GAIS POUR UN RÔLE

Les men­ta­li­tés ont tel­le­ment évo­lué à Hol­ly­wood que main­te­nant un rôle de gai ou de les­bienne au ci­né­ma est presque un gage de sta­tuette do­rée. Tour d’ho­ri­zon…

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI

JIM CAR­REY

Je t'ai­me­rai tou­jours Phillip Mor­ris

Le rôle : Ste­ven (Jim Car­rey) est un men­teur com­pul­sif qui gagne sa vie en se li­vrant à di­verses fraudes. En pri­son, il fait la connais­sance de Phillip Mor­ris (Ewan McG­re­gor) et les deux hommes tombent amou­reux l’un de l’autre.

Ce qu’en a dit Jim Car­rey: «Je me moque com­plè­te­ment des réac­tions né­ga­tives. Je veux jouer dans une his­toire in­té­res­sante avec des per­son­nages fas­ci­nants. Celle-ci est une mer­veilleuse his­toire d’amour, vraie de sur­croît.»

La ré­ac­tion de l’in­dus­trie: En Amé­rique du Nord, la date de sor­tie a été re­pous­sée à plu­sieurs re­prises en 2008 et en 2009. Le film a été nom­mé dans plu­sieurs ga­las, dont les Cri­tics Choice Awards ou en­core les Wri­ters Guild of Ame­ri­ca. Il a rem­por­té le prix du meilleur film dé­cer­né par l’as­so­cia­tion GLAAD, un or­ga­nisme de dé­fense des droits des gais, les­biennes et trans­genres.

MI­CHAEL DOU­GLAS

Ma vie avec Li­be­race

Le rôle: Mi­chael Dou­glas in­carne le pia­niste Li­be­race dans cette chro­nique de son his­toire d’amour avec Scott Thorson (Matt Da­mon).

Ce qu’en a dit Mi­chael Dou­glas: «Par­fois, je re­gar­dais Matt et je me di­sais qu’il avait un sa­cré cou­rage d’avoir ac­cep­té le rôle. Je ne sais pas si moi, je l’au­rais eu à son âge. […] L’his­toire est tel­le­ment pre­nante qu’on en ou­blie qu’il s’agit de deux gars. On est sim­ple­ment en train de re­gar­der la relation de deux per­sonnes qui s’aiment vrai­ment pro­fon­dé­ment.»

Les réac­tions de l’in­dus­trie: Pré­sen­té en ou­ver­ture du Fes­ti­val de Cannes en mai 2013, le film a été pro­je­té sur quelques grands écrans en Amé­rique du Nord (dont Mon­tréal). Pro­duc­tion de la chaîne câ­blée HBO, il a été dif­fu­sé à la té­lé­vi­sion dès le mois de juin et a rem­por­té pas moins de 12 Em­my Awards, dont ce­lui du meilleur ac­teur pour Mi­chael Dou­glas. HEATH LED­GER

Re­tour à Bro­ke­back Moun­tain

Le rôle : Jack (Jake Gyl­len­haal) et En­nis (Heath Led­ger) sont deux cow­boys qui tombent amou­reux alors qu’ils gardent un trou­peau de mou­tons en mon­tagne. Mais ils ne peuvent vivre ou­ver­te­ment leur liai­son.

Ce qu’en a dit le re­gret­té Heath Led­ger: «Le rôle m’a fait peur et ce­la a été une dé­ci­sion très dif­fi­cile pour moi de l’ac­cep­ter. Puis, je me suis dit qu’il fal­lait que je le fasse afin de m’amé­lio­rer et afin de re­pous­ser mes li­mites.»

Les réac­tions de l’in­dus­trie: Parce qu’aux États-Unis, le ma­chisme a la vie dure, le long mé­trage réa­li­sé par Ang Lee a sus­ci­té un tol­lé dans les mi­lieux conser­va­teurs à sa sor­tie en 2005. Mais avec huit no­mi­na­tions aux Os­cars et trois sta­tuettes, les dé­trac­teurs ont fi­ni par se cal­mer.

HI­LA­RY SWANK

∫ Les gar­çons ne pleurent pas

Le rôle : Bran­don Tee­na (Hi­la­ry Swank) est une fille qui vit en gar­çon dans une pe­tite ville du Ne­bras­ka. Il tombe amou­reux d’une jeune fille (Ch­loe Se­vi­gny), mais sa vé­ri­table iden­ti­té se­ra mise à jour.

Ce qu’en a dit Hi­la­ry Swank : «J’ai eu le pri­vi­lège d’ap­prendre et de vivre des choses qui m’étaient com­plè­te­ment in­con­nues. J’ai pu vivre la vie d’une per­sonne trans­genre, d’une per­sonne qui tra­verse une crise d’iden­ti­té sexuelle, d’une les­bienne, et de consta­ter le har­cè­le­ment quo­ti­dien au­quel ces per­sonnes font face.»

Les réac­tions de l’in­dus­trie : Hi­la­ry Swank a rem­por­té, haut la main, l’Os­car et le Gol­den Globe de la meilleure ac­trice de 1999. Sa car­rière a en­suite dé­mar­ré en flèche puis­qu’elle a été choi­sie par Clint East­wood pour in­car­ner La fille à un mil­lion de dol­lars.

TOM HANKS

Phi­la­del­phie

Le rôle : An­drew Be­ckett (Tom Hanks), un avo­cat en pleine as­cen­sion, est mis à la porte de la firme dans la­quelle il doit de­ve­nir as­so­cié parce qu’il est gai et qu’il a le Si­da.

Ce qu’en a dit Jo­na­than Demme, le réa­li­sa­teur : «Quand nous voyons deux hommes s’em­bras­ser, nous sommes le pro­duit de notre la­vage de cer­veau : nous re­cu­lons de 20 pieds.»

Les réac­tions de l’in­dus­trie : pre­mière grosse pro­duc­tion hol­ly­woo­dienne à par­ler ou­ver­te­ment des ra­vages du VIH/si­da, Phi­la­del­phie a per­mis à Tom Hanks de re­par­tir, à la cé­ré­mo­nie des Os­cars de 1994, avec la sta­tuette tant convoi­tée.

AN­NETTE BE­NING

Une fa­mille unique

Le rôle : les en­fants d’un couple de les­biennes (An­nette Be­ning et Ju­lianne Moore), conçus par in­sé­mi­na­tion ar­ti­fi­cielle, partent à la recherche de leur père (Mark Ruf­fa­lo).

Ce qu’en a dit An­nette Be­ning : «C’est vrai­ment une his­toire simple de fa­mille et d’en­fants. Les dé­tails de l’his­toire sont, par contre, spé­ci­fiques à notre époque et à ces deux femmes. Mais c’est juste une his­toire qui ne se concentre pas sur le fait d’être les­bienne.»

Les réac­tions de l’in­dus­trie : Même pour ce rôle – le film est sor­ti en 2010 —, l’Os­car de la meilleure ac­trice lui a échap­pé. Sa pres­ta­tion, par contre, a ra­vi les cri­tiques et les autres ju­rys de prix ci­né­ma­to­gra­phiques.

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