BOR­DEAUX

Le maire de Qué­bec est tom­bé à ce point sous le charme de Bor­deaux, qui cé­lèbre cette an­née 50 ans de ju­me­lage avec sa ville, qu’il en a ra­me­né cer­tains at­traits par­mi les plus pri­sés et se pro­met d’y re­tour­ner plus sou­vent.

Le Journal de Montreal - Weekend - - VACANCES - Ka­rine Ga­gnon Col­la­bo­ra­tion spéciale

Sous le charme

de

« Vous n’y aviez pas pen­sé à celle-là », ri­gole Régis La­beaume en se frot­tant les mains, tout fier d’avoir an­non­cé un mi­roir d’eau sur la pro­me­nade Sa­muel-de-cham­plain – plu­tôt que de­vant l’hô­tel de Ville – avant son dé­part pour Bor­deaux, en mars.

Lorsque le maire s’est ren­du dans la ca­pi­tale gi­ron­dine en 2010, pour pré­pa­rer les 50 ans du ju­me­lage et par­ti­ci­per à Bor­deaux fête le vin, où Qué­bec était ville-ve­dette, il a mul­ti­plié les coups de coeur.

Il a ra­me­né le car­rou­sel des al­lées de Tour­ny (Qué­bec ac­cueille­ra son ju­meau au prin­temps 2013) et l’évé­ne­ment Bor­deaux fête le vin se trans­por­te­ra à Qué­bec en sep­tembre pro­chain.

Sans ou­blier le fa­meux mi­roir d’eau, site de­ve­nu in­con­tour­nable tant pour les Bor­de­lais que pour les tou­ristes.

PRO­ME­NADE SUR LES QUAIS

Amé­na­gé en 2006, face à place de la Bourse, entre les quais de la Douane et LouisXVIII, le mi­roir d’eau s’avère le plus grand du monde. Sauf pen­dant l’hi­ver, où on le garde à sec, on peut y voir s’y re­flé­ter les bâ­ti­ments se trou­vant der­rière, de même que la fon­taine des Trois Grâces.

L’été, le jour, on y re­trouve les pro­me­neurs du Port de la lune et tout plein d’en­fants qui viennent s’y ra­fraî­chir sous les re­gards amu­sés des ba­dauds. Le soir, l’éclai­rage fort réus­si des bâ­ti­ments de la place de la Bourse s’y re­flète avec splendeur. « Se pro­me­ner le long des quais de la Ga­ronne, au quai de la Lune, c’est ex­tra­or­di­naire », consi­dère le maire.

C’est d’ailleurs l’un des points forts de Bor­deaux, se­lon M. La­beaume : c’est une ville où il fait bon vivre. « Ce n’est pas pour rien qu’il y a un ju­me­lage entre nos deux villes, c’est parce qu’il y a plu­sieurs points en com­mun : la mise en va­leur des es­paces verts, les rues pié­tonnes, la di­men­sion hu­maine, sa beau­té, son fleuve », énu­mère-t-il.

TOUR EN TRAM­WAY

Si­tué en plein coeur de l’en­semble ur­bain clas­sé au patrimoine mon­dial de L’UNESCO, le mi­roir s’est im­po­sé comme un élé­ment cen­tral de l’amé­na­ge­ment des quais. Cette opé­ra­tion a lit­té­ra­le­ment mé­ta­mor­pho­sé la ville.

Le maire de Qué­bec marche tous les jours, ques­tion de te­nir la forme. À Bor­deaux, il ap­pré­cie la rue Sainte-ca­the­rine, in­ter­dite aux voi­tures, la place des Quin­conces et bien sûr, la Place de la Bourse. Le tout s’est en ef­fet ac­com­pa­gné de la res­tau­ra­tion des fa­çades noir­cies par les an­nées, puis de la mise en ser­vice du tram­way. Ce der­nier sillonne si­len­cieu­se­ment la ville sur près de 50 km. Une autre idée que le maire sou­haite ex­por­ter à Qué­bec, se­lon un concept dif­fé­rent et plus mo­derne. Le tram­way per­met d’ac­cé­der fa­ci­le­ment, ra­pi­de­ment et à peu de frais aux dif­fé­rents at­traits en ville. Si on sou­haite dé­cou­vrir la cam­pagne ou les vi­gnobles en­vi­ron­nants, on se rend du centre-ville à la gare Saint-jean en moins de 20 mi­nutes. À par­tir de là, on saute dans un train et le tour est joué en moins d’une heure pour l’en­semble du tra­jet.

PLUS BELLE VUE

Dans la fou­lée de ce grand ré­amé­na­ge­ment, les bords de la Ga­ronne, sur les deux rives, ont été li­bé­rés des han­gars et de la cir­cu­la­tion au­to­mo­bile. Il est d’ailleurs fort re­com­man­dé de tra­ver­ser le pont de pierre (avec le tram­way, c’est l’idéal), pour se rendre dans le quar­tier de la Bastide. En lon­geant la pro­me­nade, le long du fleuve, on pro­fite du plus beau point de vue sur Bor­deaux, sur­plom­bée par le clo­cher de la ba­si­lique Saint-mi­chel. Le tout pré­cé­dé du fa­meux pont de pierre, construit au dé­but du 19e siècle sur ordre de Na­po­léon Ier et clas­sé mo­nu­ment his­to­rique.

RUES PIÉ­TONNES

Quant aux ama­teurs de « shop­ping », comme disent nos cou­sins fran­çais, les rues Sainte-ca­the­rine et la porte Di­jeaux re­gorgent de bou­tiques de vê­te­ments, chaus­sures, gâ­te­ries et ar­ticles pour la mai­son qu’on ne trouve pas chez nous.

Le maire La­beaume a par­ti­cu­liè­re­ment ap­pré­cié que la rue Sainte-ca­the­rine soit pié­ton­nière. Il sou­hai­te­rait d’ailleurs ac­croître le nombre d’ave­nues fer­mées aux au­to­mo­bi­listes l’été, à Qué­bec. Il songe no­tam­ment à l’ave­nue Car­tier, mais jure qu’il ne fe­ra rien sans l’ac­cord des com­mer­çants.

Les Qué­bé­cois ont en fait plu­sieurs rai­sons d’ap­pré­cier Bor­deaux, es­time M. La­beaume. « Il y a un peu de chez nous là-bas, on y est ac­cueillis en amis, on se sent chez nous. »

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