. C’est im­por­tant d’être heu­reux. J’ai joué un peu le rôle de père de fa­mille. »

L’hu­mo­riste a cé­lé­bré la fin de la tour­née Les Confes­sions de Stéphane Rousseau, dans un res­to à la mode de Pa­ris, où il a dé­jà été DJ. Il or­ga­ni­sait un autre par­ty, cette se­maine à Mon­tréal, avec ses col­la­bo­ra­teurs qué­bé­cois, une sorte de re

vi­val, ques­tion de ra­vi­ver la flamme des troupes avant de re­prendre la tour­née qué­bé­coise.

PANNE ET TRIS­TESSE

L’hu­mo­riste ar­rive au Qué­bec, la tête rem­plie de sou­ve­nirs qui res­te­ront mar­qués dans sa mé­moire long­temps. Il n’ou­blie­ra pas cette nuit, no­tam­ment, où le fa­meux au­to­bus de luxe est tom­bé en panne à trois heures du ma­tin et que toute la troupe a dû sor­tir de­hors sous la pluie, sur une route très pas­sante, jus­qu’à ce qu’on re­morque le vé­hi­cule au pe­tit ma­tin.

« Ça ne fai­sait pas très gla­mour, se sou­vient en riant Stéphane. En plus, on par­tait pour la Suisse. On a chan­gé d’au­to­bus et même si on n’avait presque pas dor­mi, les gars ont mon­té le dé­cor et je suis mon­té sur scène.

« Dans les mo­ments dif­fi­ciles, on puise quelque part une éner­gie in­soup­çon­née. On a don­né ce soir-là un show ex­tra­or­di­naire. »

Autre évé­ne­ment in­usi­té, Stéphane Rousseau a dû faire son spec­tacle à Tou­louse, au len­de­main de la tue­rie du col­lè- ge juif, le 19 mars, où trois en­fants et un adulte ont trou­vé la mort.

« Ce jour-là, je de­vais faire les cinq der­nières mi­nutes du bul­le­tin de nou­velles sur France 2, qu’ils consacrent tou­jours à un hu­mo­riste. Quand je suis arrivé en stu­dio, c’était le branle-bas de com­bat, l’apo­ca­lypse, ra­conte Stéphane. Ils m’ont dit : « Vous tom­bez vrai­ment mal. On vous de­man­de­rait une cer­taine re­te­nue. »

Le len­de­main, alors qu’on ve­nait tout juste d’iden­ti­fier le tueur, Stéphane mon­tait quand même sur la scène du Zé­nith de Tou­louse.

« J’ai failli an­nu­ler, mais les gens étaient là. Trois milles per­sonnes com­plè­te­ment sur le choc, dans un Zé­nith sé­cu­ri­sé au maxi­mum. J’ai par­lé aux gens. J’ai dé­dié le show aux vic­times. On avait peur, mais on a fait le show et le pu­blic a bien ré­agi.

« C’était tel­le­ment trou­blant de faire de l’hu­mour dans un tel contexte. J’étais tel­le­ment triste. C’était très émou­vant », avoue-t-il.

BON P’TIT PA­PA

De re­tour au Qué­bec, Stéphane a re­trou­vé la paix de sa mai­son des Lau­ren­tides qu’il pos­sède de­puis seize ans.

« J’es­père vivre là jus­qu’à la fin de ma vie, constate-t-il. J’adore la na­ture, c’est pour moi un grand res­sour­ce­ment qui me per­met de connec­ter avec ma fa­mille, mes ra­cines. J’aime mar­cher dans le bois, râ­cler sur le ter­rain, ça me connecte di- rec­te­ment avec mon en­fance. J’ai tel­le­ment joué aux cow­boys et aux ex­plo­ra­teurs quand j’étais pe­tit. »

Ce re­tour aux sources est aus­si l’oc­ca­sion de voir son jeune fils plus sou­vent. Pour ses tour­nées fran­çaises, Stéphane s’ab­sente du Qué­bec, par­fois jus­qu’à trois se­maines d’af­fi­lée et il s’en­nuie d’axel. Au Qué­bec, il rat­trape le temps per­du.

« Des fois, je l’em­me­nais, ex­plique-t-il, mais je pré­fère pour lui la sta­bi­li­té. Heu­reu­se­ment qu’il y a Skype. ll peut me voir et me par­ler. Il ne m’ou­blie pas. Ça gran­dit tel­le­ment vite à cet âge-là.

« Mais quand je le prends, je suis là que pour lui. On se donne beau­coup d’amour et d’af­fec­tion. On trippe. Axel est un gar­çon gen­til et doux, as­sez po­sé, un peu comme moi pe­tit, qui n’étais pas très té­mé­raire. On joue de­hors. Je l’em­mène par­tout faire les courses. J’adore man­ger en tête à tête avec lui au res­to. On peint des toiles en­semble. Il les com­mence et je les conti­nue. Je lui donne des cours de pia­no et pour lui… je suis bon !

« Je crois que je suis un bon p’tit pa­pa, conclut-il quand on lui pose la ques­tion. Ré­cem­ment, j’ai en­le­vé ses bar­reaux de lit. Il est tom­bé en bas, mais j’avais mis des oreillers et des cous­sins par terre. Il ne s’est même pas ré­veillé ! »

« Ça va être un grand gars. Il va avoir des bonnes mains et des bonnes épaules. Il va être cos­taud. »

PHO­TO LE JOUR­NAL DE MON­TRÉAL, PIERRE PAUL POU­LIN

√ Stéphane Rousseau, chez lui pour un bon bout de temps.

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