ENTRE HOB­BITS ET DRA­GON...

De­puis sa tri­lo­gie du Sei­gneur des an­neaux, Pe­ter Jack­son est le spé­cia­liste in­con­tes­té de l’adap­ta­tion ci­né­ma­to­gra­phique de l’en­semble de l’oeuvre de J.R.R. Tol­kien. Avec sa deuxième tri­lo­gie consa­crée au Hob­bit, il pour­suit l’aven­ture, à la fois pour lu

Le Journal de Montreal - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hontebeyrie Agence QMI Le Hob­bit: La dé­so­la tion de Smaug dé­boule sur les écrans du Qué­bec dès le 13 dé­cembre.

Le Sei­gneur des an­neaux et Le Hob­bit sont in­dis­so­ciables. Ce n’est donc pas un ha­sard si Mar­tin Free­man a eu du mal à se dé­ta­cher de la pres­ta­tion d’Eli­jah Wood dont le per­son­nage, Fro­don, est au coeur du Sei­gneur des an­neaux. De sur­croît, la pre­mière scène tour­née sur le pla­teau du film Le Hob­bit a été celle de la ren­contre entre Bil­bon et Gol­lum.

«Quand nous avons com­men­cé à tour­ner, je crois que je jouais in­cons­ciem­ment Fro­don. Il est le plus proche de Bil­bon dans les films. C’est lui qui porte l’his­toire et qui trans­met au pu­blic l’hu­ma­ni­té de son per­son­nage. Pete [Jack­son, le réa­li­sa­teur] m’a rap­pe­lé que Le Hob­bit pou­vait être vu par mes en­fants, que c’était une oeuvre plus fa­mi­liale, moins pro­fonde, moins noire, moins mys­tique et moins sym­bo­lique que

Le sei­gneur des an­neaux », avait-il dé­taillé sur le pla­teau néo-zé­lan­dais de la pro­duc­tion il y a quelques mois.

Au­jourd’hui, à l’aube des sor­ties eu­ro­péennes, asia­tiques (sauf le Ja­pon, où le film prend l’af­fiche en fé­vrier) et amé­ri­caines, Mar­tin Free­man in­siste sur l’évo­lu­tion de son per­son­nage dans La dé­so­la

tion de Smaug.

«Bil­bon de­vient to­ta­le­ment in­es­ti­mable pour le groupe. Il n'est pas une es­pèce de mas­cotte ou quel­qu'un qui a be­soin d’être materné. En fait, il sauve les fesses du groupe à de nom­breuses re­prises, alors il de­vient quel­qu’un dont ils ont tous vrai­ment, vrai­ment be­soin. Il dé­ve­loppe sa per­son­na­li­té et sa co­lonne ver­té­brale d’une ma­nière beau­coup plus im­por­tante

que ce qu’il pen­sait pou­voir faire.»

Dans ce deuxième épi­sode, la troupe com­po­sée de Gan­dalf le Gris (Ian McKel­len), de Bil­bon et des 13 nains me­nés par Tho­rin (Ri­chard Ar­mi­tage) pour­suit son voyage vers la Mon­tagne So­li­taire et l’antre du dra­gon Smaug (dont la voix est as­su­rée par Be­ne­dict Cum­ber­batch). Mais les pé­rils ne manquent pas, no­tam­ment lors de la tra­ver­sée de la fo­rêt de Grand’Peur qui re­gorge d’arai­gnées géantes et d’elfes syl­vains.

«Me battre contre les wargs était vrai­ment très amu­sant. En gé­né­ral, les cas­ca­deurs sont vê­tus d’une es­pèce de cos­tume de nin­ja spé­cia­le­ment conçu pour les écrans verts. Ils portent une fausse tête que je dois frap­per avec une épée, ce qui fait que j’ai quelque chose qui si­mule ces créa­tures et à quoi je peux ré­agir», dit ce­lui qui a pris soin de s’en­traî­ner pen­dant le tour­nage, même si les exi­gences phy­siques de son rôle n’étaient pas aus­si im­por­tantes que celles de ses com­pa­gnons d’armes.

«Le tour­nage a été com­plexe et fa­ti­gant, même si j’ai été chan­ceux. Au moins, je ne por­tais pas 50 kg d’équi­pe­ment comme les ac­teurs qui jouaient les nains. Eux avaient un cos­tume qui les ren­dait gros [NDLR: «fat suit» en an­glais], des armes, des ac­ces­soires et des vê­te­ments vrai­ment lourds. Rien que leurs barbes pe­saient cha­cune un ki­lo!»

FACE À FACE AVEC UN DRA­GON

La scène la plus at­ten­due du film est, sans conteste, celle de la ren­contre entre Bil­bon et Smaug. La créa­ture fan­tas­tique est l’oeuvre de WE­TA, la com­pa­gnie d’ef­fets spé­ciaux de Pe­ter Jack­son et il a donc fal­lu que Mar­tin Free­man fasse ap­pel à toutes ses res­sources d’ac­teur pour avoir l’air ab­so­lu­ment ter­ri­fié.

«Bil­bon a peur quand il des­cend [dans la ca­verne]. Mais quand il voit à quel point l’oeil de Smaug est gi­gan­tesque et qu’il voit en­suite sa queue à l’autre bout du monde… il est pé­tri­fié. […] Au risque de son­ner dé­sin­volte, je ne fais que mon tra­vail.»

Mar­tin Free­man et Be­ne­dict Cum­ber­batch sont des col­lègues puis­qu’ils in­carnent le duo com­po­sé de Sherlock Holmes et du doc­teur Wat­son dans la sé­rie Sherlock, dif­fu­sée sur BBC One. C’est donc tout na­tu­rel­le­ment qu’ils ont re­tra­vaillé en­semble pour The Hob­bit.

Pour faire la voix de Smaug, Be­ne­dict Cum­ber­batch a ef­fec­tué cer­taines prises sur un pla­teau de tour­nage, en­tou­ré de gi­gan­tesques écrans verts. «J’avais d’ailleurs si­gna­lé à Pe­ter dès le dé­but de la pro­duc­tion que je ne vou­lais pas être qu’une voix dés­in­car­née. J’ai donc com­men­cé mon rôle avec des cap­teurs sur la tête. L’am­biance sur le pla­teau était très dé­ten­due, Pe­ter ar-

ri­vait gé­né­ra­le­ment avec du ca­fé et du jus de fruits et, sur ma chaise, [ce n’était pas mon nom qui était écrit, mais] “Le dra­gon Smaug”. C’est une ex­pé­rience pas­sion­nante! On est tel­le­ment libre! Je m’ima­gi­nais en dra­gon, dans une ca­verne, as­sis sur une mon­tagne d’or en train de par­ler à un Hob­bit de la taille de l’ongle de mon pe­tit doigt! On re­vient vrai­ment à ce qu’on éprou­vait en­fant, quand on jouait. C’est très vi­vi­fiant.»

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