Emile Gau­dreault fin prêt pour une autre co­me­die

L’HU­MOUR D’UN PER­FEC­TION­NISTE

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Agnès Gau­det AGNES. GAU­DET@ QUE­BE­COR­ME­DIA. COM

Pour son sixième long-mé­trage, Fu­rie, le réa­li­sa­teur Émile Gau­dreault, spé­cia­liste de l’hu­mour, s’at­taque à une co­mé­die dra­ma­tique, un scé­na­rio ti­ré de la pièce à suc­cès Au champ de mars. En­tou­ré d’une so­lide équipe d’ac­teurs, dont Sté­phane Rousseau et Guy­laine Trem­blay, ce­lui qui est der­rière les suc­cès des films De père en flic, Le sens de l’hu­mour et plu­sieurs autres, s’en­gage dans le pro­jet avec tout le per­fec­tion­nisme qu’on lui connaît.

L’hu­mour n’est pas fa­cile. Émile Gau­dreault, pas­sé maître dans le genre, sait bien ça. Pour cette rai­son, il met toutes les chances de son cô­té, alors qu’il en­tre­prend le tour­nage de son nou­veau film, Fu­rie, un qua­si-mé­lo­drame où tous les per­son­nages sont en état de choc. Il sait que la ligne est mince entre la drô­le­rie et la pla­ti­tude.

Par chance, Émile Gau­dreault, grâce à la gé­né­ro­si­té de la pro­duc­trice de Ci­né­ma­gi­naire De­nise Ro­bert, a eu droit à beau­coup de temps pour pré­pa­rer son film et, sur­tout, pour ré­pé­ter avec les ac­teurs qu’il ché­rit.

«En hu­mour, dit-il, le plus stres­sant c’est le cas­ting, trou­ver les bons ac­teurs pour chaque rôle. Pour plu­sieurs, le cas­ting est comme un mys­tère. On a l’im­pres­sion que le choix est ar­bi­traire, qu’on choi­sit un acteur parce qu’on l’aime mieux ou parce qu’il est connu.»

«C’est plu­tôt une re­cherche déses­pé­rée de l’acteur qui pour­ra rendre le per­son­nage. La ques­tion n’est pas: “Qui on prend?” Tu n’as pas le choix entre cinq. Sou­vent, il n’y a qu’une per­sonne pour le rôle. On cherche et tout à coup, cet acteur ou cette ac­trice ar­rive et sou­dai­ne­ment le texte est bon, quelque chose se ré­vèle et ça marche! Il est l’équa­tion entre le per­son­nage et l’acteur.»

L’INS­TINCT DE LA CO­MÉ­DIE

Avec une telle pré­ci­sion, pas éton­nant qu’Émile Gau­dreault ait ren­con­tré une tren­taine d’ac­teurs pour cha­cun des rôles confiés aux jeunes ac­teurs de son film. Même pour son rôle prin­ci­pal, ce­lui d’Éric, un sol­dat re­ve­nu trau­ma­ti­sé d’Af­gha­nis­tan, le réa­li­sa­teur a pas­sé au peigne fin une horde d’ex­cel­lents ac­teurs. Il est re­ve­nu à ce­lui qui a cam­pé le rôle sur scène, Ma­thieu Ques­nel.

Évi­dem­ment pour les rôles confiés aux Guy­laine Trem­blay, So­nia Va­chon, Nor­mand D’Amour, Ju­lie Le Breton et Sté­phane Rousseau, c’est une autre af­faire.

«Pour Sté­phane Rousseau, ex­plique le réa­li­sa­teur, ç’a été une in­tui­tion. Je l’avais vu au Ga­la des Oli­viers avec Si­mon-Oli­vier Fec­teau et je l’ai trou­vé na­tu­rel, drôle en tant que lui-même.»

