PRÉ­SU­MÉ COU­PABLE

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA -

Un ma­tin de no­vembre 2001, sous la conduite d'un juge d'ins­truc­tion, des po­li­ciers dé­barquent chez Alain Ma­ré­caux. Pour ce huis­sier de jus­tice et père de fa­mille, c'est le dé­but d'un ef­froyable cau­che­mar. Faus­se­ment ac­cu­sé d'agres­sions sexuelles sur des mi­neurs dans le cadre des ac­ti­vi­tés d'un ré­seau de pé­do­philes sé­vis­sant dans le nord de la France et en Bel­gique, Ma­ré­caux clame haut et fort son in­no­cence. Mal­gré le sou­tien de sa fa­mille et le dé­voue­ment de son avo­cat, il est condam­né à la pri­son. Psy­cho­lo­gi­que­ment af­fec­té, mais ré­so­lu à prou­ver son in­no­cence, il ré­clame une pro­cé­dure d'ap­pel, en vain. De­vant l'aveu­gle­ment du juge d'ins­truc­tion, il en­tame une grève de la faim.

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Alain Ma­ré­caux fut vic­time d'une des pires er­reurs ju­di­ciaires de l'his­toire de la France. Son ré­cit bou­le­ver­sant a ins­pi­ré à Vincent Ga­renq ( Comme les autres) un film qui l'est tout au­tant. La trans­po­si­tion res­pecte avec ri­gueur le point de vue de ce faux cou­pable, au moyen d'une ca­mé­ra de proxi­mi­té, en­fer­mée dans le même es­pace que lui. Ce par­ti pris exem­plaire, qui té­moigne de la sym­pa­thie du ci­néaste en­vers ce hé­ros tra­gique, sus­cite éga­le­ment celle du spec­ta­teur. Le ci­néaste pri­vi­lé­gie du reste un style dé­pouillé, de fa­çon à mettre à nu, une à une et sans coups de gueule, les er­rances ju­di­ciaires et les men­songes ter­ribles qui ont ca­rac­té­ri­sé cette triste af­faire. Avec un aban­don to­tal et une dis­ci­pline de fer - l'ac­teur a per­du beau­coup de poids pour pou­voir jouer le rôle -, Phi­lippe Tor­re­ton ( Les Rois mau­dits), en os­mose avec ce per­son­nage d'homme bles­sé, livre une des plus grandes in­ter­pré­ta­tions de sa car­rière.

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