FAUST, AVEC LE PÈRE ET LE FILS

L’opé­ra de Mon­tréal clô­tu­re­ra sa 32e sai­son en pré­sen­tant, dès le 19 mai, la my­thique pro­duc­tion Faust, du com­po­si­teur fran­çais Charles Gou­nod, re­vi­si­tée par la créa­ti­vi­té du met­teur en scène Alain Gau­thier.

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Marie-jo­sée Roy Agence QMI

C’est le duo père-fils Guy et An­toine Bé­lan­ger qui tien­dra le rôle-titre de cette nou­velle version du clas­sique da­tant de 1859. Le tan­dem de té­nors in- car­ne­ra les deux fi­gures du dés­illu­sion­né Faust : d’abord, celle, plus âgée, qui com­met un pacte avec le diable et cède son âme en échange de la jeu­nesse éter­nelle, et la se­conde, dans la fleur de l’âge, qui sé­duit, puis aban­donne la belle et pure Mar­gue­rite.

Pour une rare fois, les deux vi­sages du lé­gen­daire per­son­nage se cô­toie­ront sur les planches, sans dis­tinc­tion d’époques ni cou­pures tem­po­relles. « L’homme face à la vieillesse est le mythe de Faust, sur­tout en 2012, a dit Guy Bé­lan­ger. Ce mythe de­vient réa­li­té à notre époque, où l’homme se re­fuse à vieillir. Sur scène, je se­rai en quelque sorte la vieillesse d’an­toine, et lui, ma jeu­nesse ! De mé­moire, ce­la ne s’est ja­mais fait. »

« Notre voix n’est pas tout à fait pa­reille, mais le grain est là, a ren­ché­ri An­toine. Il y a des si­mi­li­tudes. De plus, on a à peu près la même gran­deur, on se res­semble, on bouge pa­reil… Ça aide à faire le lien. »

« J’ap­pré­cie beau­coup la mise en scè- ne d’alain Gau­thier, qui n’a pas peur de sor­tir des sen­tiers tra­di­tion­nels, avec un grand res­pect de la mu­sique, a ajou­té Guy Bé­lan­ger. Il mo­tive ma­gni­fi­que­ment son équipe. C’est un réel plai­sir de tra­vailler avec lui. »

HIS­TOIRE DE FA­MILLE

Ces der­nières an­nées, Guy Bé­lan­ger a sou­vent di­ri­gé ses gar­çons, An­toine et Vincent, à titre de chef d’or­chestre. Tan­dis que le pre­mier a étu­dié le chant ly­rique, son frère fait pour sa part car­rière comme vio­lon­cel­liste. « Je me consi­dère comme un père com­blé, s’est ré­joui ce­lui qui a joué Faust pour la pre­mière fois à l’âge de 20 ans, sous la di­rec­tion de son propre pa­triarche, Ed­win Bé­lan­ger. Il est sou­vent dif­fi­cile de tra­vailler en fa­mille, mais pas pour nous. Nous avons tou­jours beau­coup de plai­sir à tra­vailler en­semble. Nous sen­tons la mu­sique de la même fa­çon ; il n’est donc pas dif­fi­cile de se suivre mu­tuel­le­ment. Je suis tou­jours ému de par­ta­ger la scène avec mes fils. »

« Mon père est exi­geant, mais il n’est pas sé­vère, a dit An­toine Bé­lan­ger. On a une belle re­la­tion. Qu’on fasse de la mu­sique ou qu’on tra­vaille dans ma cave, il n’y a pas de dif­fé­rence! Il m’aide, me donne des trucs et me cor­rige, mais c’est tou­jours agréable. Et là, de jouer le même rôle en même temps… Ce se­ra un mo­ment in­ou­bliable, au­tant pour lui que pour moi. »

L’opé­ra Faust, qui met en ve­dette An­toine et Guy Bé­lan­ger, tien­dra l’af­fiche de la Salle Wil­frid-pel­le­tier de la Place des Arts jus­qu’au 26 mai.

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