Un mar­ché tou­jours

Les Qué­bé­cois sont plus que ja­mais at­ta­chés aux grands clas­siques du temps des Fêtes, fai­sant de la mu­sique de Noël un sec­teur de l’in­dus­trie tou­jours aus­si en de­mande. Et les jeunes ar­tistes se laissent eux aus­si ten­ter, à leur ma­nière, par la réa­li­sa­tio

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND -

Par­mi les ar­tistes qué­bé­cois, Maxime Lan­dry, Paul Da­raîche, Ma­rie-Ève Jan­vier et Jean-Fran­çois Breau se sont glis­sés au som­met des ventes lors de la sor­tie de leur opus de Noël, au cours des der­nières se­maines.

Du cô­té des ra­dios, les sta­tions com­mencent très tôt à re­ce­voir des de­mandes pour les chan­sons de Noël. «Dès la fin oc­tobre, on se fait de­man­der quand on va com­men­cer à faire jouer la mu­sique, af­firme la di­rec­trice de conte­nu de Rouge FM, Bri­gitte Si­mard. Je pense que nous sommes dans une pé­riode dif­fi­cile sur le plan po­li­tique et dans l’ac­tua­li­té, alors les gens ont le goût de croire à la ma­gie. On es­saie de créer une belle am­biance.»

La mu­sique de Noël a chan­gé, constate-t-elle. «Au­jourd’hui, il y a une gé­né­ra­tion de jeunes ar­tistes, comme Ima, Nad­ja, Flo­rence K, Ma­rie-Ève Jan­vier et Jean-Fran­çois Breau qui nous ont don­né de beaux al­bums de Noël dans les der­nières an­nées. Je sens vrai­ment un re­nou­veau.»

Mais les grands clas­siques ne sombrent pas dans l’ou­bli pour au­tant. «D’an­née en an­née, le pu­blic re­de­mande les in­con­tour­nables comme 23 dé­cembre de Beau Dom­mage, Ma­rie-Noël de Ro­bert Char­le­bois et Le père Noël

c’t’un Qué­bé­cois, pré­cise le di­rec­teur mu­si­cal de Rythme FM, Étienne Gré­goire. Le pu­blic adore la mu­sique de Noël. La mu­sique colle des images dans notre tête, ça rap­pelle beau­coup de sou­ve­nirs.»

Pour les pro­duc­teurs, un al­bum de Noël est aus­si coû­teux à pro- duire qu’un autre al­bum, et peut se vendre sur une courte pé­riode seule­ment. Donc pro­duire cet ul­time al­bum dans la car­rière d’un ar­tiste com­porte sa part de risque.

«On doit in­ves­tir, car pour que ça dure d’an­née en an­née, la qua­li­té doit être là, pré­cise Ma­ria­nik Gif­fard, des Pro­duc­tions J. Par exemple, l’al­bum Noël Blanc de Maxime Lan­dry a été un des plus coû­teux à pro­duire chez nous cette an­née. On a mis une ving­taine de cordes, c’est une pro­duc­tion riche mu­si­ca­le­ment. Mais c’est un ac­com­plis­se­ment pour nous si l’al­bum se vend chaque an­née.»

Se­lon elle, les al­bums de Noël ne s’adressent pas à tous les ar­tistes. «C’est un cer­tain cré­neau qui peut se le per­mettre. Le son de Noël est as­sez différent, plus clas­sique. Tu as be­soin d’avoir un pu­blic as­sez large, et tu dois avoir un cer­tain vé­cu. Ça ne peut pas être ton deuxième al­bum.»

Un al­bum de Noël, pas­sage obli­gé dans la vie d’un ar­tiste? «Entre nous, on se di­sait tou­jours, le jour où on va faire un al­bum de Noël, c’est parce que notre car­rière se­ra fi­nie, a confié Re­né Lajoie, du groupe To­ca­déo. Et fi­na­le­ment, c’est tout le contraire qui ar­rive. On a sen­ti qu’on n’avait pas le choix de le faire, car le pu­blic le ré­cla­mait. Oui, je crois que c’est un pas­sage obli­gé, et nous sommes vrai­ment contents de l’avoir fait. Nous n’avons pas peur de dé­fendre notre pro­duit.»

«On connaît les clas­siques de Noël, mais on veut en­tendre les ver­sions des ar­tistes qu’on aime», a ex­pli­qué Bri­gitte Si­mard.

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