DES RÔLES IN­VER­SÉS

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Maxime De­mers Le Jour­nal de Mon­tréal

Après avoir été sa pro­fes­seure à l’uni­ver­si­té, l’ac­trice et ci­néaste Mi­che­line Lanc­tôt a re­trou­vé la jeune réa­li­sa­trice Ch­loé Ro­bi­chaud sur le pla­teau de tour­nage du film Sa­rah pré­fère la course. Mais cette fois-ci, les rôles étaient in­ver­sés...

Mme Lanc­tôt, qui en­seigne la di­rec­tion d’ac­teurs à l’Uni­ver­si­té Con­cor­dia, a en ef­fet eu Ch­loé Ro­bi­chaud comme élève pen­dant deux ses­sions. Quelques an­nées plus tard, c’était donc, en quelque sorte, au tour du maître de se faire di­ri­ger, alors que la jeune ci­néaste a confié un rôle à son an­cienne pro­fes­seure dans son film Sa­rah pré­fère la course.

«Ch­loé laisse beau­coup de place aux ac­teurs sur son pla­teau et j’ose es­pé­rer que j’ai un peu quelque chose à voir là-de­dans, ob­serve Mi­che­line Lanc­tôt à pro­pos de la fa­çon dont son an­cienne élève di­rige ses co­mé­diens.

«Mais je n’ai pas un rap­port de pro­fes­seure à élève avec mes étu­diants. J’ai plu­tôt un rap­port de pro­fes­sion­nel à pro­fes­sion­nel. Je n’aime pas les rap­ports de maître. Je n’ai donc ja­mais vu Ch­loé de cette fa­çon-là.»

Iro­ni­que­ment, le rôle que Ch­loé Ro­bi­chaud a confié à Mi­che­line Lanc­tôt dans son film se rap­proche de ce­lui d’une pro­fes­seure. Mme Lanc­tôt y campe en ef­fet l’en­traî­neure du club d’ath­lé­tisme de l’uni­ver­si­té ou se re­trouve le per­son­nage de Sa­rah.

«J’ai pu lire le scé­na­rio du film dès sa pre­mière mou­ture et je l’avais trou­vé ex­trê­me­ment in­té­res­sant et bien écrit, ex­plique Mi­che­line Lanc­tôt. C’est très en re­te­nue, en de­mi-teinte. C’est une écri­ture qui me plaît beau­coup.»

LE DÉ­FI, DU­RER

Réa­li­sa­trice de­puis plus de 35 ans, Mi­che­line Lanc­tôt sait à quel point il n’est pas simple de me­ner une car­rière de ci­néaste au Qué­bec, sur­tout pour une femme. «Ch­loé a la force de ca­rac­tère qu’il faut pour faire du ci­né­ma. Ce que j’aime aus­si chez elle, c’est qu’elle n’est pas dans une mode ou un cou­rant par­ti­cu­lier. Elle fait des films de fa­çon très per­son­nelle et sur­tout très ma­ture, ce qui est as­sez re­mar­quable pour son âge. Elle connaît très bien le ci­né­ma et elle soigne beau­coup sa mise en scène.»

«Le ta­lent est là, sans au­cun doute. C’est plus la conti­nui­té qui cause pro­blème. Je lui sou­haite seule­ment de ne pas avoir à at­tendre huit ans avant de pou­voir tour­ner son pro­chain film. Pour l’ins­tant, elle a un par­cours sans faute. Le grand dé­fi, pour elle, se­ra donc de du­rer.»

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