CHAN­SON D’ÉTÉ

De­puis qu’il a été élu grand ga­gnant du pre­mier Star Aca­dé­mie, il y a 10 ans, Wil­fred LeBou­thil­lier sor­tait ha­bi­tuel­le­ment un al­bum aux trois ans. Cette fois, il se­ra en re­tard, et c’est bon signe. Son qua­trième al­bum sor­ti­ra à l’au­tomne, quatre ans et de

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Agnès Gau­det Le Jour­nal de Mon­tréal

Mais on ne perd rien pour at­tendre. Son pro­chain al­bum, Wil­fred l’a bien mû­ri et, à en­tendre le pre­mier ex­trait qui est sor­ti cette se­maine, Je m’y perds, on ima­gine fa­ci­le­ment que ce qua­trième opus pour­rait être son meilleur.

Sans pré­ten­tion, l’au­teur­com­po­si­teur le croit d’ailleurs lui-même.«Quand on est dans un pro­jet, dit- il, on y croit et on pense tou­jours que c’est le meilleur. Mais cette fois, je crois qu’il y a une sorte d’épa­nouis­se­ment. Je signe

toutes les chan­sons, pa- roles et mu­siques, de cet al­bum, sauf trois que j’ai co­écrites. Je me suis beau­coup in­ves­ti. Mes chan­sons ra­content des his­toires, parlent de ma propre vie et ap­portent une âme à l’al­bum.»

HEU­REUX HA­SARD

Cette âme, on la re­trouve d’ailleurs dans l’ex­trait Je m’y perds, une pièce pop-folk avec une touche de coun­try, qu’on en­ten­dra cer­tai­ne­ment beau­coup à la ra­dio cet été. C’est joyeux, en­traî­nant: Wil­fred l’avait écrite en pen­sant à son fils et à sa blonde. «Tu es ve­nu pour em­bel­lir ma rai­son d’être...» chante-t-il.

«Ce n’était pas dans nos plans, de sor­tir un pre­mier ex­trait aus­si loin du lan­ce­ment de l’al­bum dans trois ou quatre mois, ad­met Wil­fred, mais ça sonne comme un single d’été, alors pour­quoi pas.» «C’est un drôle de ha­sard, cette chan­son. Je l’avais écrite en 2007, pour mon troi­sième al­bum, mais on ne l’avait fi­na­le­ment pas re­te­nue, parce qu’elle ne “fit­tait” pas avec les autres. On avait fait une dé­mo de 20 chan­sons et, ren­du là, j’avais confié le choix fi­nal des chan­sons aux autres, fai­sant confiance à des oreilles ex­té­rieures. Je suis trop at­ta­ché à mes af­faires [chan­sons], je pré­fère que quel­qu’un tranche pour moi.» «C’est Ju­lie Sny­der qui a ré­cem­ment re­trou­vé la chan­son sur son iP­hone, alors qu’on était juste- ment en plein dé­but d’en­re­gis­tre­ment en stu­dio. Elle a sug­gé­ré que je l’en­re­gistre. C’est un heu­reux ha­sard.»

LA MAI­SON CHEZ NOUS

Cet ex­trait est à l’image de l’al­bum que pro­po­se­ra Wil­fred LeBou­thil­lier l’au­tomne pro­chain. Il donne le ton en ce qui concerne les ar­ran­ge­ments plus acous­tiques, les pièces plu­tôt folk et l’in­fluence coun­try. L’al­bum qui n’a pas en­core de titre a été en­re­gis­tré du­rant le mois de mai. Pour la réa­li­sa­tion, Wil­fred s’est as­so­cié à Sé­bas­tien Le­febvre, gui­ta­riste de Simple Plan, et à son frère Jay Le­febvre. Dans quelques se­maines, le pro­duit fi­nal se­ra prêt. Par­mi les cu­rio­si­tés, Wil­fred parle de trois chan­sons qu’il a en­re­gis­trées en une seule prise, pour en­suite bâ­tir par­des­sus sa voix. Une autre pièce a été en­re­gis­trée... dans une cui­sine. «Cette chan­son gui­tare/voix s’ap­pelle Home Sweet Home et parle de sou­ve­nirs de la mai­son chez nous, ra­conte Wil­fred. J’ai vou­lu que le son soit comme dans une cui­sine, et ça s’en­tend. C’est comme quand je suis par chez nous.» «De mes quatre al­bums, c’est ce­lui dans le­quel j’ai mis le plus de coeur, d’ajou­ter le chan­teur, toute mon âme. Avec le re­cul et plus de ma­tu­ri­té [il a 35 ans], mes textes changent, se rapprochent de moi.» «Il y a dé­jà 10 ans que j’ai ga­gné à Star Aca­dé­mie. Je parle d’ailleurs beau­coup du temps dans mes chan­sons. Je n’ai pas vu le temps pas­ser. Mon p’tit bon­homme, William, a dé­jà six ans [le 4 juin].»

APRÈS L’OLYM­PIA

Cet au­tomne, quand Wil­fred lan­ce­ra son nou­vel al­bum, il y au­ra quatre ans et de­mi qu’il a lan­cé Droit de­vant, son 3e al­bum. Très pris par des spec­tacles qu’il pré­sente par­tout avec le groupe Les Vi­kings de Ri­chard Pe­tit et les pre­mières par­ties de Vé­ro­nique Di­Caire en France, il a re­tar­dé son pro­jet d’al­bum.

«J’ai fait 10 fois l’Olym­pia de Pa­ris, en pre­mière par­tie de Vé­ro­nique Di­Caire, rap­pelle le chan­teur. Il y a long­temps que j’en rê­vais. Je m’étais lais­sé dire que le pu­blic fran­çais était froid et dif­fi­cile. Je me de­man­dais s’ils al­laient com­prendre mon ac­cent. La pre­mière fois que je me suis adres­sé à eux, pour ex­pli­quer une chan­son, j’étais in­ti­mi­dé. Mais ils ont ap­plau­di mon in­ter­ven­tion. Je suis res­té bête. J’étais content.»

Fort du suc­cès de ces pre­mières par­ties, Wil­fred es­père sor­tir un nou­vel al­bum en France. C’est un des pro­jets sur la table. Mais avant, il y a l’été qui s’an­nonce char­gé au Qué­bec. Dé­jà 15 dates sont pré­vues avec les Vi­kings dans les fes­ti­vals, dont le Fes­ti­val des grillades de Saint-Ca­lixte, le 6 juillet.

WIL­FRED LEBOU­THIL­LIER

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