PLEIN DE RÊVES EN TÊTE

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Agnès Gau­det Le Jour­nal de Mon­tréal

Mal­gré le suc­cès, Stéphane Rousseau a en­core plu­sieurs rêves à réa­li­ser. L’un d’eux est son ex­po­si­tion de pein­tures qu’il pré­pare pour cet au­tomne à Mon­tréal.

On a dé­jà vu ses su­perbes des­sins. On ver­ra bien­tôt ses toiles. Stéphane Rousseau, pas­sion­né du pin­ceau et du crayon, se dé­voi­le­ra en­fin à Mon­tréal, où il compte ex­po­ser près de 25 toiles de grands for­mats, cet au­tomne. Il avait dé­jà ex­po­sé des toiles à Trois-ri­vières et des aqua­relles à Lé­vis, cette fois il s’ex­pose à Mon­tréal.

« Je fais le grand saut, dit-il, et ça m’in­quiète. Mais je n’ai pas le choix. J’aime trop ça. »

Stéphane Rousseau a tou­jours une oeuvre en cours de route. Qu’il soit à son ate­lier im­pro­vi­sé dans son ap­par­te­ment pa­ri­sien où dans l’ate­lier de sa mai­son des Lau­ren­tides, où il peut se per­mettre de « beur­rer par­tout ».

« Mes des­sins sont plus éla­bo­rés, mes toiles plus brutes, ex­plique-til. Par­fois je m’at­tarde à d’in­fi­nis dé­tails, par­fois je donne de gros coups de spa­tule. Je me dé­foule vrai­ment. »

L’hu­mo­riste fait aus­si de l’art nu­mé­rique par or­di­na­teur, une for­mule plus pra­tique pour lui, lors de ses voyages, alors qu’il dort à l’hô­tel.

« C’est de plus en plus connu et ap­pré­cié », dit-il.

Stéphane Rousseau aime beau­coup les arts vi­suels et il s’ar­rête sou­vent dans les mu­sées et ga­le­ries d’art pour ad­mi­rer les oeuvres.

« Je pour­rais de­ve­nir col­lec­tion­neur, dit-il. J’aime les ob­jets d’arts, ça me fait du bien et j’aime ache­ter des trucs qui sont loin de mon uni­vers. Je vou­lais ache­ter une oeuvre de l’ar­tiste fran­çais Ri­chard Or­lins­ki, re­con­nu pour ses cro­co­diles et j’en ai re­çu un en ca­deau, un go­rille. Je suis chan­ceux. »

QUÊTE PER­PÉ­TUELLE

Tout semble réus­sir à Stéphane Rousseau et il re­con­naît sa chance. Tou­te­fois, il rap­pelle que le mer­veilleux mé­tier qu’il exerce compte aus­si ses dif­fi­cul­tés.

« Je me sens tou­jours comme un dé­bu­tant, confie-t-il, avec beau­coup de ba­gages. J’ai tel­le­ment de rêves à réa­li­ser, de choses à faire. J’ai beau­coup d’ex­pé­rience, mais en même temps, je dois m’en dé­faire com­plè­te­ment, me ré­in­ven­ter à chaque fois. C’est une quête per­pé­tuelle.

« Je trouve ce mé­tier exal­tant, sauf qu’on est tou­jours dans les va­lises, sauf qu’on se de­mande tou­jours si les gens aiment ce que tu fais, sauf qu’on se de­mande tou­jours si on va conti­nuer à te pro­po­ser des choses, sauf qu’il faut tou­jours faire des choix, énu­mère-t-il.

« Et puis, on veut res­ter dans la course, ne pas être dé­pas­sé, à cô­té de tous ces jeunes pleins de ta­lent. C’est un mé­tier pas­sion­nant, mais an­gois­sant. »

En pé­riode de pro­duc­tion pour le Ga­la fran­çais de Juste pour rire, l’hu­mo­riste avoue s’être re­trou­vé de­vant une page blanche.

« Tu te dis : « Un mo­ment don­né il va fal­loir trou­ver un fi­lon ». Et tout à coup t’es as­sis dans ton char et « paf ! ». Tu trouves.

« Si tu ne cherches pas, tu ne trouves pas. Il faut ten­ter d’écrire, ten­ter de des­si­ner et de peindre. »

RÊVES DE GRANDS RÔLES

Stéphane Rousseau, 45 ans n’est plus le jeune pre­mier d’an­tan, mal­gré son vi­sage en­core ju­vé­nile.

« Je ne suis plus jeu­not, ad­met-il avec hu­mour. Je le sens quand je me re­garde dans le mi­roir, quand je me lève le ma­tin, quand je m’étire quelque chose dans le dos ! »

Mais peu im­porte la qua­ran­taine, Stéphane a plein de pro­jets en tête. Il rêve de grands rôles au ci­né­ma et il sait que ce mé­tier peut ré­ser­ver plein de sur­prises.

« Je ne vais pas m’as­seoir sur les lau­riers des In­va­sions bar­bares, dit-il. Claude Blan­chard, après des an­nées dans l’ombre s’est ré­vé­lé dans Omer­tà. Il y a une vieille ac­trice - dont j’ai ou­blié le nom- qui a dé­cro­ché le rôle de sa car­rière, à 85 ans. Elle l’avait at­ten­du toute sa vie. On ne sait pas à quoi s’at­tendre avec ce mé­tier. Il n’y a pas de li­mites. C’est la beau­té de ce mé­tier-là. »

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