théâtre

Cla­ra Fu­rey

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Louise Bour­bon­nais Col­la­bo­ra­tion spéciale

Elle n’est pas que la fille de Ca­role Laure. Cla­ra Fu­rey, en plus d’avoir fait des études de pia­no clas­sique de ni­veau su­pé­rieur au Con­ser­va­toire mu­ni­ci­pal de Pa­ris, est di­plô­mée des Ate­liers de danse mo­derne de Mon­tréal. L’au­teure-com­po­si­trice et in­ter­prète est éga­le­ment chan­teuse. Elle a aus­si joué dans trois films, dont Tout près du sol, réa­li­sé par Ca­role Laure. De­puis, elle en­chaîne éga­le­ment les spec­tacles de danse et de théâtre, tout en peau­fi­nant son ré­per­toire mu­si­cal.

Be­noît Lac­hambre aime, pour sa part, in­tro­duire l’as­pect so­ma­tique dans ses créa­tions. Il évo­lue dans l’uni­vers de la danse de­puis les an­nées 1970. D’ailleurs, le cho­ré­graphe-in­ter­prète qué­bé­cois a mar­qué la scène eu­ro­péenne au cours de la der­nière dé­cen­nie. Il or­ga­nise éga­le­ment des ate­liers sur l’éveil des sens de­puis une quin­zaine d’an­nées.

RĀMĀYA­NA

« Le spec­tacle Chutes in­can­des­centes est d’abord une ins­pi­ra­tion d’un livre que j’ai lu qui ra­conte le par­cours du prince Rā­ma. Ce der­nier a d’ailleurs tué le dé­mon Rā­va­na, ra­conte Be­noît Lac­hambre. De­puis une ving­taine d’an­nées, je suis mar­qué par de puis­sants rêves qui sont le re­flet de cette lec­ture. J’avais rê­vé à ces thèmes bien avant d’en lire les propos. C’est en tra­vaillant avec le met­teur en scène Ong Keng Sen que j’ai dé­cou­vert le Rāmāya­na. Il li­sait des pas­sages alors que je dan­sais. »

« Le Rāmāya­na, comme d’autres textes an­ciens, semble dé­voi­ler la source de l’in- conscient col­lec­tif, pro­fon­dé­ment an­cré dans l’hu­ma­ni­té. »

Le cho­ré­graphe tente de nous faire com­prendre, à tra­vers ce spec­tacle, l’in­évi­table chute in­can­des­cente de Rā­va­na et la ri­chesse des fon­de­ments orien­taux où vont se joindre l’amour, la spi­ri­tua­li­té et la sexua­li­té. « Se­lon ce concept, j’ai trans­po­sé mes rêves de ma­nière un peu poé­tique pour ce so­lo que j’ai trans­mis à Cla­ra, qu’elle a par­fai­te­ment mis en mu­sique. »

« J’ai sou­hai­té tra­vailler avec Be­noît Lac­hambre après avoir vu sa pièce Lu­gares co­munes, sou­ligne Cla­ra Fu­rey. C’est plus par­ti­cu­liè­re­ment son tra­vail d’état qui m’a in­ter­pel­lé da­van­tage que la cho­ré­gra­phie. »

Ce spec­tacle de­vait d’abord être pré­sen­té en 2010, mais a dû être an­nu­lé en rai­son d’une bles­sure qu’avait su­bie Cla­ra Fu­rey à l’époque. « Le spec­tacle a évo­lué de­puis, alors que je de­vais per­for­mer en so­lo. Voi­là que nous sommes main­te­nant tous les deux sur scène », ajoute-t-elle.

Ce qui est par­ti­cu­lier des cho­ré­gra­phies de Be­noît Lac­hambre est qu’il pro­pose des mou­ve­ments qui pro­viennent de l’être, rien n’est mé­ca­nique. « Nous avons in­tro­duit le chant, c’est une ex­ten­sion de mon corps. »

C’est d’ailleurs Cla­ra Fu­rey qui a pris en charge la di­rec­tion mu­si­cale. « Be­noît n’est pas mu­si­cien, mais il a une bonne oreille. Il contrôle sa voix mieux que beau­coup de chan­teurs pro­fes­sion­nels », fait re­mar­quer Cla­ra, la dame aux mul­tiples ta­lents.

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