Une ferme-au­berge ou une villa en Tos­cane

Le Journal de Montreal - Weekend - - VACANCES - Paul Si­mier Col­la­bo­ra­tion spéciale paul.si­mier@que­be­cor­me­dia.com fa­ce­book.com/ paul­si­mier

SAN GIMIGNANO, Tos­cane (Ita­lie) | Tout n’est que dou­ceur dans la cam­pagne tos­cane. Les monts du Chian­ti, éro­dés, font le gros dos. Les col­lines, om­ni­pré­sentes, sont tout en har­mo­nie. Les val­lées, culti­vées jusque dans les moindres re­coins, com­posent des pa­lettes aux cou­leurs sans cesse re­nou­ve­lées. Le vi­si­teur peut choi­sir de s’ins­tal­ler au coeur de cette ex­cep­tion­nelle na­ture soi­gneu­se­ment en­tre­te­nue. Les for­mules d’ac­cueil abondent dans ce mi­lieu ru­ral fort in­vi­tant.

En par­cou­rant la Tos­cane, même les plus bla­sés ne se lassent pas de contem­pler les pay­sages. Quelle que soit la lu­mi­no­si­té, cette na­ture do­mes­ti­quée de­puis l’an­ti­qui­té nous pré­sente des ta­bleaux aux mul­tiples nuances.

Les vignes, taillées basses, ac­ca­parent les co­teaux dans un par­fait ali­gne­ment. Au prin­temps, leur frêle feuillage vert tendre pa­raît comme presque trans­pa­rent sous le so­leil.

Dans les val­lées, les champs de col­za au jaune brillant com­posent avec le vert des pâ­tures et des par­celles de cé­réales, un da­mier de na­ture à fi­gu­rer dans une com­po­si­tion pic­tu­rale. Des cy­près à la silhouette sombre et aux lignes ef­fi­lées dé­li­mitent sou­vent les pro­prié­tés.

Au som­met des col­lines, les vil­lages aux toits de tuiles rouges sont ag­glu­ti­nés au­tour d’une église et même sou­vent d’une for­ti­fi­ca­tion, quand ce ne sont pas de hautes tours car­rées hé­ri­tées du Moyen Âge.

De-ci de-là, de pe­tits bois ou plus fré­quem­ment de simples bos­quets, peu­plés tan­tôt de chênes, tan­tôt de châ­tai­gniers, ponc­tuent le pay­sage. Dans les vil­lages et les ha­meaux, les pins pa­ra­sols égaient les lieux. Des jar­dins en­tou­rant les de­meures dé­bordent des gly­cines exu­bé­rantes tout au­tant que les mas­sifs de bou­gain­vil­lées.

On tombe fa­ci­le­ment amou­reux de cette Tos­cane au point de vou­loir d’y trou­ver un chez­soi, le temps d’un sé­jour.

FERMES-AU­BERGES

Le concept des fermes-au­berges (agri­tu­ris­mo) s’est ré­pan­du de­puis plu­sieurs an­nées à tra­vers toute l’ita­lie. La Tos-

cane est as­su­ré­ment la pro­vince of­frant la plus grande concen­tra­tion de ce type d’hé­ber­ge­ment.

Il s’agit d’ex­ploi­ta­tions agri­coles en ac­ti­vi­té qui pro­posent l’hé­ber­ge­ment et la res­tau­ra­tion à des hôtes qui sont lo­gés dans des bâ­ti­ments an­nexes ayant été res­tau­rés et équi­pés en con­sé­quence.

Pour avoir vi­si­té quelques fermes du genre lors de mes sé­jours en Tos­cane, je peux as­su­rer que les pro­prié­taires n’ont pas lé­si­né sur les moyens pour mettre en va­leur leur patrimoine bâ­ti.

