Des fans prêts à tout

Des Rol­ling Stones à Cé­line Dion, les scènes du Qué­bec sont de nou­veau prises d’as­saut par les plus grandes étoiles de la musique cet été. Mais as­sis­ter à leurs per­for­mances a un prix et la fac­ture se ré­vèle tou­jours plus sa­lée d’une an­née à l’autre pour

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - Cé­dric Bé­lan­ger CE­DRIC. BE­LAN­GER@ QUE­BE­COR­ME­DIA. COM

«Pour les grands évé­ne­ments, les ar­tistes de­vraient s’en te­nir entre 50 $ et 300 $», croit Syl­vain Pa­rent-Bé­dard, dont la firme Qué­béComm est der­rière la ve­nue de Cé­line Dion et Ma­don­na sur les plaines d’Abra­ham, à Qué­bec.

L’ac­tua­li­té ré­cente semble lui don­ner rai­son. Des billets à 640 $ pour voir les Rol­ling Stones au Centre Bell, à Mon­tréal, sont en­core dis­po­nibles en bonne quan­ti­té. On peut même se pro­cu­rer huit sièges col­lés et si­tués à une dis­tance qui per­met de voir la sueur per­ler sur le vi­sage de Mick Jag­ger, à quelques jours du concert. L’an der­nier, Bar­bra Strei­sand avait aus­si éprou­vé des dif­fi­cul­tés à vendre des places à 530 $.

À l’in­verse, Beyon­cé s’en est te­nue à un prix maxi­mal de 267,50 $ et c’est à gui­chets fer­més qu’elle chan­te­ra de­vant ses fans qué­bé­cois, dans le même am­phi­théâtre, le 22 juillet.

ILLI­MI­TÉ? OUI ET NON

Vice-pré­sident du Fes­ti­val de jazz et des Fran­co- fo­lies, Laurent Saul­nier es­time que le bud­get consa­cré aux loi­sirs n’est pas illi­mi­té.

«Tu peux dif­fi­ci­le­ment al­ler voir dans la même an­née Ri­han­na, Pink, La­dy Gaga, Jus­tin Tim­ber­lake, etc. Il y en a beau­coup. Est-ce qu’on a at­teint la li­mite? Oui et non. Oui, dans le sens où tout le monde a un bud­get loi­sirs li­mi­té. Par contre, ce bud­get peut être ex­ten­sible par mo­ments. Si tu veux voir Jus­tin Tim­ber­lake une fois dans ta vie, tu vas y al­ler cette an­née parce que tu ne sais pas quand il va re­ve­nir», ana­lyse ce­lui qui qua­li­fie de très im­por­tante l’offre de spec­tacles au Qué­bec.

«En plus de re­ce­voir toutes les ve­dettes an­glo­phones in­ter­na­tio­nales, on re­çoit les ve­dettes fran­co­phones. Et l’autre af­faire, c’est qu’on a un mar­ché lo­cal fort. Il n’y a pas beau­coup de ter­ri­toires de la gran­deur du Qué­bec qui ont une scène mu­si­cale lo­cale aus­si forte. Je ne suis pas cer­tain qu’il y a beau­coup de pays où une ve­dette lo­cale comme Ma­rie-Mai peut faire quatre Centre Bell dans une même an­née.»

DES QUÉ­BÉ­COIS G­TÉS

À Qué­bec, où les plaines d’Abra­ham sont de nou­veau sol­li­ci­tées comme ja­mais, l’en­goue­ment n’est pas le même que par les an­nées pas­sées. La fièvre pour le re­tour de Paul McCart­ney, le 23 juillet, se ré­vèle moins éle­vée que pré­vu. Et les lais­sez-pas­ser du Fes­ti­val d’été ne se sont pas en­vo­lés aus­si ra­pi­de­ment qu’au­pa­ra­vant.

«Il y a une chose que les gens de Qué­bec ont ten­dance à ou­blier, c’est qu’ils sont ex­trê­me­ment gâ­tés. Et pas juste un peu. De­puis des an­nées, les gens ont ac­cès à 250 spec­tacles de gros ar­tistes pour qua­si­ment rien. C’est un gros avan­tage. Et s’ils veulent le gar­der, il faut qu’ils soient là. Il n’y a ja­mais rien d’ac­quis là-de­dans», lance le di­rec­teur gé­né­ral du Fes­ti­val d’été, Da­niel Gé­li­nas, qui re­con­naît que, dans le mar­ché de Qué­bec, la «ca­pa­ci­té de payer des gens n’est pas illi­mi­tée».

«Le prix des billets a aug­men­té plus ra­pi­de­ment que le sa­laire des gens. C’était ex­cep­tion­nel de payer 75 $ ou 100 $ à une époque alors qu’au­jourd’hui, c’est la norme», ob­serve-t-il.

L’ÉCHELLE DE PRIX

Ce­la dit, avec dé­jà plus de 40 000 billets ven­dus, Cé­line Dion s’en tire bien et peut es­pé­rer des Plaines rem­plies, le 27 juillet, pour sa seule ap­pa­ri­tion sur scène au Qué­bec en 2013. Le pro­mo­teur Québe-Comm croit que la re­cette du suc­cès tient au­tant au ca­rac­tère ex­clu­sif d’un évé­ne­ment qu’à une bonne «échelle de prix».

«Il faut qu’il y ait des billets ac­ces­sibles à dif­fé­rents prix. Ça en prend pour tous les moyens fi­nan­ciers. C’est très im­por­tant pour nous de res­pec­ter le consom­ma­teur. Quand on jase avec les grands tour­neurs mon­diaux, on sent le res­pect du fan dans la ma­jo­ri­té des cas. L’ar­tiste place la ca­pa­ci­té du fan par­mi les points les plus im­por­tants», as­sure Syl­vain Pa­rent-Bé­dard.

Laurent Saul­nier

Syl­vain Pa­rent-Bé­dard

Da­niel Gé­li­nas

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