Le suc­cess l'a pas chan­gé

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Ma­rie-France Bornais Agence QMI

PA­RIS, France | Dan Brown, de­ve­nu mul­ti­mil­lion­naire de­puis la pu­bli­ca­tion de

DaVin­ci Code, ra­conte que le suc­cès ne l’a pas chan­gé et que ce qui l’in­té­resse, c’est ap­prendre et créer.

Loin de pré­sen­ter une image flam­boyante de mil­lion­naire du livre, Dan Brown se pré­sente sans pré­ten­tion, vê­tu d’un jeans, d’une che­mise blanche et d’un chan­dail. Sou­riant et dé­ten­du, drôle, il est par­ti­cu­liè­re­ment cha­leu­reux et de­meure très terre-à-terre par rap­port à son suc­cès pla­né­taire.

«Le suc­cès a chan­gé tous les autres au­tour de moi, mais je suis res­té le même. Les gens agissent dif­fé­rem­ment et je n’ai pas la chance de faire une pre­mière im­pres­sion. Je n’ai ja­mais été mo­ti­vé par l’ar­gent. Ce n’est pas la rai­son pour la­quelle j’écris. Je ne m’in­té­resse pas aux ba­teaux sport ni aux voi­tures de luxe. J’ai une très belle mai­son, près de Bos­ton. J’aime ap­prendre, j’aime créer et ce sont des choses qui n’ont au­cun lien avec l’ar­gent.»

Que fait-il de son ar­gent? «J’en donne beau­coup. Trois ans après la pu­bli­ca­tion de Da

Vinci Code, j’avais tou­jours la même voi­ture, une vieille Vol­vo. Mes amis me di­saient que j’étais dingue et me de­man­daient pour­quoi je n’avais pas une Lam­bor­ghi­ni… Mais ma voi­ture fonc­tion­nait, donc je ne m’en pré­oc­cu­pais pas. J’ai main­te­nant une nou­velle voi­ture — une Lexus hy­bride. Ma femme et moi bu­vons du très bon vin, mais pas trop. Ma femme est Ca­li­for­nienne et n’aime pas l’hi­ver en Nou­velle-An­gle­terre: nous avons donc une pro­prié­té dans les Ca­raïbes. Avec ma femme, il faut se faire plai­sir. Je n’ai pas vrai­ment le choix!»

LANG­DON ET LUI

Dan Brown pré­cise qu’il par­tage quelques traits de per­son­na­li­té avec son hé­ros, Ro­bert Lang­don. «Nous avons des in­té­rêts com­muns: nous ai­mons les codes et les sym­boles, l’art. Lang­don est beau­coup plus in­tel­li­gent et au­da- cieux que moi. Il est aus­si plus grand et il a plus de che­veux… C’est un peu l’homme que je sou­hai­te­rais être. Nous avons un ca­rac­tère sem­blable: nous sommes scep­tiques et cu­rieux.

«Ce­la étant dit, les gens me font par­fois re­mar­quer que lorsque Lang­don dit quelque chose, c’est moi qui l’ai in­ven­té… Mais je m’as­sure de pré­ci­ser que lorsque Lang­don a une idée sou­daine, moi, j’ai dû tra­vailler deux jours en­tiers pour la mettre au point et l’écrire!» fait-il re­mar­quer en riant de bon coeur.

«J’ai­me­rais connaître une for­mule exacte pour mes livres... ce se­rait beau­coup plus ra­pide à écrire. Cer­tains élé­ments sont com­muns à tous mes livres: l’art, les codes, les se­crets, une ville su­perbe. Mais ces élé­ments servent à gar­der mon in­té­rêt tout au long de l’écri­ture qui de­mande beau­coup de temps, pré­cise-t-il. Je crois que tous ces livres sont très dif­fé­rents les uns des autres… mais c’est peut-être juste moi, parce que je suis tel­le­ment dans ce monde.»

L’EN­FER DE DANTE

Dan Brown a d’ailleurs mis trois ans à écrire In­fer­no. Le plus dif­fi­cile a été pour lui de com­prendre l’En­fer de Dante en pro­fon­deur de ma­nière à s’en ser­vir pour cons­truire son in­trigue. «C’est un poème très dif­fi­cile et je de­vais le com­prendre très bien avant de l’in­té­grer au ro­man. Il y a aus­si beau­coup de science com­plexe et je vou­lais que tout sonne suf­fi­sam­ment juste pour que ce soit per­ti­nent. J’ai dû ap­prendre beau­coup, tant au su­jet de choses an­ciennes que nou­velles.»

Il avoue éga­le­ment être fas­ci­né par l’art, bien qu’il n’ait au­cun ta­lent en des­sin ou en pein­ture. «Lorsque j’étais en­fant, je n’ar­ri­vais même pas à co­lo­rier sans dé­pas­ser les lignes. J’ai donc énor­mé­ment d’ad­mi­ra­tion pour les ar­tistes. Je suis à ge­noux de­vant un peintre qui prend sa pa­lette et qui ar­rive à créer quelque chose qui res­semble à la réa­li­té. Pour moi, c’est ex­tra­or­di­naire.»

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