SA­VOIR EX­TÉ­RIO­RI­SER SES ÉMO­TIONS

C’est au Théâtre du Golf La­nau­dière de Saint-jean-de-ma­tha que pren­dra l’af­fiche dans les pro­chains jours la pièce Danse, Crie, Aime! Cette créa­tion qué­bé­coise fait un clin d’oeil au cé­lèbre film Mange, prie, aime avec son titre. Cinq jeunes ac­teurs, qui

Le Journal de Montreal - Weekend - - THÉÂTRE - Louise Bour­bon­nais LOUISE.BOUR­BON­NAIS@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM

Alors que la jeune troupe nous avait pré­sen­té l’an­née der­nière la pièce Oc­cu­pa­tion trouble, s’ins­pi­rant d’une po­pu­laire té­lé­réa­li­té, voi­ci que cet été on nous pré­sente une toute nou­velle pièce, Danse, Crie, Aime! qui nous rap­pelle le cé­lèbre film Mange, prie, aime ( Eat, Pray, Love), met­tant en ve­dette Ju­lia Ro­berts.

«Même si notre titre s’ins­pire du film à suc­cès, notre pièce est une créa­tion ayant pour thème le dé­ve­lop­pe­ment per­son­nel, l’in­té­rio­ri­sa­tion et le lâ­cher-prise», fait re­mar­quer Ma­rie-Da­niel Lus­sier qui fait par­tie de la dis­tri­bu­tion en plus d’agir en tant que di­rec­trice de pro­duc­tion.

«C’est après avoir choi­si le thème de notre pièce que l’on s’est de­man­dé qu’est- ce qui en­gen­dre­rait un re­père di­rect avec notre spec­tacle. Ra­pi­de­ment, on a pen­sé au film et au livre d’Eli­za­beth Gil­bert, qui a rem­por­té un suc­cès tant lit­té­raire que ci­né­ma­to­gra­phique et dont le su­jet fai­sait écho avec les thèmes de notre créa­tion.»

LA MA­LA­DIE D’ALZ­HEI­MER

Outre les thèmes en lien avec le lâ­cher­prise, la pièce porte un re­gard sur la ma­la­die d’Alz­hei­mer. «D’ailleurs, les statistiques sont plu­tôt in­quié­tantes à ce su­jet», sou­ligne la co­mé­dienne.

Pour cause, au Qué­bec seule­ment, en­vi­ron 105 600 per­sonnes âgées de plus de 65 ans sont at­teintes de la ma­la­die d'Alz­hei­mer ou d'une ma­la­die ap­pa­ren­tée, et ce chiffre ne cesse de croître. On es­time que d’ici une quin­zaine d’an­nées cette ma­la­die tou­che­ra 187 500 per­sonnes dans la pro­vince, alors qu’au pays ce se­ra 750 000 Ca­na­diens qui en se­ront pro­ba- ble­ment at­teints.

«Nous avons tra­vaillé en col­la­bo­ra­tion avec la So­cié­té de l'Alz­hei­mer de La­nau­dière pour créer notre pièce», ajoute Ma­rie-Da­niel Lus­sier. Une belle fa­çon d’al­ler plus loin que le simple di­ver­tis­se­ment à tra­vers une pro­po­si­tion théâ­trale. «Même s’il est ques­tion d’un su­jet dra­ma­tique, ja­mais bien loin s’ajoute un brin de fo­lie, car nous ne sommes pas dans un uni­vers dra­ma­tique, mais plu­tôt dans la co­mé­die, ra­conte la di­rec­trice de pro­duc­tion. On pas­se­ra fa­ci­le­ment du rire aux larmes.»

Ain­si, sur scène, le père de Ch­loé, in­ter­pré­tée par Ma­rie-Da­niel Lus­sier, se­ra at­teint de la ma­la­die d’Alz­hei­mer. Son père est ma­lade au point où elle doit le pla­cer en ré­si­dence spé­cia­li­sée. Mais au mo­ment ve­nu, Ch­loé se­ra prise d’un sen­ti­ment de culpa­bi­li­té.

UN SYS­TÈME DE SAN­TÉ DÉ­FI­CIENT

Au mo­ment où la pièce s’amorce, ce­la fait dé­jà cinq ans que le père de Ch­loé est sur une liste d’at­tente pour ob­te­nir sa place. «Il s’agit de La ré­si­dence de l’éter­nelle per­ma­nence, pré­cise en riant la co­mé­dienne. C’est aus­si un clin d’oeil à notre sys­tème de san­té, où les listes d’at­tente sont ex­trê­me­ment longues.»

Si Ch­loé hé­site, c’est en grande par­tie parce qu’elle a vé­cu une si­tua­tion si­mi­laire avec son frère. Ain­si, les hé­si­ta­tions en lien avec son père se­ront nom­breuses. Ce­la en­gen­dre­ra éga­le­ment des chi­canes de couple avec son chum Sam, cam­pé par Maxime Lau­rin, qui craint de voir son père abou­tir chez eux. Conscient que si ce­la de­vait ar­ri­ver, il de­vra sa­cri­fier son pré­cieux ate­lier de bri­co­lage pour y amé­na­ger une chambre. Une si­tua­tion qui per­du­re­ra pen­dant en­core cinq ans avant qu’une autre place se li­bère à La ré­si­dence de l’éter­nelle per­ma­nence.

DI­VERS ATE­LIERS

Afin d’évi­ter le pire, Sam convain­cra Ch­loé de par­ti­ci­per à di­vers ate­liers sur le dé­ve­lop­pe­ment per­son­nel afin de li­bé­rer les émo­tions du pas­sé en­core en­fouies. Les ate­liers se joue­ront sous dif­fé­rents ta­bleaux.

C’est ici que les nom­breux per­son­nages se fe­ront dé­cou­vrir. «Par­mi les di­vers ate­liers, on au­ra de la danse in­tui­tive et l’ate­lier du cri pri­mi­tif», an­nonce l’ac­trice qui es­time que les spec­ta­teurs vont se re­con­naître à tra­vers ceux-ci.

Chose cer­taine, ils en­gen­dre­ront de mul­tiples si­tua­tions lou­foques. Est-ce que fi­na­le­ment Ch­loé ap­pren­dra à lâ­cher-prise? C’est à voir!

SA­ME­DI 29 JUIN 2013

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.