HOMMES EN NOIR 3

Will Smith, Tom­my Lee Jones et Josh Bro­lin n’ar­rivent pas à convaincre to­ta­le­ment dans ce troi­sième vo­let de la fran­chise.

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI

Hommes en noir 3, de sur­croît en 3D, était-il aus­si in­dis­pen­sable que, par exemple, Les Aven­gers ? Ré­ponse : non. Et, force est de consta­ter que, 15 ans après le pre­mier long mé­trage de ces drôles de chas­seurs d’« ex­tra­ter­restres », la ma­gie n’opère plus que spo­ra­di­que­ment.

SCÉ­NA­RIO BAN­CAL

Le scé­na­rio — seul Etan Co­hen est cré­di­té au gé­né­rique alors que des ru­meurs sé­rieuses veulent que tout le monde y ait mis son grain de sel, Will Smith in­clus — est ban­cal, car, s’il est truf­fé de bonnes idées, bon nombre d’entre elles sont mal ex­ploi­tées.

L’agent J (Will Smith) re­tourne en 1969 pour em­pê­cher que l’agent K (Tom­my Lee Jones en version contem­po­raine et Josh Bro­lin en version jeune) se fasse tuer par Bo­ris (Je­maine Cle­ment), un ex­tra­ter­restre aus­si mé­chant que re­dou­table qui veut an­ni­hi­ler la pla­nète.

Les meilleures scènes sont sans conteste celles de 1969. La ma­nière de voya­ger dans le temps est éblouis­sante, et c’est d’ailleurs le seul mo­ment où le 3D ap­porte quelque chose sur le plan vi­suel. On ad­mire aus­si la re­cons­ti­tu­tion d’époque ain­si que l’amorce (non dé­ve­lop­pée, dom­mage) des lé­gers pro­blèmes que peut avoir un Noir (l’agent J) dans des temps ra­cistes.

Les pré­misses d’une vague liai­son entre K et O (Em­ma Thomp­son vieille et Alice Eve jeune) ne sont pas ex­ploi­tées, ce qui nous laisse un peu sur notre faim. Même chose avec le pas­sage d’an­dy Wa­rhol, qui au­rait mé­ri­té quelques mi­nutes de plus à l’écran.

IN­CO­HÉ­RENCES

Plu­sieurs in­co­hé­rences plombent Hommes en noir 3, dont les deux ver­sions de l’ap­pa­reil ser­vant à ef­fa­cer la mé­moire en 1969 ou le fait que Josh Bro­lin fasse bien plus que les 29 ans in­di­qués. Les coins ronds sont rat­tra­pés avec suc­cès par le per­son­nage de Grif­fin (Mi­chael Stuhl­barg), un ex­tra­ter­restre qui peut voir si­mul­ta­né­ment tous les fu­turs pos­sibles.

Une note pour dire que j’ai beau­coup ai­mé la pe­tite sur­prise de fin ( chut ! Je ne dé­voile rien), bien qu’elle ne suf­fise pas à rat­tra­per la to­ta­li­té du film.

SUITE MAN­QUÉE

Hommes en noir 3 est-il drôle au moins, me suis-je fait de­man­der juste après le vi­sion­ne­ment. Oui, jus­qu’à un cer­tain point, le ré­sul­tat étant, là en­core, mi­ti­gé. Pas d’éclats de rire à gorge dé­ployée, mais des sou­rires çà et là et quelques très bonnes ré­pliques.

Après un com­bat dans un res­tau­rant chi­nois, J de­mande à K s’ils ne sont pas un peu vieux pour se li­vrer à ce genre de choses. Quand j’ai en­ten­du ces lignes de dia­logue, la ré­ponse a fu­sé dans ma tête : oui. Oui, les Hommes en noir ont pris des rides, les ac­teurs ne se donnent même plus la peine de faire sem­blant de s’amu­ser.

Ce troi­sième vo­let est un film de sa­me­di après-mi­di pas­sé chez soi, en fa­mille, de­vant la té­lé pour cause de tem­pête de neige ex­té­rieure. Au cha­pitre des suites, Hommes en noir 3 est presque un ren­dez-vous man­qué de plus.

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