L’AN­NÉE IN­TENSE DE DE­NIS VILLE­NEUVE

Entre la réa­li­sa­tion de deux longs-mé­trages et une cam­pagne de pro­mo­tion qui l’a me­né aux quatre coins du globe, De­nis Ville­neuve a à peine eu le temps de pous­ser un sou­pir cette an­née. Ac­cla­mé par la cri­tique, le réa­li­sa­teur a su de­meu­rer humble. Il est

Le Journal de Montreal - Weekend - - WEEKEND - ELI­ZA­BETH.ME­NARD@QUE­BE­COR­ME­DIA.COM Éli­za­beth Mé­nard

Au cours de la der­nière an­née, De­nis Ville­neuve a réa­li­sé deux longs-mé­trages chez nos voi­sins les Amé­ri­cains, En­ne­my et Pri­son­niers. Dé­jà, en jan­vier 2013, il tra­vaillait à la post­pro­duc­tion de l’un et au tour­nage de l’autre. «J’étais par­ti sur une pé­riode de presque un an et de­mi, spo­ra­di­que­ment. Je re­ve­nais à la mai­son de temps en temps, mais j’ai été, en grande par­tie, en tour­nage et en pro­duc­tion à Los An­geles sur cette pé­rio­de­là. Je n’ai ja­mais été aus­si ab­sent de ma vie, c’est la seule chose que je n’aime pas», confie-t-il au bout du fil. De­nis Ville­neuve était de re­tour à Mon­tréal de­puis quelques jours seule­ment lors­qu’il a ac­cep­té de nous ac­cor­der une en­tre­vue pour dis­cu­ter de son an­née 2013, pro­ba­ble­ment la plus in­tense de toute sa vie. Tout de suite, on peut consta­ter que l’homme n’aime pas avoir les pro­jec­teurs bra­qués sur lui. Il parle vo­lon­tiers de ses pro­jets, mais moins de sa per­sonne. «J’ai fait beau­coup d’en­tre­vues sur mes films, mais pas beau­coup à pro­pos de moi.»

LA PRES­SION

De cette an­née 2013 qui a

pas­sé comme une tem­pê- te, il en re­tient sur­tout le po­si­tif. «J’ai eu des gens bien­veillants au­tour de moi, dit-il. Si j’avais été dans un contexte où il y avait une game ou des jeux de pou­voir, si des gens avaient vou­lu m’écra­ser, ils au­raient fa­ci­le­ment pu parce que j’étais dans une po­si­tion de vul­né­ra­bi­li­té. C’était mon pre­mier film amé­ri­cain, je tra­vaillais dans une autre langue… Alors ce que je re­tiens de cette an­née, c’est que j’ai été bien en­tou­ré.»

Avoir un tel pro­jet entre les mains, c’est beau­coup de pres­sion. «C’est sûr que j’ai eu la chienne. Plein de fois même, avoue-t-il. Je me suis de­man­dé si j’al­lais être ca­pable et la ré­ponse c’était: je ne sais pas. Mais je dois le faire parce que je me suis en­ga­gé. Je n’ai pas le choix.»

Mal­gré ces quelques doutes, le réa­li­sa­teur a su gar­der le cap. Il a sur­tout vu Pri­son­niers comme un beau dé­fi, une oc­ca­sion d’ap­prendre. «J’ai eu des la­cunes, j’ai ren­con­tré mes li­mites. Il a fal­lu que je me vire de bord et que je fasse mieux mes de­voirs quel­que­fois. Mais je trouve que c’est tou­jours in­té­res­sant de se re­trou­ver dans une si­tua­tion où le dé­fi est cos­taud et où tu es en­tou­ré de gens qui sont meilleurs que toi, confie-t-il. Ça te force à de­ve­nir meilleur. Je n’ai vrai­ment pas eu le choix de don­ner le meilleur de moi-même parce que j’étais en­tou­ré de gens qui étaient vrai­ment forts.»

Le réa­li­sa­teur est main­te­nant en po­si­tion de force et af­firme avoir re­çu plu­sieurs offres in­té­res­santes. «Di­sons qu’on me prend au sé­rieux!» dit-il en riant. Dé­jà, il tra­vaille sur trois pro­jets, dont il ne veut pas trop par­ler pour l’ins­tant, mais qui de­vraient se dé­ve­lop­per au cours des trois pro­chaines an­nées.

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