PIERRE LA­POINTE

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND -

En­fant, Pierre La­pointe cé­lé­brait la Saint-Jean-Bap­tiste au Lac-Saint-Jean, sa ré­gion na­tale. «Je fi­nis­sais l’école, puis on par­tait pour Saint-Gé­déon, ra­conte-t-il. On quit­tait l’Ou­taouais, puis on ar­ri­vait

quelques heures avant la pa­rade.»

La­pointe a conti­nué de fê­ter l’évé­ne­ment à l’ado­les­cence, mais d’une fa­çon dif­fé­rente... et beau­coup plus ar­ro­sée.

De­puis une di­zaine d’an­nées, le chan­teur ex­prime sa fier­té d’être Qué­bé­cois sur scène. Il garde d’ailleurs d’ex­cel­lents sou­ve­nirs du 24 juin 2006, sa pre­mière fête na­tio­nale au parc Mai­son­neuve. «Avec Ariane [Mof­fatt] et Do­ba­Ca­ra­col, on avait pas­sé une soi­rée ex­tra­or­di­naire», glisse-t-il en sou­riant.

Quand il n’en­tonne pas des airs connus de­vant des cen­taines de mil­liers de per­sonnes, Pierre La­pointe pré­fère mar­quer le coup en flâ­nant dans le Mile-End en­tou­ré d’amis.

«J’aime les fêtes de quar­tier. Les rues sont fer­mées, les gens sortent leurs tables… C’est hy­per plai­sant, se pro­me­ner là-de­dans.»

HOM­MAGE AUX CO­LOCS

Lun­di soir, Pierre La­pointe sa­lue­ra Gilles Vi­gneault en chan­son au parc Mai- son­neuve. Il par­ti­ci­pe­ra aus­si au nu­mé­ro hom­mage aux Co­locs avec les membres ori­gi­naux du groupe, Mike Sa­watz­ky, El Hadj Diouf et An­dré Van­der­biest.

La for­ma­tion d’An­dré For­tin a tou­jours oc­cu­pé une place de choix dans l’uni­vers mu­si­cal du chan­teur. «Les Co­locs, c’est un in­con­tour­nable. Il est im­pos­sible de ra­con­ter l’his­toire mu­si­cale du Qué­bec sans par­ler des Co­locs. L’image de Dédé est en­core très pré­sente en 2013.»

Grand ama­teur d’art, Pierre La­pointe dit avoir été mar­qué par l’ori­gi­na­li­té et l’in­ven­ti­vi­té des vi­déo­clips des Co­locs, que plu­sieurs qua­li­fient – en­core au­jourd’hui – de «pe­tits chefs-d’oeuvre». «Ils étaient pas­sés au talk-show de So­nia Be­nez­ra à TQS et j’avais en­re­gis­tré l’émis­sion. J’étais fan!»

EXER­CICE DE MÉ­MOIRE

Au mo­ment de notre en­tre­vue, Pierre La­pointe n’avait pas en­core trou­vé le mes­sage qu’il sou­hai­tait lan­cer aux Qué- bé­cois du­rant le Grand spec­tacle. «Je vais sans doute écrire quelque chose sur un coup de tête. Ça va pro­ba­ble­ment sor­tir très ra­pi­de­ment.»

Ner­veux, Pierre La­pointe, à l’idée d’écrire un dis­cours tra­dui­sant sa vi­sion du Qué­bec «d’hier à de­main»? «Non, ré­pond-il im­mé­dia­te­ment. Je suis beau­coup plus pré­oc­cu­pé par les nu­mé­ros mu­si­caux. L’air de rien, chan­ter des chan­sons en di­rect dans un tel contexte, de­vant une foule aus­si im­mense, avec un re­tour de son tel­le­ment grand, c’est com­pli­qué. Je n’ai pas la mé­moire la plus in­faillible au monde. Je dois m’as­su­rer de bien connaître les pa­roles sans avoir re­cours au té­lé­souf­fleur.»

Quelle est la per­son­na­li­té qui re­pré­sente bien le Qué­bec d’au­jourd’hui, se­lon lui? «Xa­vier Do­lan a fait beau­coup, beau­coup de bien au Qué­bec de­puis qu’il est ar­ri­vé. À l’échelle in­ter­na­tio­nale, ses films ont beau­coup d’im­pact. Il a sor­ti le Qué­bec des co­mé­dies ty­pi­que­ment qué­bé­coises. Il n’a pas de fron­tière. Il pro­pose quelque chose de très lé­ché, mais aus­si très dé­glin­gué. Il est en avance sur son temps.»

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