«Je choi­sis des gens qui ont cet ins­tinct­là. Tous doivent être vrais. S’ils ont le bon rythme et qu’ils sont réels dans leurs émo­tions, ils se­ront drôles. En au­di­tion, ça se voit tout de suite s’ils ont la twist. C’est l’ins­tinct de la co­mé­die. Un don.»

TO­TALE IM­MER­SION

Le réa­li­sa­teur lui aus­si a cer­tains dons, ce­lui d’être très tra­vaillant et de prendre soin des ac­teurs. Ceux qui ont bos­sé avec lui s’en sou­viennent. Ceux qui le dé­couvrent, ap­pré­cient.

De­puis le mois de jan­vier, Émile Gau­dreault pré­pare ses ac­teurs. Il les met en confiance. À la de­meure de Sté­phane Rousseau, lui et Ma­thieu Ques­nel ont pris les de­vants pour éta­blir une com­pli­ci­té, ins­tau­rer une bonne com­mu­ni­ca­tion et trou­ver le ton juste à ce film fait de sa­tire et d’iro­nie.

«On était en to­tale im­mer­sion, pré­cise Sté­phane Rousseau. Pour ne pas brû­ler les scènes du film, gar­der une fraî­cheur et pré­ser­ver la ma­gie, Émile nous a fait im­pro­vi­ser. Il est donc ar­ri­vé avec des im­pros bien... pré­pa­rées. Des scènes dans l’éner­gie du film.»

PAS D’EF­FETS SPÉ­CIAUX

De l’avis de tous, Émile Gau­dreault n’est pas un lâ­cheux. Il est plu­tôt du genre per­fec­tion­niste qui n’aban­donne ja­mais, jus­qu’à ce qu’il ait ob­te­nu la scène par­faite à ses yeux.

«Quand Émile te dit: “Okay, c’est bon”. On sait que c’est vrai, in­dique So­nia Va­chon qui a tour­né avec lui dans Le sens de l’hu­mour. Il fait par­tie des rares per­sonnes qui connaissent vrai­ment l’hu­mour.»

«C’est for­mi­dable de tra­vailler avec lui. Il nous aime et on le sent. Il nous ac­com­pagne. On sent que c’est une af­faire d’équipe.»

«Tout re­pose sur les ac­teurs, ajoute à sa dé­charge Émile Gau­dreault. Dans mes films, il n’y a pas d’ef­fets spé­ciaux. Tout re­pose sur les per­son­nages, ce qu’ils disent, ce qu’ils vivent. Je se­rais fou de ne pas faire at­ten­tion à eux.»

Fu­rie ra­conte l’his­toire de Mar­co Va­lois (Sté­phane Rousseau) un cé­lèbre ci­néaste vic­time d’un choc qui dé­cide, alors qu’il se re­met en ques­tion, de tour­ner un film ins­pi­ré de la vie d’un sol­dat, Éric (Ma­thieu Ques­nel) re­ve­nu trau­ma­ti­sé de sa mis­sion en Af­gha­nis­tan. Tous les autres per­son­nages tournent au­tour de lui, sa blonde (Ca­the­rine De Léan, Ma­rie-Ève Mi­lot), ses pa­rents (Guy­laine Trem­blay et Nor­mand D’Amour), sa psy (Ju­lie Le Breton) et Charles-Alexandre Du­bé, fonc­tion­naire au bu­reau des an­ciens com­bat­tants.

Les 35 jours de tour­nage du film Fu­rie dé­bu­te­ront à Mon­tréal le 5 juin avant de se pour­suivre dans la ré­gion de Thed­ford Mines dans le vil­lage fic­tif de Tay­lor Mines. Le scé­na­rio est co­si­gné par l’au­teur de la pièce Au champ de mars, Pierre-Mi­chel Trem­blay et Émile Gau­dreault.

Émile Gau­dreault, Ma­thieu Ques­nel et Sté­phane Rousseau, bien pré­pa­rés à li­vrer la mar­chan­dise.

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