Née pour être MÉ­CHANTE

Le pre­mier rôle à avoir été at­tri­bué est ce­lui de Ra­ven­na, la mé­chante reine de ce Blanche-neige et le chas­seur. Et qui de mieux pour l’in­car­ner que Char­lize The­ron ?

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI

« Je plai­sante sou­vent en di­sant que Pi­cas­so a eu sa pé­riode bleue, moi, j’ai une pé­riode “bitch” », s’est es­claf­fée Char­lize The­ron lors d’une confé­rence té­lé­pho­nique avec des mé­dias amé­ri­cains.

De fait, elle in­carne la très très mé­chante Ra­ven­na qui, pour de­ve­nir im­mor­telle, doit s’em­pa­rer de l’éner­gie vi­tale de Blanche-neige dès qu’elle de­vien­dra la plus belle du royaume.

« La pre­mière reine qui nous vient à l’es­prit est celle de Dis­ney : la coiffe noire, la cou­ronne, les lèvres rouges et les sour­cils fous. Nous nous sommes dit qu’il se­rait plus in­té­res­sant de rendre hom­mage à cette image, tout en glis­sant ça et là des clins d’oeil. »

« Je pense que per­sonne ne naît mé­chant et c’est pour­quoi je tente tou­jours de com­prendre comment un per- son­nage a pu le de­ve­nir. L’empathie est quelque chose d’ex­trê­me­ment im­por­tant pour un ac­teur, car, si l’on peut mieux com­prendre les actes d’un per­son­nage, on peut en sai­sir les mo­ti­va­tions et, de ce fait, mon­trer les émo­tions. Je fais donc beau­coup de re­cherches avant de mettre les pieds sur le pla­teau de tour­nage. »

Char­lize The­ron a don­né sa vi­sion de Ra­ven­na. « Elle est ex­trê­me­ment tra­gique. Elle me brise le coeur parce que je lui trouve beau­coup de points com­muns avec bon nombre de femmes. On court après des choses pour rem­plir nos vies, mais celles-ci sont vides de sens, comme la beau­té et la va­ni­té. C’est le genre de per­son­nage qui me rend im­men­sé­ment triste. C’est aus­si pour cette rai­son que Ra­ven­na est ter­ri­ble­ment seule. Reine toute-puis­sante, qui a vé­cu 400 ans, elle res­semble néan- moins à bien des femmes d’au­jourd’hui dans ses pré­oc­cu­pa­tions. »

Splen­di­de­ment vê­tue par Colleen At­wood, Char­lize The­ron a ap­pré­cié – et dé­tes­té – ses cos­tumes. « Le ma­tin, je pou­vais por­ter des cor­sets, mais pas après le re­pas du mi­di. C’est comme ça que j’éva­luais mes cos­tumes ! Les jours du­rant les­quels je ne por­tais pas de cor­set, je pou­vais man­ger. Les cos­tumes étaient tous très in­con­for­tables, mais, es­thé­ti­que­ment, ils étaient par­faits. »

« La robe de ma­riage était ma pré­fé­rée. Je pense qu’elle de­vrait être ex­po­sée dans un mu­sée. Les dé­tails sont ex­tra­or­di­naires. On a l’im­pres­sion qu’elle est faite d’os d’en­fants ! Elle pèse des tonnes et on ne peut rien faire quand on la porte, ni man­ger, ni res­pi­rer, ni bou­ger. Mais vi­suel­le­ment, elle est hal­lu­ci­nante. » Blanche-neige et le chas­seur prend l’af­fiche le 1er juin à tra­vers le Qué­bec.

COS­TUMES AP­PRÉ­CIÉS... ET DÉ­TES­TÉS

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