ADO­LES­CENCE TOUR­MEN­TÉE...

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie

Adap­ta­tion du ro­man de Ri­chard Van Camp, The Lesser Bles­sed exa­mine les dif­fi­cul­tés d’être un ado­les­cent amé­rin­dien dans le monde d’au­jourd’hui, une his­toire d’hu­ma­ni­té et de sen­ti­ments à fleurs de peau...

Lar­ry Sole (Joel Na­than Evans, dont c’est le pre­mier rôle) est un ado­les­cent amé­rin­dien ren­fer­mé, au pas­sé mar­qué par la vio­lence. Il fré­quente l’école se­con­daire de la ville de Fort Sim­mer, dans les Ter­ri­toires du Nord-Ouest, et est se­crè­te­ment amou­reux de Ju­liet (Ch­loe Rose). Un jour, Johnny (Kio­wa Gor­don), un nou­vel élève, fait son ap­pa­ri­tion et ne tarde pas à de­ve­nir l’ami de Lar­ry. Or, quand Johnny et Ju­liet se mettent à sor­tir en­semble, Lar­ry est han­té par son pas­sé.

Le ro­man de Ri­chard Van Camp est pa­ru en 1996 alors que l’au­teur n’avait que 22 ans! Im­mé­dia­te­ment, The Lesser

Bles­sed — qu’il a mis cinq ans à écrire — a ob­te­nu un suc­cès pla­né­taire. Tra­duit en plu­sieurs langues, le livre s’est même mé­ri­té plu­sieurs prix, de même qu’une place dans la liste des ou­vrages étu­diés dans les écoles à tra­vers le pays.

COM­PRÉ­HEN­SION

C’est par ha­sard que la ci­néaste Ani­ta Do­ron, d’ori­gine ukrai­nienne, a dé­cou­vert The Lesser Bles­sed, une co­pie lui ayant été re­mise par une amie. «Je ne suis pas Amé­rin­dienne, je n’ai ja­mais vé­cu dans le nord du pays. Mais j’ai im­mé­dia­te­ment com­pris Lar­ry et son his­toire a ré­son­né au plus pro­fond de mon être», a-t-elle confié.

Après sa lec­ture, elle a re­joint Ri­chard Van Camp pour lui faire part de son in­ten­tion de por­ter le ro­man au grand écran et d’en ré­di­ger le scé­na­rio. «J’ai en­core le cour­riel qu’elle m’a en­voyé il y a six ans. On me de­mande sou­vent pour­quoi j’ai ac­cep­té que ce soit elle, alors qu’elle n’est pas Amé­rin­dienne. Je peux vous dire que dans le cour­riel, elle dé­montre une com­pré­hen­sion et une pas­sion ex­trê­me­ment tou­chantes des ex­pé­riences de Lar­ry», a dit l’écri­vain.

FI­GURE PA­TER­NELLE

Si la re­cherche de l’acteur pour in­car­ner le jeune Lar­ry a pris des mois, celle pour trou­ver le co­mé­dien ca­pable de te­nir le rôle de Jed, pe­tit ami de la mère de l’ado­les­cent, a été re­la­ti­ve­ment simple. Ben­ja­min Bratt a im­mé­dia­te­ment ac­cep­té l’offre de la réa­li­sa­trice Ani­ta Do­ron, tant l’his­toire a tou­ché une corde sen­sible.

«Le scé­na­rio est vrai­ment un mé­lange de toute la lai­deur hu­maine et de toute la beau­té pos­sible. [...] En gran­dis­sant, Lar­ry, comme beau­coup d’entre nous, ne sait pas trop qui il est et, à tra­vers ses ex­pé­riences, fi­nit par trou­ver sa voie... et sa voix. Quand il la trouve, il de­vient alors un homme, ce qui est loin d’être simple dans son cas. C’est une his­toire qui ré­son­ne­ra chez tout le monde, qu’on vive en Asie, en Afrique, en Amé­rique ou n’im­porte où sur la pla­nète», a in­di­qué Ben­ja­min Bratt.

Jed est un per­son­nage clé de l’his­toire et oc­cupe une place cen­trale — celle de la fi­gure pa­ter­nelle — dans la vie de Lar­ry. C’est lui, en ef­fet, qui lui per­met­tra de re­trou­ver ses marques et de faire la paix avec son pas­sé

Ce n’est d’ailleurs pas un ha­sard si Ben­ja­min Bratt a tou­jours vou­lu tour­ner dans un film qui se dé­rou­le­rait dans une com­mu­nau­té amé­rin­dienne. Sa mère, pé­ru­vienne d’ori­gine, a pris part à l’oc­cu­pa­tion d’Al­ca­traz et y avait em­me­né son fils, âgé alors de cinq ans.

«Je crois que cette ex­pé­rience l’a mar­qué et a été fon­da­men­tale dans son dé­ve­lop­pe­ment in­tel­lec­tuel et émo­tif», a com­men­té la réa­li­sa­trice, en marge du Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal du film de To­ron­to, en sep­tembre der­nier, lors de la pré­sen­ta­tion de The Lesser Bles­sed.

The Lesser Bles­sed dé­barque dans les salles mon­tréa­laises le 7 juin.

PHO­TOS COUR­TOI­SIE

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