KFOU­RY

LES PE­TITES BÊTES DU DOC­TEUR

Le Journal de Montreal - Weekend - - TÉLÉVISION - Marc-André Le­mieux Le Jour­nal de Mon­tréal

Sé­bas­tien Kfou­ry re­vient aux com­mandes de Bri­gade Ani­mo pour une deuxième an­née. En en­tre­vue au Jour­nal de Mon­tréal, le vétérinaire chou­chou des té­lé­spec­ta­teurs qué­bé­cois parle non seule­ment des nou­veaux épi­sodes du ma­ga­zine pour en­fants, mais aus­si des grands en­jeux liés aux ani­maux de com­pa­gnie. Noël ap­proche et plu­sieurs pa­rents cherchent des idées de ca­deaux pour leurs en­fants. Quelles re­com­man­da­tions fe­riez­vous aux pa­rents qui veulent ache­ter un ani­mal de com­pa­gnie à leur en­fant?

Pre­miè­re­ment, je dé­con­seille for­te­ment l’idée d’«ache­ter» un ani­mal. Pour moi, c’est tout sauf un achat; c’est une adop­tion. Je veux que les gens ap­prennent à uti­li­ser ce mot, parce que le mot «achat» évoque un bien de consom­ma­tion: quand on est tan­né, on s’en dé­bar­rasse, comme un té­lé­vi­seur ou un or­di­na­teur. Or, les ani­maux qu’on adopte de­mande du temps. C’est un en­ga­ge­ment à long terme. Un chat peut vivre jus­qu’à 22 ans! En dé­cembre, les gens font sou­vent des achats im­pul­sifs. Beau­coup d’entre eux pensent juste au 25 dé­cembre. Ils veulent ache­ter quelque chose de «vrai­ment co­ol» qui va com­bler leur en­fant pen­dant deux ou trois se­maines. Avant d’adop­ter un ani­mal, ils doivent se po­ser les bonnes ques­tions, comme : «Où vais-je être dans deux, trois ou même cinq ans?» Ce­la dit, ce n’est pas in­sen­sé de vou­loir adop­ter un ani­mal à Noël. Mais ça doit être une dé­ci­sion ré­flé­chie.

Vous avez ré­cem­ment pu­blié S.O.S. vétérinaire : Un chien en san­té, un livre dans le­quel vous dé­my­thi­fiez cer­taines idées te­naces concer­nant la san­té des chiens. Avez-vous un exemple?

Le plus grand mythe concer­nant la san­té des chiens? La nour­ri­ture. Les gens ont l’im­pres­sion qu’on doit nour­rir les chiens comme des car­ni­vores, comme des loups dans la na­ture. C’est faux. Le chien est do­mes­ti­qué de­puis des mil­liers d’an­nées. Sa gé­né­tique a al­té­ré sa ca­pa­ci­té de di­gé­rer et com­battre cer­taines bac­té­ries pré­sentes dans la nour­ri­ture crue. Plu­sieurs pro­prié­taires de chiens ont l’im­pres­sion qu’il faut les nour­rir comme des car­ni­vores, alors qu’en réa­li­té, les chiens sont des om­ni­vores. Un autre exemple: le mythe du nez chaud. Les gens pensent qu’un chien au nez chaud, c’est un chien fié­vreux. Ce n’est pas vrai- ment le cas, parce que les chiens ont une tem­pé­ra­ture cor­po­relle plus éle­vée que la nôtre.

Com­ment gé­rez-vous votre sta­tut de vétérinaire ve­dette?

Ça va bien. Ce n’est pas quelque chose de pro­blé­ma­tique. Plu­sieurs per­sonnes viennent me voir parce qu’elles ont vu l’émis­sion. Elles sou­haitent que je m’oc­cupe de leur ani­mal. Mal­heu­reu­se­ment, c’est de moins en moins pos­sible, parce que mes livres de ren­dez-vous sont plu­tôt rem­plis. Et mes ac­ti­vi­tés té­lé di­mi­nuent mes heures en cli­nique.

Que ré­pon­dez-vous aux en­fants qui disent vou­loir de­ve­nir vé­té­ri­naires?

J’en­cou­rage beau­coup leur vo­lon­té, mais je les mets en garde contre les fausses concep­tions. Être vétérinaire, c’est exa­mi­ner des ani­maux qui n’ont pas tou­jours en­vie d’être hos­pi­ta­li­sés. C’est faire des choses dif­fi­ciles, comme eu­tha­na­sier un ani­mal... pour des rai­sons mé­di­cales ou fi­nan­cières. Pour être vétérinaire, ça prend d’abord et avant tout une pas­sion mé­di­cale.

Avez-vous tou­jours ai­mé les ani­maux?

Oui. Je les aime en­core beau­coup même si je tra­vaille avec eux tous les jours.

Avez-vous tou­jours vou­lu être vétérinaire?

Non. Mais je sa­vais que j’al­lais tou­jours avoir des ani­maux dans ma vie, soit comme pro­prié­taire, soit comme bio­lo­giste. Les condi­tions de tra­vail d’un bio­lo­giste n’étaient tou­te­fois pas celles dont je rê­vais. Comme bio­lo­giste, on n’est pas tou­jours en contact avec les ani­maux. On est beau­coup plus en contact avec leur éco­sys­tème. Je vou­lais ma­ni­pu­ler les ani­maux, les tou­cher, les soi­gner…

Avez-vous ap­por­té des chan­ge­ments à Bri­gade Ani­mo?

Cette an­née, on ac­cueille Clif­ford, un nou­vel aide-vétérinaire. Il va explorer dif­fé­rentes fa­cettes du monde ani­mal. Quant à Vincent et Au­ré­lia, ils ont vieilli. Ils ont des ques­tions dif­fé­rentes. Ils abordent cer­tains su­jets de ma­nière dif­fé­rente. Nous avons aus­si dy­na­mi­sé la for­mule en ajou­tant des jeux. On veut élar­gir notre pu­blic… quitte à al­ler cher­cher les adultes!

Votre autre émis­sion, Ani­mo, re­vien­dra-t-elle pour une qua­trième sai­son au prin­temps?

Oui. Les nou­veaux épi­sodes re­viennent en avril. Du­rant le temps des Fêtes, Ra­dio-Ca­na­da doit pré­sen­ter quatre épi­sodes spé­ciaux de Noël que nous avons dé­jà tour­nés. ICI Ra­dio-Ca­na­da Té­lé pré­sente Bri­gade Ani­mo à comp­ter d’au­jourd’hui à 9 h.

Le Dr Sé­bas­tien Kfou­ry pi­lote

la 2e sai­son de Bri­gade Ani­mo avec trois jeunes

as­sis­tants­vé­té­ri­naires, Vincent, Au­ré­lia et

Clif­ford. BRI­GADE ANI­MO

PHOTO COUR­TOI­SIE

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.