C’est le cas, par exemple, de la fer­meau­berge Il Bor­go di Ma­ria­no, sise sur le ter­ri­toire de San Gimignano. Les ap­par­te­ments se si­tuent dans des bâ­ti­ments en pierre, d’an­ciennes dé­pen­dances agri­coles en­tou­rant une cour em­pier­rée. Ce qui au­tre­fois consti­tuait la grange abrite un res­tau­rant gas­tro­no­mique et la cui­sine où oeuvre un chef pro­fes­sion­nel. Bien plus que d’une simple table d’hôte, c’est d’une belle au­berge de cam­pagne dont peuvent pro­fi­ter les lo­ca­taires.

Les hôtes peuvent aus­si bien vivre en au­tar­cie dans leur ap­par­te­ment équi­pé d’une cui­sine que pro­fi­ter de la pen­sion com­plète sur place. Le jar­din at­te­nant aux terres de la ferme com­prend une pis­cine et les équi­pe­ments né­ces­saires pour re­laxer sur place.

À quelques cen­taines de mètres de la ferme, la villa Di­ni, an­cienne de­meure cam­pa­gnarde bour­geoise, pos­sède éga- le­ment sa pis­cine et sa propre cha­pelle. Cer­tains des hôtes des nom­breux ap­par­te­ments qu’elle abrite la choi­sissent pour ve­nir… s’y ma­rier.

Mais Il Bor­go di Ma­ria­no de­meure, avec sa cen­taine d’hec­tares, avant tout une ferme à vo­ca­tion à la fois vi­ti­cole et oléi­cole. Les vignes et les plan­ta­tions d’oli­viers en­tourent d’ailleurs les bâ­ti­ments à présent conver­tis dans l’ac­cueil tou­ris­tique. Les vins pro­duits sur l’ex­ploi­ta­tion bé­né­fi­cient de l’ap­pel­la­tion Chian­ti Clas­si­co.

VIL­LAS ET CH­TEAUX

Les vil­las à louer à tra­vers la cam­pagne tos­cane existent éga­le­ment en grand nombre. Il s’agit de mai­sons tra­di­tion­nelles de ca­rac­tère que l’on a soi­gneu­se­ment res­tau­rées et meu­blées pour le confort d’hôtes sai­son­niers.

À Cas­ti­glion Fio­ren­ti­no, près d’arez­zo, j’ai ain­si vi­si­té la Villa Se­naia, une belle et grande de­meure en pierres cou­verte de tuiles rouges, bor­dée d’un jar­din et d’une pis­cine, dans un dé­cor ex­cep­tion­nel où les oli­ve­raies do­minent sur les ver­sants des col­lines.

Tout n’est que dis­tinc­tion dans cette de­meure ou­verte sur la cam­pagne, iso­lée au bout d’un che­min tout juste as­sez large pour lais­ser pas­ser un vé­hi­cule. Les villes d’art que sont Cor­to­na, Sienne et Florence se si­tuent dans un rayon al­lant de 15 km à 90 km.

De son his­toire re­mon­tant au Moyen Âge, l’opulent Cas­tel­lo di Fu­li­gna­no a hé­ri­té son nom de châ­teau. De la de­meure, on aper­çoit les fa­meuses tours de la pe­tite ci­té de San Gimignano.

Les ap­par­te­ments, meu­blés et dé­co­rés entre tra­di­tion et mo­der­ni­té, sont luxueux. On peut y vivre en to­tale au­to­no­mie ou pro­fi­ter de la for­mule chambre et pe­tit-dé­jeu­ner. La pis­cine et le jar­din at­te­nants ga­ran­tissent des heures pai­sibles au coeur de ce pe­tit ha­meau dis­tant d’une heure de route de Florence.

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1. Du cô­té de San Ge­mi­gna­no. 2. Le com­plexe agro­tou­ris­tique Il Bor­go di Ma­ria­no, à San Gimignano. 3. Oli­viers et cy­près dans les col­lines de Cas­ti­glion Fio­ren­ti­no, près d’arez­zo.

4. Une lu­mi­no­si­té tou­jours chan­geante.

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