LA NON-CONQUÊTE DU SUC­CÈS

C’est il y a bien­tôt deux ans que le pre­mier al­bum de Li­sa Leblanc ap­pa­rais­sait sur les ta­blettes. À l’aube du Nou­vel An et quelques jours avant de s’ac­cor­der une pause bien mé­ri­tée, la chan­teuse dresse un bi­lan très po­si­tif de cette folle aven­ture.

Le Journal de Montreal - Weekend - - MUSIQUE - Éli­za­beth Mé­nard Le Jour­nal de Mon­tréal

On a en­core l’im­pres­sion que c’est hier que le Qué­bec dé­cou­vrait Au­jourd’hui, ma vie c’est d’la marde. Mais l’eau a cou­lé sous les ponts de­puis que le suc­cès de Li­sa Leblanc a écla­té. De re­tour d’une tour­née de 16 dates en France, où elle a pu consta­ter que le sexap­peal de son folk-trash a tra­ver­sé l’At­lan­tique, la chan­teuse avait le sou­rire lors­qu’on l’a ren­con­trée. «C’était ama­zing en France, in­croyable», s’ex­clame-t-elle.

Lan­cé en mars der­nier dans l’Hexa­gone, son disque a ra­pi­de­ment re­te­nu l’at­ten­tion des mé­dias et du pu­blic. Lors de sa der­nière vi­site, elle a été in­vi­tée à la po­pu­laire émis­sion On n’est pas cou­ché et les chro­ni­queurs Na­ta­cha Po­lo­ny et Ay­me­ric Ca­ron ont en­cen­sé ses textes. «Je n’en re­viens pas de la ré­cep­tion des gens. Au dé­but, je ne vou­lais même pas si­gner [en France], je ne vou­lais rien savoir. On était as­sez dans le jus ici! Mais on m’a convain­cue. J’ai dit: ok c’est co­ol on y va, mais je veux que ce soit chill. J’avais zé­ro at­tente en y al­lant. J’ex­pec­tais de faire des bars bruns et j’étais su­per contente avec ça. Mais fi­na­le­ment ça a été su­per bien ac­cueilli, les mé­dias ont em­bar­qué.»

Près des trois quarts des spec­tacles don­nés au cours de cette tour­née étaient à gui­chets fer­més. «On a été sur­pris. Tu ne peux pas t’at­tendre à ça, sou­ligne Li­sa. Pour vrai c’était ma­lade.» Ce suc­cès est d’au­tant plus sur­pre­nant que peu de Fran­çais connaissent ses ori­gines aca­diennes et com­ment elles in­fluencent son tra­vail. «Ils ne savent pas c’est quoi l’Aca­die, dit-elle. Les gens ne savent même pas qu’il y a des fran­co­phones hors Qué­bec. Alors dans les shows, je fais tou­jours l’his­toire de l’Aca­die 101 en 60 se­condes.»

LE FAME

son Nou­veau-Bruns­wick na­tal, Li­sa a dé­ci­dé de re­tour­ner s’ins­tal­ler à Moncton, là où son ins­pi­ra­tion ré­side. «J’avais be­soin d’un re­tour aux sources. Ça fait trois ans que je m’en­nuie de chez nous. Moi, je suis une fille de pe­tit vil­lage. J’aime Mon­tréal, mais je ne peux pas res­ter plus qu’une semaine. Un mo­ment don­né, j’ai juste be­soin d’air, de bois, de cam­pagne.»

Jouer de la mu­sique, voya­ger, faire des ren­contres: c’est tout ce que Li­sa Leblanc de­mande. Le suc­cès, elle n’a ja­mais vrai­ment cou­ru après. Mais il s’est pré­sen­té à elle. «C’est sûr que c’est un chan­ge­ment de vie et, avec du re­cul, je peux dire que oui j’ai “ru­shé”. En même temps, au Qué­bec, c’est su­per chill parce que j’ai un beau rap­port avec le pu­blic. C’est ce qu’il y a de plus co­ol et de moins co­ol en même temps parce que les gens n’ont pas de filtre avec moi. Ils me donnent tout de suite une bine sur le bras. Je suis contente de pou­voir avoir ce rap­port-là avec le monde, mais des fois tu es comme: ok man ma bubble!», confie-t-elle.

Après quelques an­nées loin de

LA SUITE

Le suc­cès d’un éven­tuel deuxième al­bum ne la stresse pas. Li­sa Leblanc se dé­crit elle-même comme une «gip­sy», une bo­hé­mienne des temps mo­dernes, une amou­reuse du ban­jo et de la route. «J’aime jouer, faire de la scène et faire des ren­contres. C’est ce qui fait que toute ma vie je vais pou­voir conti­nuer à faire de la mu­sique, même s’il n’y a pas un suc­cès qui vient avec.»

De jan­vier à mars, Li­sa n’a au­cun spec­tacle à son ca­len­drier. Elle prend une pause, le temps de tra­vailler sur un mi­ni-al­bum, en an­glais, qui pa­raî­tra en mai. Dès avril, elle se­ra de re­tour en Eu­rope, puis don­ne­ra une sé­rie de spec­tacles au Qué­bec du­rant l’été. Si tout se passe bien, elle pour­rait nous of­frir un deuxième al­bum com­plet en 2015. Mais, pour le mo­ment, elle aime mieux ne pas trop y pen­ser. Elle se concentre sur l’ins­tant pré­sent, le day-to-day.

PHOTO LE JOUR­NAL DE MON­TRÉAL, PIERRE- PAUL POU­LIN

Li­sa Leblanc re­ce­vait, la semaine der­nière, un disque pla­tine pour avoir ven­du 80 000 co­pies de son pre­mier al­bum.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.